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LEURS ŒUVRES ET LEURS MARQUES

J^LbRAHAM florissait sous Louis XVI à Bordeaux, où les industries d’art avaient pris un grand développement par suite de la prospérité croissante de cette ville et des franchises qu’elle accordait aux ouvriers forains. On y trouvait alors une dizaine d’habiles marqueteurs indépendants de la communauté locale des maîtres menuisiers-ébénistes et sculpteurs sur bois. Abraham était l’un de ces artisans libres qui s’adonnaient avec succès à la fabrication des meubles de luxe et des objets de tabletterie. Il habita près de l’ancienne poste, puis dans le voisinage de la Chartreuse. Sa boutique avait disparu en 1791 L

ADELMANN (Jean-Christophe-Georges), né vers 1751 à Wertheim en Basse-Franconie, obtint des lettres de maîtrise à Paris le 20 août 1788. Il s’installa ensuite rue de Buci au faubourg Saint-Germain, mais son atelier n’eut pas le temps de prendre de l’importance et sombra sous la Révolution. Cet ébéniste ne devait mourir que longtemps plus tard, le 15 novembre 1821 L

ÂHMAN (Karl), Suédois dont le nom se prononce Omann, passa maître à Stockholm en 1748 et travailla dans cette ville durant une vingtaine d’années5. Il a laissé des commodes et des petites tables en bois de placage ornées de bronzes à rocailles, qui imitent dans un goût plus lourd les ébénisteries françaises de style Louis XV. Ses ouvrages sont signés et datés par une inscription manuscrite.

ALLEAUME. Voy, Elleaume.

1. Alm. du Commerce d’Arts et Métiers pour la ville de Bor- Menuisiers-Ebénistes, Tourneurs et Layetiers de la Ville et Faux-

deaux année 1784, p. 254; année 1785, p. 309. bourgs de Paris, 1789.

2. Arch. de l’Église luthérienne à Paris. Paroisse des Billettes. 3. Dr J. Bôttiger, Kungl.-Hofschatidhnaliaren och Ebenisten Reg. des Décès de 1809 à 1845, p. 55. — Liste générale des Maîtres Georg Haupt. Stockholm, 1901, p. 1 1 , 112 et pl. 48.

Les Ébénistes du XVIII c siècle. 1

A.MAND (Henri), menuisier en meubles, fit enregistrer sa maîtrise à Paris le 17 novembre 1749 Établi rue de Charenton, près de l’hôtel des Mousquetaires 2 sur l’emplacement duquel se trouve aujourd’hui l’hospice des Quinze-Vingts, il fabriquait des sièges en noyer garnis de canne qu’il marquait de l’estampille H. AMAND. Entre 1757 et 1768, sa veuve, Anne-Marie Wouettier, continua le même genre de travaux 3. Notre planche II montre un gracieux spécimen des productions de cet atelier.

ANCELIN. Voy. Lancelin.

ANCELLET (Denis-Louis), d’abord artisan libre au faubourg Saint-Antoine 4, passa maître le 3 décembre 1766, et fut député ou administrateur de sa corporation dans les dernières années de l’Ancien régime5. Après avoir résidé rue de Charenton jusque vers 1 780, il transféra son établissement rue Saint-Nicolas. Il jouissait d’une bonne notoriété pour l’ébénisterie courante. Nombre de marchands lui achetèrent des ouvrages en noyer et en acajou, comportant quelquefois des incrustations d’ébène et des parties intérieures en bois jaune6. Ses talents furent employés aussi par le Garde-meuble royal : Au printemps de 1791, quand Louis XVI forma le projet de se rendre à Saint-Cloud et fit mettre le château en état de recevoir la Cour, Ancellet livra pour cette résidence une soixantaine de pièces, dont plusieurs commodes et secrétaires garnis de cuivres dorés qui lui furent payés en moyenne 200 livres7. Nommé membre du comité de la Section des Quinze-Vingts à la première assemblée électorale de Paris, cet ébéniste devint juré des affaires criminelles pendant la Terreur8. Il vivait encore en 1803 9.

Son fils François, ancien volontaire national I0, lui succéda sous l’Empire et fournit à l’État des bureaux ordinaires en bois noir pour les administrations publiques

ANDRISS (Sébastien), né à Fribourg-en-Brisgau vers 1720, alla de bonne heure travailler à Strasbourg. Au xvme siècle, la fabrication des meubles de luxe était active en Alsace, où les navires hollandais qui remontaient le Rhin pouvaient apporter à peu de frais les bois exotiques utilisés par cette industrie. Cependant le chef-lieu de la province ne possédait pas une corporation spéciale de menuisiers-ébénistes ; ceux-ci se rattachaient à l’importante communauté des charpentiers ( Zimmerleut-Zunft ), dans laquelle ils formaient deux groupements: l’un pour les artisans de religion protestante, l’autre, dit « des menuisiers français », ouvert aux seuls catho-

ï. Arch. nat. Y. 9326. lie g. des Maîtrises.

2. Id. Y. 10992, 21 juillet 1751; Y. 10995, 20 oct. 1754. — Arch. de la Seine. Bilans, cart. 22. Faillite du tap. H. Lelorin.

3. Arch. de la Seine. Livres de Commerce. Reg. 1308. Journal du tapissier Lelorin : « 24 aoust 1757, avoir acheté de Mm= Amant six chaises de canne vernie, 4 liv. 1 5 s. pièce ; — à la mesme : 6 fauteuils de canne à marchepied, 6 liv. 15 s. pièce... S sept. 1759 ; à la veuve Amant, un bidet en canne à dos, 27 iv. » etc. — Cf. Ibid., Bilans, cart. 26. Faillite de l’épicier Mayeux, 3 fév. 1768.

4. On le trouve cité en 1762 parmi les créanciers de la failite du mardi. -ébéniste Genty (Arch. de la Seine, Bilans, cart. 20)- — V. aussi Arch. nat. Y. 14086, 8 fév. 1759.

5. Liste generale des Mes Men.-Ebèn. de Paris (1782-1789). — Arch. nat. H3. 2118.

6. Arch. de la Seine. Livres de Commerce. Reg. 878 et 2904. Journal des tapissiers Presle frères, 1778-1787. — Bilans, cart. 35, bilan du mardi. J. D. Garnier, 1772; cart. 44*, bil. du mardi. H. Martinet, 1777 ; — cart. 72, bil. du tap. Law, 1788 ; — cart. 1 1 6, bil. du mardi. Carré, 1777, etc.

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