‹ Les ébénistes du XVIIIe siècleChapitre 232 sur 397 · Arch. nat. Reg. des Maîtrises, Y · texte numérisé non relu

Arch. nat. Reg. des Maîtrises, Y

Les Ébénistes du XV 111° siècle.

des deux places de syndic prévues par les statuts. L’année suivante, après l’expiration de son mandat, il fut nommé député ou conseiller de son corps, au bureau duquel il continua de siéger jusqu’à la Révolution b — Depuis 1780, Leleu avait pris pour associé son gendre, Antoine Stadler % auquel il céda sa maison vers 1792. Enrichi par son travail, il termina ses jours dans une situation prospère 3.

Ce maître signait ordinairement de la marque j J. F. LELEU : qui porte son nom inscrit

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dans un petit cadre festonné. Il employa en outre une seconde estampille n’imprimant que les initiales J. F. L. On lui doit des œuvres nombreuses, fort variées, souvent très originales, et dont les plus simples évitent presque toujours la banalité par certains détails de leur structure ou de leur décoration. Habilement dessinées, dans un style un peu sec, elles ont en général moins de grâce que de noblesse.

La majeure partie sont en bois de placage. A ce genre se rattachent une grande commode de forme cintrée qui orne la chambre de Marie-Antoinette au Petit-Trianon, et deux petits meubles, l’un à porte, l’autre à tiroirs, que l’on a placés dans la salle à manger du même palais. La planche XL montre une de ces dernières pièces, remarquables par le motif en losange qui se découpe sur leur façade. Il en existait, dans la collection Luce à Versailles, une réplique provenant du mobilier de Mme du Barry 4. Une jolie commode de Leleu, également en bois de placage, fut acquise par Mme la comtesse de Béarn dans la vente Jacques Doucet s. Les meubles en marqueterie signés par cet artiste ne sont pas rares. Il suffira de mentionner un curieux secrétaire, orné de carrelages octogones, appartenant au comte Moïse de Camondo, un beau meuble d’entre-deux que possède Mme la comtesse H. de Gontaut, et surtout l’admirable secrétaire de la collection Wallace à Londres, richement décoré de vases et paniers fleuris6. Les galeries d’Hertford House renferment encore le chef-d’œuvre que représente notre planche XL7. Ce meuble est en acajou clair, d’une tonalité très douce. Ses lignes à la fois fermes et souples, l’élégance robuste de ses six pieds cannelés que surmontent des chapiteaux à volutes, la finesse des ornements, le goût ingénieux avec lequel ils sont distribués, tout concourt à la beauté de cette pièce, une des plus parfaites qui soient sorties des mains de Leleu. Les fleurs de lys posées dans sa frise permettent d’en attribuer la commande au prince de Condé. On peut voir au musée du Louvre, dans la donation Schlichting, une commode assez analogue, mais avec des colonnes détachées aux angles et des pieds tors garnis de perles8.

Le château de Chantilly, dévasté sous la Révolution, ne contient plus aucun des meubles dont l’artiste embellit cette résidence. Il s’y trouve représenté néanmoins par une œuvre extraordinaire dont le duc d’Aumale fit l’acquisition à la vente de lord Hamilton 9. C’est un

1. Arch. nat. H2. 2118. 6. Catalogue of the Furniture... in The Wallace Collection,

2. Cf. Id. O1. 3634 (6 juin 1785): Fournitures au Garde- London, 1906, p. 314, Gai. XVIII, n° 52. meuble de tables à jeu par « Leleu, ébéniste, et Stadler, son 7. Ibid., p. 159. Gai. IX, n° 15.

gendre ». 8. Carie Dreyfus. Le Musée du Louvre. Mobilier du XVIIe et

3. Arch. de la Seine. Enregist. Q8. 321. du XVIIIe siècle, 2e éd. [1922], no 92. — Id. Musée du

4. P.-E. Mangeant. La collection Luce ( Versailles illustré, Louvre. Le Mobilier français, Ep. Louis XVI, planche XXI.

t. III, p. 75). 9. Catalogue of the Hamilton Collection, London, 1882, p. 179,

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