Ibid. Y, 10989, 6 juin
Ses talents furent alors récompensés par un brevet d’ « ébéniste privilégié du Roi suivant la Cour », titre qui lui conférait les avantages de la maîtrise. Il ne semble pas avoir vécu après 1765.
Cet « habile artiste », — ainsi que le qualifiaient les contemporains, — faisait des meubles très précieux. Il les revêtait le plus souvent de jolies marqueteries à fleurs et les ornait de bronzes à rocailles d’une exquise fantaisie. On vantait ses armoires, ses commodes, ses bureaux, ses gaines d’horloges traités dans le style le plus gracieux; mais son goût délicat et son adresse manuelle convenaient surtout à l’exécution des petits secrétaires, tables de dame, coiffeuses et vide-poches. Plusieurs de ses ouvrages sont décrits sous son nom dans les catalogues des grandes ventes de l’époque, notamment celles du peintre Boucher en 1771 \ du financier Bonnemet à la fin de la même année1 2, et celle d’un autre amateur fameux, Blondel de Gagny, intendant des Menus-Plaisirs, dont le cabinet fut dispersé en 1776 3. J’ai trouvé une annonce des Petites Affiches où il est question d’ « un bureau de Bernard » à vendre avec des commodes de Riesener4 *. Or ces sortes de mentions concernant des artistes industriels se rencontrent fort rarement dans les livres ou journaux du xvme siècle et attestent toujours une véritable célébrité.
Sa marque est estampillée sur deux lignes de la manière suivante :