‹ Les ébénistes du XVIIIe siècleChapitre 361 sur 397 · Id. O · texte numérisé non relu

Id. O

13. Arch. nat. CK 3645 ; O'. 13642 (mém. de Hauré, 2esem. 1787) et O1. 3646 (mém. de Chatard). — Ce meuble, dont on ignorait jusqu’à présent les auteurs, a été souvent reproduit dans les ouvrages traitant du mobilier français au xvme siècle. V. notam. A. de Champeaux. Le Meuble, t. II, p. 263, et H. Havard. Dict. de l'Ameublement, t. III, col. 393-394.

LES ÉBENTSTES DU XVIIIe SIÈCLE

fronton le masque du Soleil, aux angles des trophées d’armes, et sur le faîte un groupe d’enfants, plus grands que nature, tenant la couronne royale au-dessus d’un globe aux armes de France Le maître achevait alors de meubler le pavillon de Madame Élisabeth à Montreuil1 2 3 ; il avait travaillé aussi pour Madame Louise à Saint-Denis 5, pour le comte de Provence4, le prince de Condé s, le duc de Penthièvre 6, pour la princesse de Lamballe et la duchesse de Polignac 7. F.n 1790, cet artisan fut délégué par la section de Bonne-Nouvelle à la seconde Assemblée électorale de Paris 8. Après avoir servi la Cour jusqu’à la chute de la royauté, il resta en faveur auprès de 1 administration du Garde-meuble, car il fabriqua en 1794 cent bureaux à gradins destinés aux fonctionnaires de la République et reçut l’année suivante la commande d’une autre série de cent bureaux pareils 9. Il continua d’exercer avec succès jusqu’à sa mort, qui survint le 10 février 1803 I0 *.

Sa marque I. B. SENE se rencontre fréquemment sur des ouvrages de la plus belle qualité, qui ne le cèdent guère à ceux de Georges Jacob pour l’élégance des modèles et la finesse de la facture. Beaucoup de pièces fournies par cet artiste à la Cour sont maintenant dispersées dans les collections particulières; néanmoins l’État en possède un bon nombre, dont on peut voir des exemples aux palais de Compïègne, de Fontainebleau, de Trianon et dans les petits appartements de la Reine à Versailles. Les magasins du Garde-meuble renferment d’autres sièges du maître, notamment une bergère d’un type original représentée sur notre planche LXII, et un fauteuil de bureau dans la forme d’un trône étrusque, remarquable production de sa vieillesse “. Le Louvre montre de lui un beau fauteuil qui fait partie du legs Camondo ,2, et les Archives nationales d’assez curieuses chaises avec le dossier en grille. Dans le Musée Condé à Chantilly se trouve un important mobilier de salon fait par Jean-Baptiste Séné pour le duc de Penthièvre au château d’Eu.

Claude II, dit Je jeune, frère du précédent, s’adonna au même genre de travaux. Admis à la maîtrise le 31 juillet 1769 I5, il prit bientôt après un atelier pour son compte, rue du Faubourg Saint-Denis. En 1783, il dut déposer son bilan, qui mentionne parmi ses créanciers le tourneur Girardin, les sculpteurs Vinache et Suard I4. L’année suivante, on le retrouve installé dans le voisinage de Jean-Baptiste Séné, rue de Cléry, n° 137. Il obtint alors quelques commandes pour les maisons royales en collaboration avec les sculpteurs Julliac, Vinceneux, Cherinet Bernier15. Son atelier sombra dans la tourmente de la Révolution l6. Comme son père, il signait C. SENE, mais son poinçon se distingue par des lettres moins grandes, frappées correctement, et par l’absence

Page 1