Liste générale des Men.-Èbèn. de Paris
8. Et. Charavay . Assemblée électorale de Paris, 1790, p. 22.
9. Annonces, Affiches et Arts divers, 22 messidor an II, p. 851s.
10. Arch. de la Seine. Enregist. Tables des Décès. Q8. 43, 5 brumaire an XI.
11. Carie Dreyfus. Musée du Louvre. Le Mobilier des XVIIe et XVIIIe siècles, 2e éd., Paris [1922], n° 199.
Le Petit Trianon en a recueilli quelques-uns provenant de l’ancien mobilier du palais de Fontainebleau. Des oeuvres du même auteur sont exposées dans le Musée municipal de Strasbourg, dans le South Kensington Muséum à Londres et le musée des Arts industriels à Hambourg. Parmi celles qui ont passé en vente publique depuis quelques années, on peut citer quatre tabourets ornés d’entrelacs ayant appartenu à M. Jacques Doucet ’, un grand canapé de l’ancienne collection Rikoff1 2 et plusieurs morceaux remarquables que possédait naguère M. Marcel Zambaux 3, notamment un curieux fauteuil dans le style du Directoire, à dossier renversé et à décor de petites grecques. J’ai trouvé le poinçon de Lelarge sur une suite de chaises étrusques, en acajou massif, d’une singulière élégance. Ces pièces, comme la précédente, datent de la vieillesse du maître. Elles montrent que son goût ne s’était pas émoussé en s’adaptant sur le tard aux nouvelles exigences de la mode.
LELEU (Jean-François), né en 1729, mort à Paris le 3 septembre 1807 4 * 6, fut un des plus fameux artistes industriels de son époque. D’abord humble ouvrier au faubourg Saint-Antoine s, il se plaça encore jeune chez J. -F. Œben, ébéniste du Roi qui exploitait une importante fabrique de meubles dans les bâtiments de l’Arsenal. A la mort de ce maître, en janvier 1763, Leleu pensa que la veuve Œben lui confierait la direction de l’atelier; mais il fut supplanté par son camarade Riesener, ce dont il conçut un violent dépit é. Comme il avait gagné de quoi s’établir, il prit des lettres de maîtrise le 19 septembre 1764 7 et leva boutique sur la chaussée de la Contrescarpe, devant les remparts de la Bastille8. Il n’y fit qu’un bref séjour. Obligé bientôt d’agrandir son installation, il la transporta rue Royale 9, près de la place du même nom, qui est maintenant celle des Vosges. Peu d’années lui avaient suffi pour s’imposer à l’attention des connaisseurs par l’élégance recherchée de ses travaux10. Vers la fin du règne de Louis XV, il fournit à la Cour plusieurs œuvres que possède encore notre Mobilier national. En même temps,
il produisait des pièces somptueuses pour Mmedu Barry, comme un bureau paré de porcelaines peintes, qui, après avoir émigré à Florence, dans le palais de San-Donato ”, est aujourd’hui 1 un des joyaux de la collection de Lady Carnarvon à Londres.