Arch. nat. O. 5 13, mai
9. Catalogue of the Jones Bequest in the South Kensington Muséum. London, 1882, p. 64, n° 59:.
10. Ce meuble appartenait alors à M. Stettiner. (Cf. A. de Champeaux. Notes mss. Bibl. des Arts décor. X, 45).
1 1. Arch. de l’Égl. luth, à Paris. Reg. cité (22 nov. 1790). V. aussi ibid., p. 244 (26 août 1793) et 258 (11 avril 1797).
12. Alm. du Commerce. 1805. — Alm. portatif des Commerçants de Paris. 1806.
trise lui a été promise et il l’a bien gagnée. Son utilité au sr Œben, la reconnoissance vraysemblable de ce dernier ont sans doute suspendu les projets du compagnon Reisnier qui désire aujourd'huy former un établissement. Tous les renseignemens pris, rien n’a été contraire à sa demande. On dit de lui beaucoup de bien1 ». Le certificat en question fut délivré le 15 juin 1785 2 3 , mais quelques mois plus tard Simon Œben vint à mourir, et il semble que Georges Riesener ait renoncé à ses desseins pour conduire les travaux chez la veuve de son maître.
RIESENER (Jean-Henri), le plus grand ébéniste de son époque ;, était fils d’un huissier de justice attaché à la chancellerie du prince-évêque de Cologne. On ignorait jusqu’à présent le lieu et la date de sa naissance. Il passait pour avoir vu le jour en 1735, à Gladback dans les Provinces Rhénanes. En réalité, il naquit à Gladbeck, prés d’Essen, le 4 juillet 1734 4. Jeune encore, il entra dans l’atelier de Jean-François Œben, ébéniste du Roi à l’Arsenal de Paris, sous la conduite duquel il acheva de perfectionner ses talents. Lorsque ce maître mourut en janvier 1763, sa veuve, née Françoise Vandercruse, prit la suite de l’entreprise et dut chercher un homme de confiance pour diriger les travaux. La maison 11e manquait pas de bons ouvriers. Leleu, un des plus habiles, briguait la place et comptait l’obtenir 5. Mais Mme Œben, ayant discerné chez Riesener des mérites encore supérieurs, lui donna la préférence. Entre elle et son chef d’atelier se nouèrent alors des liens d’affection, qui devaient quatre ans plus tard se consolider par leur mariage. Devenu titulaire de la fabrique, Riesener gagna la maîtrise le 23 janvier 1768. Peu après, il termina le fameux bureau de Louis XV commencé par son prédécesseur. Le succès avec lequel il s’acquitta de cette tâche lui valut une récompense officielle : au mois de juillet 1774, il devint l’ébéniste ordinaire du Mobilier de la Couronne, en remplacement de Gilles Joubert, que son grand âge obligeait à se démettre de l’emploi é.
Les dix années qui suivirent furent les plus brillantes dans la vie de l’artiste. Les comptes du Garde-meuble attestent l’extraordinaire faveur dont il jouissait à la Cour. Du temps de Joubert, les commandes debénisterie ne dépassaient pas une moyenne de trente à quarante mille livres par an. Avec Riesener, elles se montèrent à plus du double. De 1774 à 1784, elles forment un total de 938.000 livres7, somme qu’il faudrait peut-être décupler pour avoir son équivalence en monnaie actuelle. Le maître était employé en outre par le comte et la comtesse de Pro-