‹ Les ébénistes du XVIIIe siècleChapitre 254 sur 397 · Id. , mars 1717, n · texte numérisé non relu

Id. , mars 1717, n

MANWARING (Robert), menuisier, sculpteur et dessinateur anglais, établi à Haymarket, dans le centre élégant de Londres, faisait des sièges de luxe qu’il inventait lui-même. En 1765, il publia un recueil de ses dessins, intitulé : The Cabinet and Chair-maker s real Friend and Compagnon (un vol. in-8°). L’année suivante, il fournit vingt-huit planches, représentant chacune quatre types de chaises ou de fauteuils, pour un album édité aux frais de la société des ébénistes de Londres 1 ; puis il collabora au Chair-maker s Guide (1766), où l’on retrouve les planches précédentes avec d’autres compositions inédites. En général les modèles du maître se caractérisent par des formes un peu massives et trapues. Presque tous comportent, à l’intersection des pieds et de la ceinture, des petites consoles en équerre plus ou moins découpées et historiées, qui alourdissent encore leur structure. Ces ornements, empruntés à l’art chinois, semblent une particularité distinctive des sièges construits par Manwaring.

MARCEL (Joseph), menuisier en meubles et en bâtiments, reçu maître à Paris le 26 juin 1745, fut juré de 1767 à 1769, puis député ou conseiller de sa communauté dans les dernières années de sa vie2. Il exerça au faubourg Saint-Germain, d’abord cour du Dragon3 et plus tard rue de Tournon4, où il mourut le 5 mai 1788 5.

MARCHAND (Nicolas-Jean), ébéniste parisien, né vers 1697 6, obtint ses lettres de maîtrise avant 1738. Établi rue Saint-Nicolas, il faisait avec succès des meubles de luxe. En 1756, il eut des démêlés avec la communauté des fondeurs pour avoir employé clandestinement un ouvrier en bronze, nommé Bonnière 1 . Il approchait alors de la soixantaine et ne continua plus longtemps son industrie. Ses productions portent l’estampille MARCHAND imprimée en grandes lettres. Cette marque figure sur une commode Louis XV, à placages d’amarante et de palissandre, qui a été recueillie par le musée Carnavalet. J’ai vu du même auteur une charmante table-liseuse, en bois de rose, de forme échancrée sur deux pieds à jour.

Un ébéniste homonyme travaillait sous le Directoire rue du Faubourg Montmartre, n° 790. Il produisait notamment des commodes à galerie et des toilettes fermées par une coulisse de cuivre s.

MARCION (P.) fut l’un des fournisseurs de Napoléon Ier. Dès l’époque du Directoire, il tenait un atelier et un magasin d ’ébénisterie, rue Neuve-des-Petits-Champs, près la rue Chabanais, Aux Égyptiens, et fit paraître des annonces invitant le public à voir son « choix de meubles de genre, en bois d’acajou, richement ornés de bronze, d’après les belles formes des Antiquités étrusques, égyptiennes, grecques et romaines 9 ». Sa maison ayant pris de l’importance

1. Ont hundred new and genteel Designs being ail the most 5. Journal de Paris, 1788, p. 564.

approuved Paterns of Household Furniture in the présent State. 6. Arch. nat. Y. 10990, 20 sept. 1746.

London, 17 66. 7. Recueil des Statuts, Ordonnances et Privilèges de la Commu-

2. Liste générale des Mes Men.-Ébén. de Paris, 1782-1787. — nauté des Maîtres Fondeurs de Paris. Paris, 1774. — Cf. A. de Arch. nat. Reg. des Maîtrises, Y. 9331, 3 août 1767. — Id. Champeaux, Le Meuble, t. II, p. 175.

H1. 2118. 8. Arch. de la Seine. Livres de Commerce. Reg. 2578. Journal

3. Arch. nat. Y. 9523, 15 sept.-3i déc. 1749. — Cf. Arch. du march. Collignon (an VII).

de la Seine. Jurid. consul. Rapports, cart. 4,4 août 1758. 9. Annonces, Affiches et Avis divers, an VI, p. 6645, 6756,

4. Arch. nat. Y. 14416, 2 avril 1768. — Annonces , Affiches et 6831.

Avis divers, 1779, P- 747*

fut transférée bientôt rue Helvétius (ci-devant Sainte-Anne), puis rue Saint-Marc. En 1806, Marcion présenta au Garde-meuble des soumissions pour la fourniture de lits en bateau, canapés, bergères et fauteuils à figures ailées, sièges avec les pieds en « fourreau de sabre », psychés, lavabos-tripodes, somnos ou tables de nuit, etc. '. Un grand nombre d’ouvrages lui furent demandés pour les palais de Saint-Cloud, Trianon, Compiègne, Fontainebleau et Rambouillet1 2 3. Une de ses œuvres capitales fut le lit de l’impératrice Marie-Louise qu’il exécuta en 1809. Cette couchette, tout en noyer doré, offrait de très riches sculptures à décor de cygnes, guirlandes et rinceaux ; elle se complétait par deux torchères portant des figures agenouillées qui soutenaient les draperies du baldaquin 5. Marcion fut chargé encore de travaux considérables pour le service des ministres et grands-officiers de la Couronne 4. Victime d’une crise qui sévissait sur toute l’industrie française dans les dernières années du règne de Napoléon, cet ébéniste fit faillite en 1814 ’. Les collections de l’État renferment une quantité de pièces à l’estampille de P. MARCION, entre autres une commode en acajou placée dans le vestibule du Grand Trianon et plusieurs suites de sièges en bois doré qui garnissent le palais de Fontainebleau. Ces meubles, quoique traités avec soin, sont loin de valoir ceux de Jacob-Desmalter ; ils s’en distinguent surtout par la lourdeur de leur style.

MARECHAL (Jean-Pierre), né à Mont-Saxonnex (Savoie) en 1760, était compagnon ébéniste au faubourg Saint-Antoine lorsqu'il se fit connaître comme un des Vainqueurs de la Bastille ; il s’enrôla peu après dans la 35e division de gendarmerie 6.

MARIETTE (Nicolas-Louis), menuisier en meubles, exerçait à Paris depuis plus de vingt ans comme ouvrier libre 7 quand il passa maître le Ier août 1770 8. Après avoir demeuré rue de la Roquette, au Roy de Naples, il travailla rue de Charenton jusqué vers 1786. Cet artisan produisait de bons ouvrages sculptés, tels que des bois de lits « à cannelures, chandelles et culs de lampe » 9. Une bergère Louis XVI, portant son estampille N. L. MARIETTE, fait partie de la collection Dutuit au Petit-Palais des Beaux-Arts.

MAROUY (Pierre-Jacques), maître menuisier à Compiègne, né dans cette ville le 30 septembre 1735, y décéda le 17 septembre 1802 ,0. Il demeurait à la porte Chapelle, près du Châ-

teau. A partir de 1783,1e Garde-meuble lui fit exécuter tous les ans des ouvrages destinés à cette maison royale11. Dans le courant de i790,Marouy livra plus de trois cents chaises pour remplacer celles que l’on avait expédiées à Versailles en vue de servir à l’Assemblée des Etats- Généraux I2. Quelques semaines avant la chute de la Monarchie, il termina dix banquettes

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