‹ Les ébénistes du XVIIIe siècleChapitre 233 sur 397 · Paris, 1912, n° 329 du catalogue (reprod.). n · texte numérisé non relu

Paris, 1912, n° 329 du catalogue (reprod.). n

bureau pompeux et bizarre, en ébène massive, lourdement chargé de cuivres dans le goût de Delafosse. La richesse des ornements constitue d’ailleurs le seul mérite de cette table monumentale, aussi peu plaisante d’aspect qu’impropre à tout usage. En cherchant trop la singularité, Leleu a commis quelques erreurs de ce genre. Elles ne doivent pas empêcher de rendre justice à la hardiesse de son talent.

LEMAIRE (Claude), — parfois désigné dans les documents contemporains sous les noms de Lemaître ou de Lemaire, — était un menuisier de Paris, entrepreneur des bâtiments du Roi, qui avait obtenu de Louis XV, en 1728, un logement au château de la Muette. Il y fut employé durant le reste de sa carrière à des travaux pour la Couronne '. En dehors de ses gros ouvrages, Lemaire réparait le mobilier de cette maison royale 1 2 3. Nous savons qu’en 1786 il restaura également des ébénisteries chez la marquise de Monconseil à Passy 5. Il dut mourir peu après cette date, mais sa veuve continua d’être logée à la Muette, où elle mourut en juin 179 1 4.

LEMAÎTRE (François-Noël) tenait fabrique et magasin de meubles à Paris, rue Saint-Nicolas, entre 1775 et 1786 s. Il produisait des ouvrages de bonne fabrication courante, la plupart en bois de rose ou en mosaïque à fleurons. Les frères Presle, tapissiers rue Saint-Martin, lui firent exécuter une sorte de chiffonnier renfermant un coffre-fort et muni d’une tablette à écrire6.

LEMARCHAND (Charles-Joseph), notable ébéniste parisien, ne doit pas être confondu avec un homonyme, Charles-Jacques-Urbain Lemarchand 7, dont il pouvait être le fils ou le neveu. Son parent travaillait déjà depuis une douzaine d’années rue Saint-Louis au Marais, lorsque Charles-Joseph fit partie d’une des dernières promotions de maîtres, le 13 mai 1789 8, et s’installa rue des Tournelles 9. Il résida ensuite rue du Faubourg Saint-Antoine, n° 63, et rue du Pas-de-la-Mule, n° 6, jusque sous la Restauration I0. Dès 1791, on le trouve cité dans les comptes du Garde-meuble pour la fourniture de dix-huit commodes en acajou, destinées au château de Saint-Cloud ”. Après la tourmente révolutionnaire, Lemarchand se distingua dans l’ébénisterie d’art. En 1803, il vendit au négociant Bonnichon plusieurs ouvrages précieux parmi lesquels deux bonheur-du-jour de la plus fine qualité I2. Sous l’Empire il obtint des commandes pour les palais de Napoléon et a laissé au château de Compiègne une importante console soutenue par des griffons de bois doré I3. On a relevé sa marque LEMARCHAND sur d’autres pièces de même style, comme un petit secrétaire en acajou, très richement paré de bronzes, que possédait naguère le marquis de Biron ’4.

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