Renseignement de M. Raeuber, arch. adj. de la ville
n. Ibid. La mère de François Kaeshammer, Jeanne Durand, avait été mariée en premières noces au maître menuisier J. -B. Froydevaux.
12. Arch. mun. de Strasbourg. Meisterstiicks Protocoll E. E. Handwerks den Franspsischen Schreinere.
13. Cf. Ernst Polaczek. Das Handwerk der Fran\ôsischen Schreinere der Stadt Strassburg ( Elsasser-Monatschrifl , 1910, p. 325).
14. On désignait ainsi les quinze plus anciens maîtres qui formaient le bureau de la communauté.
Maîtrise par François de Pàule-Joseph J{aeshammer, fan MDCCFXXJ. — Cet artisan continuait à travailler au début de l’Empire. Il fut alors chargé de fournir des meubles pour l’ancien hôtel des Rohan, dont Napoléon avait fait son palais à Strasbourg r. Cette demeure historique renferme encore deux belles consoles en bois sculpté, qui datent des premières années du xixe siècle et passent pour être des ouvrages de Kaeshammer.
KAMBERS. Voy. Kabers.
KAMBLY (Melchior)1 2, fameux ébéniste delà cour de Prusse, né à Zurich (Suisse) en 1713, mort vers 1785. Après avoir fait son apprentissage à Schalïhouse, il étudia le dessin, la sculpture et la ciselure, puis, en 1748, se mit au service de Frédéric-le-Grand, qui faisait fleurir dans ses États les industries et les arts. Nommé sculpteur royal, Kambly concourut dans une large mesure à l’embellissement des palais de ce monarque. Il revêtit plusieurs de leurs salons avec de splendides lambris en cèdre que relevaient des appliques de bronze doré; mais il donna surtout la mesure de ses talents dans les meubles somptueux qu’il dessina lui-même et fit entièrement façonner sous sa conduite. Notre planche XXXVII représente un de ses ouvrages. Cette grande commode, plaquée d’écaille noire, avec une tablette en lapis incrusté d’argent et de vermeil, orne la « Chambre bleue » du Nouveau palais de Potsdam. Dans la « Chambre rouge », une autre commode en écaille porte des chutes à têtes de femme et un dessus en mosaïque de marbres. La même résidence conserve un superbe régulateur de palissandre et une importante armoire en écoinçon décorée de marqueteries à fleurs sur fond d’ébène. Au Stadtschloss de Potsdam, on admire un pupitre à musique, en écaille et nacre, dont le maître fit plusieurs répétitions en bois de cèdre : deux d’entre elles sont exposées dans le pavillon de Mon-Bijou à Berlin. Outre ses fournitures pour l’ameublement du roi de Prusse, Kambly exécuta des cadres, des tables, des boîtes d’horloges que ce souverain offrit au sultan Mustapha III en 1762 ; il créa encore de précieuses ébénisteries destinées à la reine Louise-Ulrique de Suède et qui garnissent actuellement le château de Tullgarn.
Les oeuvres de cet artiste sont, de toutes les productions du rococo allemand, celles qui se rapprochent davantage de notre style Louis XV. Sans avoir jamais travaillé en France, ni probablement sous la direction d’un de nos compatriotes, Kambly savait reconnaître la supériorité de nos dessinateurs, de nos ébénistes, de nos bronziers, et montrait une louable ambition de se rattacher à leur école. Dès son arrivée à Berlin, il avait commencé par reproduire un bel ouvrage français que possédait le roi Frédéric et qui se trouve encore dans le château de Sans- Souci. Cette pièce, attribuée aux fils de Boulle, est un cartonnier de bureau en écaille noire, richement orné de motifs à rocailles et de figures allégoriques. Le maître s’en inspira plus tard pour composer beaucoup de ses meubles, s’efforçant de rappeler, dans leurs formes allongées ou élargies, les contours caractéristiques de ce modèle. Néanmoins ses constructions trahissent
1. Arch. nat. O2. 558 (1805-1806). et P. Seidel. Jahrbuch der K. P. Kunstsammlungcn . — In Pots-
2. Bibliographie. R. Dohrae et C. Gurlitt. Môbel ans den dam fur Friedrich dén Grossen angefertigte Môbel. Die Kunstsamm- Kgl. Schloessern \u Berlin und Potsdam, Berlin, 1889, pl. 11, 34, lungen Friedrich' s des Grossen auf der Pariser W eltaustellung 35,39,44, 50. — Rich.Graul. Das XVIII. Jahrlmndert Dekoration 1900, p. 87-97, etc.
und Mobiliar, Berlin, 1905, p. 156, 161 et 163. — Rich. Graul
Cte F. DE SALVERTE. - LES ÉBÉNISTES DU XV II T SIÈCLE.
Planche XXXVII