Arch. nat. Reg. des Maîtrises. Y
9. Id. T. 5 x 4 1 5. Papiers du dép. Osselin. Liste des Vain-
queurs de la Bastille, n° 648. — J. Durieux. Les Vainqueurs de la Bastille. Paris, 1 9 1 1 , p. 144.
10 Ahn. du Commerce, ans VII et suiv. — Arch. de la Seine. Livres de Commerce. Reg. 2579, Journal du march. Collignon (an VI); Reg. 2976 et 2977, Livres du march. Trintzius (ans X et XI).
11. Ba\ar Parisien, 1825. — Ahn. du Commerce. — Ed. Foucaud. Les Artisans illustres, Paris, 1841, p. 496 et suiv.
12. Communication de M. le directeur du Musée des Arts décoratifs de Copenhague.
13. A. de Champeaux. Le Meuble, t. II, p. 201. Une reproduction de ce cabinet figure dans les collections de documents de la Bibl. des Arts décoratifs (Recueil coté 340, 4).
que par la finesse de sa facture. Le style en est affreux et la composition extravagante. Sa partie inférieure, formant bureau, sert de piédestal à une énorme armoire gondolée qui s’élargit depuis la base jusqu’au faîte, pour se terminer par un fouillis de rocailles où niche un Amour jouant de la flûte.
LELARGE (Jean-Baptiste). Trois membres de la même famille, — l’aïeul, le père et le fils, — portant tous le même prénom, furent maîtres menuisiers en meubles à Paris dans le cours du dix-huitième siècle.
Le plus ancien résidait rue de Cléry en 1749, quand il prit part à des poursuites exercées par sa corporation contre des ouvriers qui avaient fomenté une cabale afin de faire augmenter leurs salaires '. On voit dans le dossier du procès que Lelarge confectionnait à cette époque des bois de couchettes pour François Lefèvre, marchand-tapissier au faubourg Saint-Germain.
Jean-Baptiste II, néen 1712 1 2, fit enregistrer ses lettres de maîtrise le 14 janvier 1738 3. Marié à une fille du menuisier Étienne Saint-Georges 4, il s’établit du vivant de son père, non loin de ce dernier, dans une maison où demeurait sa belle-famille, rue de Cléry, en face de la rue Saint-Philippe 5 *. Il décéda vers l’âge de soixante ans, laissant l’entreprise à sa veuve qui la transmit bientôt à leur fils.
Ce troisième Jean-Baptiste Lelarge, né en 1743 é, devint maître le Ier février 1775 7 et assuma depuis lors la direction de l’atelier. Joignant à beaucoup d’activité un goût très délicat, il gagna la vogue et obtint des commandes pour la Couronne. En 1789, il comptait parmi les notables de son quartier ; à ce titre il fut nommé électeur, puis membre du comité de la section de Bonne-Nouvelle 8. Plus heureux que beaucoup de ses confrères, Lelarge put sauver son établissement pendant la Terreur, La vente d’un immeuble qu’il possédait dans le quartier du Marais l’aida ensuite à rétablir ses affaires 9. Il continua d’exercer rue de Cléry jusqu’à sa mort, qui survint le 8 octobre 1802 !0.
On ne connaît aucune pièce signée par le premier de ces artisans. Les deux autres ont employé la même estampille I. B. LELARGE, sans que cette similitude de marque puisse causer une confusion entre leurs travaux. Le père, qui exerçait sous Louis XV, ne semble avoir produit que des ouvrages assez ordinaires. Les créations du fils, traitées dans le genre classique, sont souvent du premier ordre. La pureté de leurs lignes, la justesse des proportions, la grâce et l’harmonie de tous les détails prouvent le soin que ce maître apportait à l’étude de ses modèles. Il faisait surtout des sièges en médaillon, que l’on appelait à la d'Artois. C’est le type auquel se rattache le beau fauteuil représenté sur notre planche XLI et qui figure au musée du Louvre Le Mobilier national renferme d’autres brillants spécimens de ses travaux.
1. Arch. nat. Y. 9523, 15 sept. -31 déc. 1749 (sous le nom de « Lelarge père »).
2. Id. Y. 12040, u oct. 1753. Scellés et information après décès de Jeanne-Madeleine Gareau, veuve Saint-Georges.