‹ Les ébénistes du XVIIIe siècleChapitre 357 sur 397 · Alm. du Commerce, an VI et suiv · texte numérisé non relu

Alm. du Commerce, an VI et suiv

SCHMITZ (Joseph), reçu maître à Paris le 18 juin 1761 \ demeurait rué de Charonne, d’où il disparut avant 1782. Sa marque J. SCHMITZ se rencontre assez fréquemment sur des meubles Louis XV en bois de placage, comme des tables de dame et des commodes enrichies de cuivres à rocailles. On a confondu cet ébéniste avec deux homonymes qui pourraient avoir été ses fils : Jean Schmitz, menuisier en bâtiments, et Pierre Schmitz, menuisier en carrosses.

SCHNEIDER (Caspar), originaire d’Allemagne, travaillait au faubourg Saint-Antoine vers le milieu du règne de Louis XVI. Il était vulgairement connu sous le seul prénom de Gaspard. En 1785,0111e trouve cité dans les comptes royaux pour le payement d’un secrétaire en bois de placage, dont il avait fait l'ébén isterie et Thomire les bronzes 1 2. Bientôt après, le 15 mars 1786, il obtint des lettres de maîtrise 3 4. Cet habile artisan continua de fournir des ouvrages à la Couronne + et reçut aussi des commandes pour le service particulier de la Reine. Il habitait alors la Grande rue du Faubourg Saint-Antoine. Ruiné par la Révolution 5, il dut fermer son atelier et se retira rue Beautreillis. En décembre 1799, il perdit sa femme, qui s’appelait Marie-Catherine Œben 6, mais ne paraît avoir eu aucun lien de famille avec le célèbre ébéniste de Louis XV. Il vivait encore en 1806, toujours chargé de dettes et notoirement insolvable7.

Pour signer ses travaux, le maître employa une estampille où son prénom figure en toutes lettres, orthographié à l’allemande : CASPAR SCHNEIDER. Sa marque fut découverte, il y a une quarantaine d’années, sur un précieux guéridon provenant du mobilier de Marie-Antoinette à Saint-Cloud et qui orne aujourd’hui le Petit Trianon 8. Cette table de forme ovale, très mince de corps, repose sur quatre pieds légèrement obliques, reliés par des entretoises qui supportent une cassolette. Le dessus est en marbre blanc serti dans une galerie à jour. Le reste du meuble, en bois d’acajou, porte des appliques de bronze doré, des motifs en bronze patiné à l’antique, des médaillons en biscuit de Sèvres et des peintures sous verre dans le goût de Degault. L’ensemble a de la légèreté, de la fraîcheur, de l’éclat, mais manque un peu de grâce et produit un effet plus bizarre que plaisant. On connaît d’autres oeuvres du même ébéniste, également exécutées avec beaucoup de soin. Je possède de lui une petite commode demi-lune que représente la planche LX.

SCHNEIDER (Jean), beau-frère de Gilles Joubert 9, ébéniste de Louis XV, fit enregistrer ses lettres de maîtrise à Paris le 5 octobre 1757 I0. Il résidait alors à Choisy, où il était employé au château, ayant pour principale attribution d’entretenir la table volante qui servait aux petits soupers du Roi11. Cette table, qu’une machine actionnée à bras d’hommes faisait disparaître sous le plancher et remonter toute servie, ne se manœuvrait point sans heurts, de sorte que son mécanisme et ses marqueteries nécessitaient de continuelles réparations.

1. Arch. nat. Reg.des Maîtrises. Y. 9328. 7. Id. Bilans, cart. 103, bil. du march. de bois Delor, 1806.

2. Arch. nat. O1. 3634. 8. Ce meuble a été reproduit dans de nombreux ouvrages,

3. Liste générale des Mes Men-Ebèn. de Paris, 1787-1789. et notam , dans le Dicl . de V Ameublement de H . Havard, t. III,

4. Arch. nat. O1. 3635 à 3650 (mémoires de Hauré, 1785- col. 1113.

1788). 9- V. Arch. de la Seine. Bilans, cart. 52, bil. de la veuveMi-

5. Id. D. xxixbis, 6, n° 94. Affaire Schatzel, juin 1790. geon, march. ébén., 2 juillet 1779 ; le nom est écrit « Chenesdre ».

6. Arch. de la Seine. Enregist. Tables des Décès. Q?. 69, 10. Arch. nat. Reg. des Maîtrises . Y. 9331.

27 frim. an VIII. 11. Id. O1. 2262 et suiv. V. ci-dessus, page 168.

Cte F. DE SALVERTE. - LES ÉBÉNISTES DU XVIIIe SIÈCLE.

Planche LX

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