‹ Les ébénistes du XVIIIe siècleChapitre 237 sur 397 · Liste générale des M*$ Men.-Ébèn. de Paris · texte numérisé non relu

Liste générale des M*$ Men.-Ébèn. de Paris

13. Alm. des Adresses de Paris, 1791. — Arch. de la Seine. Bilans, cart. 96, bil. du tap. Bonnet, 10 brumaire an XII .

triomphe du style classique, car les pièces dont il s’agit ne peuvent être antérieures à l’année 1785, date où Lerat obtint le droit de marque attaché à la maîtrise. Peut-être furent-elles copiées sur des modèles plus anciens de Jacob ou de Séné. La singulière hardiesse de leur dessin et l’élégance recherchée de leurs détails rendent cette supposition fort plausible.

LEROUGE (Jean-Baptiste), menuisier parisien, fit enregistrer ses lettres de maîtrise le 17 février 1749 “.Etabli rue de Charenton,en face de l’hôtel des Mousquetaires, à Y Image de saint Pierre1 2 3, cet artisan faisait de jolies chaises, laplupart en noyer verni. En 1757, sa veuve, Jeanne Ruelle, lui succéda, ayant sous ses ordres de très bons ouvriers dont plusieurs — comme Louis Delanois, Guillaume Boucault et Pierre Forget — se distinguèrent dans la suite. D’après son livre-journal (1758-1762) 5, elle vendait toutes sortes de sièges « de canne, de garniture et cà carreaux » ; des couchettes ordinaires et de luxe; des meubles de jardin et de commodité. Parmi ses marchandises, on remarque des lits à ïangloise formant sopha, des duchesses coupées ou chaises-longues en deux parties, des fauteuils â jeu d'eau pour la toilette intime, des baignoires de tout à l’entour faisant lits de repos... La veuve Lerouge reçut des commandes pour le duc de Fleury au château de Plessis-lez-Tournelles ; mais elle semble avoir travaillé principalement pour le commerce4. Malgré son activité et le mérite de sa fabrication, elle n’eut pas la chance de réussir dans ses affaires. Le 16 mai 1763, elle dut déposer son bilan, qui cite au nombre de ses créanciers les sculpteurs Joseph Ruelle et Félix Gosselin 5.

Les ouvrages de cet atelier sont marqués I. B. LEROUGE en grandes lettres. Notre planche XLI montre un siège de bureau portant cette estampille. Elle figure sur une autre pièce en bois ciré et canné qui se trouve chez M. Emile Straus et qui provient de la princesse Mathilde: c’est un exemplaire assez rare de fauteuil à double dossier, construit en équerre pour se placer dans une encoignure.

LEROUX. Voy. Roux.

LEROY (Félix), menuisier en meubles à Paris, acquit la maîtrise comme fils d’un maître le 17 février 1749 6 ; il exerça ensuite rue de Cléry jusque vers la fin du règne de Louis XV 7. Ses productions sont signées F. LEROY (sicj. J’ai relevé cette empreinte sur deux petites chaises d’un modèle original à dossier bi-lobé. M. le duc de La Roche-Guyon conserve, en son château de famille, divers ouvrages que Félix Leroy fournit pour cette résidence dans la dernière période de son activité. Ce sont de beaux sièges de forme rectangulaire, reposant sur des pieds en gaîne creusés de trois canaux à chaque face.

LEROY (Jean-François), né en 1755, était compagnon ébéniste au faubourg Saint-Antoine lorsqu’il prit part à l’insurrection du Quatorze-Juillet. Il servit dans la gendarmerie de 1792 à

1. Arch. nat. Reg. des Maîtrises. Y. 9326. Livre du mardi. -ébén. Migeon (1758-1759); Bilans, cart. 21,

2. Arch. delà Seine. Bilans, cart. 6, faillite du limonadier faillite du tap. Planque, 1763, etc.

Belleville, fév. 1747. — Arch. nat. Y. 15062, 16 juillet 1761. 5. Arch. de laSeine. Bilans, cart. 21.

