‹ Les ébénistes du XVIIIe siècleChapitre 22 sur 397 · Liste générale des M ^ Men.-Ebén , de Paris · texte numérisé non relu

Liste générale des M ^ Men.-Ebén , de Paris

de lits et de sièges. Les frères Presle, tapissiers de renom, qui demeuraient dans son voisinage, rue Saint-Martin, lui en demandèrent un grand nombre destinés au comte de Girardin, à M. Grandet de la Villette, au marquis de Rosanbo et au comte des Cars \ Pour ce dernier, il exécuta notamment un curieux lit à trois dossiers, de forme chantournée, avec une riche ornementation de volutes et coquilles1 2, ce qui prouve que le « goût moderne » en honneur sous Louis XV garda des adeptes jusqu’à la fin de l’Ancien régime. Parmi ses travaux de la même époque, on remarque des ouvrages encore plus singuliers, comme quatre chaises en acajou « dans le genre gothique » qu’il créa pour le comte Esterhazy 3.

Sous la Révolution, Bellangé, manquant de travail, voulut élargir le champ de son activité et décida d’entreprendre toutes sortes d’ébénisteries. Après la tourmente, il donna un nouvel essor à son commerce 4 5 grâce au concours d’habiles ouvriers, tels qu’un certain Xavier Hindermayerqui faisait pour lui des pièces artistiques décorées de marqueteries à figures s. Un livre de l’architecte Krafft nous a conservé les dessins de plusieurs meubles fabriqués sous la conduite de Bellangé vers la fin du xvme siècle6. Notre planche III donne le fac-similé d’une de ces gravures qui représente un lit dans le genre antique. Ayant brillamment conduit ses affaires, le maître occupait déjà sous le Consulat un des premiers rangs dans l’industrie parisienne. Il dut à sa haute situation d’être désigné à diverses reprises comme arbitre ou expert dans des procès engagés devant le tribunal de commerce7. A la fin de l’année 1811, il devint fabricant breveté du Garde-meuble impérial, qui lui avait déjà passé d’importantes commandes de sièges, lits et consoles pour le service des ministres et des grands-officiers civils 8. Bellangé conserva les mêmes fonctions sous le règne de Louis XVIII, durant lequel il meubla le pavillon de Saint-Ouen9; il fut attaché par Charles X à la direction générale du mobilier de la Couronne, et nommé par Louis-Philippe « ébéniste du Roi », titre qu’il garda jusqu’à sa mort. Depuis 1825, il demeurait dans le passage Saulnier, rue Richer. A l’Exposition de 1827, la médaille d’argent lui avait été décernée pour de « très beaux meubles en bois indigènes et en bois exotiques », parmi lesquels figurait un siège d’ébène dans le goût romantique alors à la mode10. Bellangé participa encore avec honneur à l’Exposition de 1839, où il présenta des meubles en marqueterie de Boulle qu’il venait de terminer pour le Roi — Cet ébéniste ne

paraît pas avoir signé habituellement ses ouvrages. Jusqu’à présent l’on n’a trouvé sa marque- P. BELLANGÉ que sur un nombre assez restreint de sièges, tous en acajou. J’en ai vu quelquesuns de style Empire. D’autres, provenant d’un mobilier fait pour le duc de Bourbon à son retour d’exil, sont conservés dans les petits appartements du château de Chantilly. Notre Mobi-

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