‹ Les ébénistes du XVIIIe siècleChapitre 360 sur 397 · Liste générale des Mes Men.-Ebén. de Paris · texte numérisé non relu

Liste générale des Mes Men.-Ebén. de Paris

13. Arch. nat. Y. 12040. Information après le décès de Jeanne-Madeleine Gareau, veuve Saint-Georges, 11 oct. 1753.

les deux maîtres conservaient leur indépendance et chacun poinçonnait ses propres ouvrages. Ils travaillèrent ensemble jusqu’en 1780 puis Claude Séné cessa d’exercer sa profession et vint demeurer chez l’aîné de ses fils, auprès duquel il mourut le 24 juillet 1792 1 2. Ses productions sont marquées C & SEME, en grands caractères, avec l’N à rebours et un défaut de gravure qui donne à la lettre initiale l’aspect d’un G plutôt que d’un C. Il a laissé de très bons morceaux, comme une chaise Louis XV appartenant au musée des Arts décoratifs, deux sièges à gerbes, en noyer verni, conservés au palais des Archives, et une bergère à dossier lobé faisant partie de notre Mobilier national 3. Je possède du même auteur une paire de petits fauteuils, qui unissent avec hardiesse des accotoirs contournés aux lignes rigides de leurs dossiers carrés et de leurs pieds en gaîne. La production la plus remarquable que l’on connaisse de ce maître est un superbe canapé à confidents de l’ancienne collection Ed. Smith 4 5 (planche LXII).

Jean-Baptiste-Claude, dit l’aîné, fils du précédent, naquit en 1748 b Comme son père, il gagna la maîtrise fort jeune, le 10 mai 1769 6 7, et, six mois plus tard, s’établit rue de Cléry dans une maison ayant pour enseigne le Gros Chapelet1. Un document daté de 1771 fait connaître qu’il occupait cet immeuble moyennant un loyer annuel de 850 livres 8. Artisan habile et laborieux, J.-B. Séné acquit dans son métier une brillante réputation. A partir de 1785, il devint fournisseur de la Couronne. Les archives du Garde-meuble et des Menus Plaisirs nous ont conservé la description d’une quantité de ses ouvrages, comprenant des lits et des sièges en tous genres, des tables et des consoles, des écrans et des paravents, des chancelières et même des niches à chien déguisées sous des formes diverses 9. Avec le concours des sculpteurs Guérin, Alexandre et Vallois, il produisit des meubles magnifiques pour le palais de Saint-Cloud. Ceux qui devaient servir dans les appartements du Roi présentaient les emblèmes de la Force, de la Sagesse, de la Justice, de la Tempérance ; ceux destinés à la Reine portaient les attributs de l’amour, les lis de France et les aigles d’Autriche 10. Séné livra pour le même château de singuliers fauteuils de salon à dossier articulé ", et, pour la loge royale au théâtre de Versailles, des sièges spéciaux avec des châssis tournants ,2. Une de ses oeuvres capitales fut la menuiserie du fameux lit de Marie-Antoinette que l’on admire encore au palais de Fontainebleau. Il concourut à l’exécution de ce meuble monumental en 1787, sous la direction du sculpteur Hauré, qui s’était adjoint ses confrères Martin, Boureffe et Girard pour les modèles, Jacques Lena pour les moulages et Pierre Laurent pour l’exécution. Les dorures furent entreprises par Chatard, peintre du Roi, rue du Faubourg Montmartre I3. Plus tard J.-B. Séné construisit le dais qui surmontait le trône de Louis XVI à l’Assemblée des États généraux. Ce vaste baldaquin portait au

1. Arch. de la Seine. Livres de Commerce. Reg. 4207, carnet du men. J.-E. Saint-Georges.

2. Arch. de la Seine. Enregist. Tables des Décès. Q.8. 32. — Annonces, Affiches et Avis divers, 1792, p. 3320 et 3741.

3. Ern. Dumonthier. Le Mobilier national. Bois de sièges, t. I, planche 22.

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