3. Arch. de la Seine. Livres de Commerce. Reg. 1167. 6. Arch. nat. Reg. des Maîtrises. Y. 9326.

4. Son bilan la montre en relations d’affaires avec les march. 7. Id. Y. 9523, 15 sept. -31 déc. 1749 ; — Arch. delà Seine.

Héricourt et Carré, les tap. Proquez, Dumont, Panseron, etc. Bilans, cart. 22 et 35, bilans du tap. Saint-Gilles, 1764 et

V. aussi: Arch. de laSeine. Livres de Commerce. Reg. 5491. 1772.

1794, puis reprit son métier et vécut assez tard pour obtenir en 1833 la pension de 250 francs attribuée aux anciens Vainqueurs de la Bastille b

LEROY (Louis), maître menuisier-ébéniste à Paris, établi rue Saint-Nicolas entre 1756 et 1764, confectionnait des armoires à coulisses, des bureaux, des tables de nuit en chêne et en noyer 1 2.

Louis-Gabriel, fils du précédent, né en 1730 3, gagna la maîtrise le 22 juin 1754 4 5 6. Après avoir collaboré avec son père, il abandonna la fabrication des meubles pour se consacrer à des travaux de menuiserie mécanique rue du Faubourg Saint-Denis. Cet artisan se qualifiait en 1785 « menuisier-machiniste de Sa Majesté et pensionnaire du Roy s ».

LESUEUR (François) demeurait rue de Lappe quand il passa maître le 22 septembre 1757 é. On le trouve cité dans le livre du marchand-ébéniste Migeon pour la fourniture de quelques secrétaires en culbute 7, ainsi nommés parce que leur partie supérieure se renverse entre les pieds. Le catalogue d’une vente anonyme qui eut lieu à l’hôtel Drouot le 4 avril 1914 signalait l’estampille F. LESUEUR sur une table à ouvrage de forme contournée, en marqueterie de bois fruitier, ouvrant à couvercle et tiroirs.

LETELLIER (Jacques-Pierre), menuisier parisien, reçu maître en 1747, exerça rue du Faubourg Saint-Antoine, puis rue de Charenton jusqu’à la fin du règne de Louis XV8. Il fabriquait toutes sortes de sièges ordinaires, de luxe et de commodité, notamment des « canapés de canne faisant la chaise percée » 9. Dans l’ancienne collection Alphonse Kann figurait une grande bergère à oreilles, signée J. P. LETELLIER.

Ce menuisier eut deux fils qui adoptèrent l’un et l’autre la profession d’ébéniste.

L’aîné, qui portait aussi les prénoms de Jacques-Pierre, né vers 1745, devint maître le 16 décembre 1767 10 et travailla rue du Faubourg Saint-Antoine durant plus d’une vingtaine d’années Il a laissé son nom sur de bons ouvrages en marqueterie à décor de grecques. Un meuble d’entre-deux, en bois satiné, portant son estampille faisait partie de l’ancien mobilier du château de la Mérantais, près Versailles I2.

Pierre-Antoine, dit le jeune, frère du précédent, leva boutique comme artisan libre dans la même rue du Faubourg Saint-Antoine. Il fit faillite en février 1787 IJ, et, l’année suivante, fut l’objet d’une contrainte par corps que les juges-consuls avaient décrétée contre lui à la requête de ses créanciers I4.

1. J. Durieux. Les Vainqueurs de la Bastille. Paris, 1911 ; — Arch. nat. C. 35,208', Pr.-verb. du 11 avril 1790; T. 514', 5, Papiers du député Osselin. Liste des Vainqueurs de la Bastille, n° 466.

2. Arch. de la Seine. Bilans, cart. 14, bil. du tap. Templeux, 1756; id. Livres de Commerce. Reg. 1308. Journal du tap. Lelorin (1763); Reg. 5491. Livre des ouvriers de l’ébén. Migeon (1756-1759), etc.

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