Vente à Paris, juillet 1920, n° 47 du catalogue
10. Record Office à Londres. The Miscellaneous Accounts, vol.
11. Arch. nat. Y. 14112, 23 mars 1782. — Altn. du Commerce, an VI.
12. J. Durieux. Les Vainqueurs delà Bastille. Paris, 1 91 1 >
sier en carrosses1 2 3, métier qu’il quitta pour celui d’ébéniste. Après 1792, il entreprit le commerce de meubles rue Saint-Louis, dans le quartier du Marais \
Pierre-Louis, dit Louvain le jeune, frère du précédent, né dans la même ville en 1753 travaillait en 1789 rue du Faubourg Saint-Antoine, au Bras d'or. Il se qualifiait « menuisier en tables », ayant la spécialité de ces sortes d’ouvrages qu’il confectionnait dans toutes les formes et grandeurs, principalement en bois d’acajou4. Avec son frère, il prit part au siège de la Bastille, où il fut estropié par une chevrotine, ce qui lui valut une pension en décembre 17905. Pierre Kabers possédait alors, outre son atelier du faubourg Saint-Antoine, un petit magasin d’ébénisterie tenu par sa femme, Marie Rouillard, sur le boulevard Saint-Martin, en face de l’Opéra. Voyant qu’il parvenait tant bien que mal à se tirer d’affaire en ces temps pénibles, on l’accusa de s’être vendu aux aristocrates. Renié par les Vainqueurs de la Bastille, diffamé dans les journaux de Marat et de Fréron, le malheureux allait devenir une des victimes de la Révolution. Au matin du 27 janvier 1791, comme il sortait de son logis, des ouvriers fanatiques le rouèrent de coups, le traînèrent dans la rue avec des cordes et le laissèrent pour mort sur le pavé6 7. Le soir même circulait à Paris un libelle intitulé: Graue détail de la Révolution arrivée aujourd’huy au fauxbourg S. Antoine, dans laquelle un mouchard a été massacré par le Peuple 1 . Pourtant Kabers vivait encore. A peine remis de ses blessures, il fut arrêté comme suspect et traduit devant le Tribunal révolutionnaire. Ses juges le mirent hors de cause8. Mais, peu après, le 30 décembre 1792, une bande de forcenés l’assaillit de nouveau, et cette fois l’un des agresseurs le tua net d’un coup de sabre9.
KAESHAMMER (François de Paule-Joseph), menuisier-ébéniste et sculpteur de talent, né à Strasbourg le 28 janvier 1747 I0, appartenait à une famille allemande, originaire de Gengenbach, dans le margraviat de Bade. Son père, Jean, était venu pratiquer la menuiserie à Strasbourg; il s’y maria en 1739 et fut plus tard membre du Sénat de la ville11. Formé dans l’atelier paternel, François Kaeshammer acquit la maîtrise quelques jours avant d’avoir accompli sa vingt-quatrième année, le 3 janvier 1771 I2. Le morceau qu’il présenta pour sa réception fait partie des collections municipales de Strasbourg13. C’est un coffret dans la forme d’un petit sarcophage, en bois de cerisier, finement sculpté à décor de perles, postes, tores de lauriers et cordons de sequins. L’une des faces porte les armes de France et l’image de sainte Anne, patronne des menuisiers. Sur le côté opposé se lit l’inscription suivante : Boëte de la Communauté des Maîtres Menuisiers Français de la Ville de Strasbourg. Agrée par Mrs les XV'4 . Tait pour chef-d’œuvre et donné pour présent à ladite