Id. Y. 14097, 18 sept
13. Vente à Paris, juin 1897, n° 49. Le meuble est reproduit dans Y Histoire des Arts appliqués à l’Industrie, par E. Molinier, t. III, p. 175.
14. Ch.-L. Chassin et L. Hennet. Les Volontaires nationaux pendant la Révolution, Paris, 1899, T h P- 701 •
SAUNIER (Claude-Charles), fameux ébéniste parisien, né en 1735, mort le 16 août 1807 '. Fils et petit-fils d’artisans du métier 2, il obtint ses lettres de maîtrise dès lage de dix-huit ans, le 31 juillet 1752 3, mais ne les fit enregistrer qu’au mois de novembre 1763 4, pour succéder à son père chez lequel il avait travaillé jusqu’alors. Il conserva le même atelier, situé rue du Faubourg Saint-Antoine, vis-à-vis la rue Saint-Nicolas. Le renom de cette maison allait rapidement grandir sous sa conduite. Homme d’invention et de goût, notre ébéniste se distingua par la brillante qualité de ses œuvres, qu’il signait C. C. SAUNIER. Les plus anciennes se rattachent encore au style Louis XV, entre autres un précieux bureau orné de porcelaines peintes, que lady Carnavon a recueilli dans la succession de M. Alfred de Rothschild h Toutefois le maître abandonna bientôt ce genre pour s’inspirer de l’art classique. Une petite commode ayant appartenu au vicomte de Bondy 6 donne un exemple de sa nouvelle manière. Ce meuble, posé sur des pieds en gaîne, présente une façade rigoureusement plane, mais dont la raideur est atténuée par des montants sinueux d’un effet très imprévu. La collection Wallace à Londres renferme un magnifique secrétaire que Saunier construisit vers la même époque, aux alentours de 1770 7 (planche LIX). La noblesse de ce morceau, la perfection de sa facture, la splendeur de ses cuivres permettent de le classer parmi les chefs-d’œuvre de l’industrie française, bien que sa composition pèche par certains détails et manque un peu d’unité. Ses fines décorations sont dues à un ouvrier de l’atelier, Jean-Baptiste Foulet, dont le nom se lit sur un des panneaux représentant des motifs d’architecture. Saunier lui-même semble avoir peu pratiqué la marqueterie. Il recourait à d’autres moyens pour embellir ses meubles : il recherchait volontiers, dans ses placages, les contrastes de couleurs, en juxtaposant par exemple l’ébène et le bois de rose. Un des premiers parmi ses confrères parisiens, il utilisa sur de larges surfaces les essences indigènes, jusqu’alors dédaignées dans l’ébénisterie de luxe. Nous connaissons de lui quelques meubles en érable, comme un secrétaire orné de très jolis bronzes qui appartient à Mme la comtesse d’Hédouville 8.
La fabrique de Saunier fut particulièrement active sous le règne de Louis XVI. Ses productions de cette période se recommandent moins par leur singularité que par leur harmonieuse et discrète élégance. Le Mobilier national en conserve deux spécimens qui se trouvent aujourd’hui au palais de Fontainebleau : une commode d'un dessin très pur et une console-desserte à côtés arrondis. Ces sortes de buffets furent une des spécialités du maître. Il en a créé un nombre considérable, de différents modèles, tantôt formant une petite armoire entre deux rangées d’étagères, tantôt ouverts par devant avec un fond plein, le plus souvent disposés à claire-voie et simplement traversés par des tablettes d’entrejambes. Dans les catalogues des ventes de M. Allard de Meeus 9, de Mme Balletta 10 et de l’antiquaire L. Lévy 11 sont reproduits
1. Arch. de la Seine. Enregist. Tables des Décès. Q.8. 321. 7. Catalogue of tlie Furniture — in the Wallace Collection,
2. V. la notice précédente. London, 1906, p. 312. Gai. XVIII, n° 30.
3. Liste générale des M<* Men.-Èbén. de Paris, 1782-1789. 8. Ce meuble figurait dans la vente après décès de Mme la
4. Arch. nat. Reg. des Maîtrises. Y. 9328. comtesse de Clermont-Tonnerre, Paris, déc. 1900, n° 347.
5. Ce bureau est reproduit dans l 'Hist. des Arts appliqués à 9. Paris, juin 1910, n° 207.
l'Industrie, par E. Molinier, t. III, p. 175. 10. Id., mai 1912, n° 339.
6. Vente à Paris, 21 mai 1891, n° 138. — Cf. E. Molinier. 11. Id., juin 1917,^210.
Ouv. cité, t. III, p. 186.
Cte F. DE SALVERTE. - LES ÉBÉNISTES DU XVIIIe SIÈCLE.
Planche LIX