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O F. DE SALVERTE. - LES ÉBÉNISTES DU XVI, D SIÈCLE

Planche V

Toilette Louis XV,

PIERRE BERNARD, en marqueterie à fleurs, ornée de bronzes (col/, de Mme M. Blagé).

aux armes royales.

JACQUES BIRCKLÉ

Bureau Louis XVI en mosaïque de bois de couleur. (anc. coll . Louise Balthy).

BERNARD (Pierre), cousin germain des précédents et fils de l’ébéniste Pierre-Amour Bernard, dut naître vers 1730, dans la maison de la rue de Lappe où travaillait son père et où luimême demeura toute sa vie. Au lieu de pratiquer lebénisterie, comme les autres membres de sa famille, il préféra s’adonner à la fabrication des bois de sièges et se classa parmi les plus habiles dans cette spécialité. Reçu maître menuisier le 24 juin 1766 \ député de sa corporation en 17811 2, il se retira des affaires en 1786, devint bourgeois de Paris, et succomba le 15 octobre 1788,4 la suite d’une opération qu’il avait subie chez un chirurgien du voisinage3. Cet artisan s’était montré fort actif; il travailla beaucoup pour la province et concourut notamment à meubler la ravissante folie de Méréville que le marquis de Laborde, banquier de la Cour, possédait près d’Etampes4 5. Ses ouvrages se recommandaient par leurs formes agréables et souvent par le goût recherché de leur ornementation. Le sculpteur Charles Joigny, qui habitait non loin de lui dans la même rue de Lappe, fut l’un des artistes auxquels il confiait le soin de les embellir s.

Comme l’ébéniste du même nom, il signait P. BERNARD. Toutefois, pour différencier son estampille, il employa des fers caractéristiques dont l’un disposait sa marque en rond et l’autre en arc de cercle. Dans les deux cas 1’ N du mot Bernard est imprimé à contresens. Ce maître a laissé aussi des sièges sur lesquels sa signature se présente normalement en ligne droite, mais il ne semble avoir adopté cette frappe qu’après la mort de son homonyme. On voit au musée des Arts décoratifs un beau fauteuil de Bernard, richement sculpté dans le goût classique, avec un dossier original de forme carrée à coins coupés. Dans la vente de Mme la comtesse de Castries (mai 1901), figurait un salon du même auteur, se composant d’un grand canapé, de deux bergères et de deux fauteuils en bois doré. Mme la comtesse de Berthier-Bizy conserve tout un assortiment de sièges qui furent exécutés par ce fabricant pour le château de Bizy dans le Nivernais.

BERTET (Joseph), reçu maître menuisier à Paris le 3 octobre 1 788 6, demeura successivement rues delà Harpe et des Trois-Cannettes jusque sous le Directoire7. On a relevé sa marque J. BERTET sur des consoles Louis XVI en bois ajouré et sculpté à décor de fleurs.

BERTRAND (Charles), maître et marchand ébéniste à Paris, mourut en son domicile, rue des Gravilliers, le 25 juin 1738 8.

BERTRAND (Jean-Pierre), né vers 1735, passa maître-ébéniste à Paris le Ier mars 1775 9. Établi rue du Faubourg-Saint-Antoine, n° 257, il produisait des petits meubles en bois de rose et en acajou moucheté, comme des tables à trois fins, à gradins et « en secrétaire à cylindre » ,0. Sous la Révolution, il fut élu membre du comité de la section des Quinze-Vingts, puis asses-

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