Arch. nat. O
6. Arch. de la Seine. Enregist. Tables des Décès. Q8. 55, 30 floréal an VII.
7. Cet ébéniste, qui exerçait rue du Faubourg Saint-Antoine en 1747, mourut avant 1756 (Arch. nat. Y. 10990, 17 sept. 1747. — Y. 10997, 18 oct. 1756). Sa femme, née Marie-Françoise Dupuis, lui survécut jusqu’au 8 juin 1764 ( Annonces , Affiches et Avis divers, 1764, p. 436).
noces la femme du célèbre Riesener ; la deuxième se maria avec Simon Œben le jeune, et l’autre avec Simon Guillaume'. Après avoir gagné la maîtrise le 6 février 1755 1 2 3, Roger prit la succession de son père, dont l’atelier était situé rue du Faubourg Saint-Antoine, vis-à-vis la rue Saint-Nicolas 5. L’élégance de ses ouvrages lui mérita bientôt la vogue. Il travailla pour la Couronne, fut un des fournisseurs du duc d’Orléans, et — probablement par l’intermédiaire du marchand Poirier — reçut des commandes pour le mobilier de la comtesse du Barry à Louveciennes. Juré de sa communauté de 1768 à 1770, adjoint aux syndics en 1781, il passa syndic l’année suivante, puis continua de siéger au bureau de ce corps comme député ou administrateur4. Sous la Révolution, Lacroix se retira des affaires, mais ne renonça pas complètement à son métier, qu’il pratiquait encore par plaisir dans ses vieux jours s.
Cet artiste s’appliqua surtout aux travaux de marqueterie. Il ornait le plus souvent ses œuvres avec des mosaïques nuancées et des petits tableaux en bois de rapport dans la composition desquelles il apportait beaucoup de fantaisie et de goût. L’un des premiers, il fabriqua, dès la fin du règne de Louis XV, des meubles en citronnier incrusté d’ébène. Il imagina aussi de fort jolies décorations en camaïeu, à dessins de fleurs ou de sujets chinois. On connaît un nombre considérable de pièces sorties de son atelier. Les unes sont signées R. LACROIX, dans la forme ordinaire, tandis que les autres ont une marque conventionnelle composée des lettres R. V. L. C., initiales des mots Roger Vandercruse La Croix. Par exception, quelques ouvrages du maître portent à la fois ses deux estampilles6.
Notre Mobilier national conserve de lui une commode en bois satiné, ouvrant à cinq tiroirs et deux portes ; ce meuble, qui vient des Tuileries, orne maintenant le palais de Versailles. La donation Camondo a fait entrer au Louvre une ravissante petite table du même auteur, avec une frise de grecques et un dessus en porcelaine de Sèvres7 (pl. XXXVIII). Au musée des Arts décoratifs, cet ébéniste est représenté par un bureau de dame fermant à coulisse. Le South Kensington Muséum montre un beau spécimen de ses commodes en marqueterie dans le style transitoire Louis XV à Louis XVI 8.
Lacroix n’a rien créé de plus charmant qu’une suite de petits meubles à décor de barbeaux qui passent, non sans vraisemblance, pour provenir de Mme du Barry. Ces pièces présentent des filets d’un bleu vif disposés en losanges, entre lesquels des fleurettes de pareille couleur se détachent sur un fond bleu pâle. Le prince d’Arenberg possède un guéridon revêtu de ces gracieuses mosaïques. Des ouvrages analogues ont figuré dans les collections du mar-
1. Cf. H. Vial, A. Marcel et A. Girodie. Les Artistes décorateurs du Bois, 1. 1. p. 1 39-140.