P. BERNARD
L’auteur indiquait sa profession en toutes lettres pour se distinguer de son homonyme le menuisier, et il accompagnait le mot « ébéniste » de trois fleurs de lys par allusion à son privilège royal. On ne connaît qu’un petit nombre de pièces signées de cette empreinte. L’une des plus charmantes est une table coiffeuse qui appartient à Mme Blagé. Ce meuble, reproduit sur notre planche V, porte à chaque angle une agrafe de bronze aux armes royales, témoignant qu’il fut éxécuté pour une princesse de la maison de France, — peut-être pour l’une des filles de Louis XV. L’ancienne collection du prince Otto de Saxe-Wittgenstein renfermait un très riche bureau de Bernard, avec des chutes à bustes de femmes s.
Nicolas, frère aîné de Pierre, exerça la même profession, mais sans éclat. Né vers 1713 6, il fit aussi son apprentissage dans l’atelier de son oncle 7. Après avoir débuté comme ouvrier libre rue du Faubourg-Saint-Antoine, il passa maître en 1742 et se fixa rue du Faubourg-Saint- Martin, à la Tour de Matines 8. On peut lui attribuer la marque N. B. qui se rencontre sur des commodes en tombeau et à la Régence d’une facture assez soignée.
1. « N° 1006. — Un vuide-poche fait par Bernard-, il est en bois de rose et amaranthe, le dessus à fleurs de bois de violette entouré d’un quart de rond, chutes, sabots et ornements de bronze doré ».