‹ Les ébénistes du XVIIIe siècleChapitre 216 sur 397 · JEAN-BAPTISTE LEBAS · texte numérisé non relu

JEAN-BAPTISTE LEBAS

Petit canapé sculpté dans le goût de Delafosse. (Musée des Arts décoratifs) .

JACQUES-ANTOINE LECLERC. Commode demi-ronde en laque de Coromandel (anc. coll. Casimir-Périer).

surveillait leur mise en œuvre. Cette infraction aux règles corporatives semble avoir été longtemps ignorée des jurés-fondeurs. Mais en 1749 ceux-ci provoquèrent chez le délinquant une descente de police, au cours de laquelle furent saisis tous ses outils de ciselure, avec une quantité de pièces en cuivre brut ou fini, et plus d’un millier de modèles pour des ouvrages de fonte1. Latz mourut peu après, vers l’âge de soixante ans. Sa veuve, Marie-Anne Seignat, garda la même boutique, en confiant la direction des travaux à l’ébéniste Jacques Sellier qui avait remplacé Tillmans dans l’emploi de contre-maître. Elle continua de fabriquer des meubles précieux, et, pour les parer de bronzes dignes des traditions de la maison, elle eut recours à des spécialistes de talent, comme le ciseleur Vedy, les doreurs Autin et Gobert. Au reste sa gestion fut de courte durée, car elle succomba le 7 décembre 1756 2.

Sans appartenir à la communauté des menuisiers de Paris, cet artisan possédait lui-même et transmit à sa femme le droit de marque, en vertu du privilège que lui avait octroyé le Roi. Il signait ses travaux de l’estampille : I. P. LATZ, imprimée en petits caractères. Cette empreinte figure, partiellement effacée mais néanmoins reconnaissable, sur une fort jolie commode en bois de rose et d’amarante qui fait partie de notre Mobilier national. M. de Chalambert possède à Montigny, près de Crépy-en-Vaîois, une commode analogue, en marqueterie nuancée représentant une corne d’abondance d’où s’échappent des fleurs. Une encoignure qui provient du même atelier parut à la vente Josse en mai 1894 3 4 ; Molinier l’a reproduite dans son Histoire des Arts appliqués à V Industrie comme un parfait exemplaire du style Louis XV+. On ne saurait trop louer en effet sa sobre et charmante composition, la souplesse de ses lignes et la légèreté de ses bronzes à rocailles accompagnés de motifs en ailes d’oiseau. J’ai vu chez M. E.-M. Hodgkins un autre chef-d’œuvre de Latz : un secrétaire en pupitre d’une forme très gracieuse et de la plus brillante facture. La décoration de ce meuble comporte des dauphins et des fleurs de lys, paraissant témoigner qu’il aurait appartenu à Marie-Josèphe de Saxe, dauphine de Lrance.

LAURENT (Jean), maître menuisier-ébéniste à Paris, né en 1706, mort le 10 juillet 1766 5. Etabli rue de Charenton, il faisait des meubles en chêne et en noyer, tels que des « armoires à tambour » et des buffets à portes brisées et à dessus de marbre, qu’il vendait de 60 à 90 livres6.

LAURENT (Laurent FELIX, dit). Voy. Félix.

LAURIOT (Nicolas), né vers 1729, travaillait rue du Faubourg Saint-Antoine, n° 215, où il mourut le 16 novembre 1793 7. Un fils ou neveu du précédent tenait un atelier d’ébénisterie dans la même rue sous le Consulat. On le trouve cité dans le livre du marchand Trintzius pour des fournitures de petites tables à ouvrage connues sous le nom de tricoteuses* .

Page 1