Liste générale des Mes Men.-Ébe'n. de Paris
16. Arch. nat. Y. 14089, 9 n'ov. 1762 ; Y. 14103, 17 août 1776; Y. 14424, 10 janv. 1777.
lution *. Cet ébéniste confectionnait surtout des ouvrages ordinaires en bois teint % mais il faisait aussi des meubles de luxe aux garnitures desquels travailla le ciseleur Desseule 1 2 3.
SAUNIER (les), famille parisienne qui compta de nombreux ébénistes au xvme siècle. Elle ne se rattachait d’ailleurs en aucune manière à un prétendu Jacques Saunier, ébéniste royal sous Louis XIV 4 5 ; le personnage en question s’appelait Somer, nom auquel des transcriptions fautives ont donné la forme de Sonnier puis de Saunier.
Parmi les artisans qui nous intéressent, le premier connu, Charles, possédait la maîtrise en 1737 et paraît avoir travaillé jusque vers le milieu du règne de Louis XV. Il avait son atelier rue du Faubourg Saint-Antoine, vis-à-vis la rue Saint-Nicolas s. On lui attribue l’estampille SAUNIER, sans initiale de prénom. J’ai relevé cette empreinte, il y a quelques années, dans les magasins de MM. Parguez-Perdreau, sur un meuble assez curieux, une sorte de chiffonnière ou demi-commode en bois de violette, aux formes très mouvementées et un peu lourdes.
Jean-Charles, fils du précédent, reçu maître le 27 août 1743 6, conserva l’établissement de son père rue du Faubourg Saint-Antoine. Il fit partie de la jurande de sa communauté entre 1730 et 1732 7. On le trouve cité dans le livre-journal du tapissier Lelorin pour la fourniture d’ « un bureau de bois des Indes garni de bronzes et marqué de sa marque », qui lui fut payé 139 livres 8. Il vendit aussi des ouvrages à l’ébéniste J.-F. Œben 9. Une commode en tombeau portant son poinçon, I. C. SAUNIER, fut présentée par M. Stettiner à l’Exposition de l’Union centrale des Arts décoratifs en 1882 io. Ce fabricant mourut vers 1765 et eut pour successeur son fils aîné, Claude-Charles, auquel sera consacrée la notice suivante.
Son second fils, Jean-Baptiste, prêta serment le 29 juillet 1757 11 ; il s’établit ensuite rue de Charenton I2, d’où il avait disparu en 1782. Ce dernier signait: I. B. SAUNIER. On pouvait voir un charmant exemple de ses productions à la vente du baron Lepic : c’était une toute petite commode, dans le plus gracieux style Louis XV, offrant, sur les trois faces, de fines marqueteries à dessins de corbeilles et bouquets de fleurs I3.
Plusieurs autres membres de cette famille exercèrent la même profession comme artisans libres ou comme simples ouvriers. L’un d’entre eux, Charles-Claude, ■ — sans doute fils de Jean-Baptiste et filleul de son oncle Claude-Charles, — quitta l’établi en septembre 1792, à l’âge de vingt-quatre ans, pour s’enrôler dans un bataillon de volontaires nationaux. Souslieutenant en 1795, il passa bientôt capitaine et reçut en 1803 la croix de la Légion d’honneur. Il fut tué au combat de Sacile, en Vénétie, le 16 avril 1809 I4.
1. Arch. de la Seine. Bilans, cart. 76, faillite du sieur Tournay, 28 mars 1789.
2. Id. Livres de Commerce. Reg. 5491, Livre des ouvriers de l’ébén. Migeon (1755).
3. Id. Bilans, cart. 51, faillite du ciseleur Desseule, 1779.
4. Cf. : J. Guiffrey. Scellés et inventaires d’artistes du XVIIe et du XVIIIe s., Paris, 1884-1886, t. II, p. 251. — H. Havard. Dict. de l'Ameublement, t. II, p. 252. — H. Vial, A. Marcel et A. Girodie. Les Artistes décorateurs du Bois, t. II, p. 142 et 155.