‹ Les ébénistes du XVIIIe siècleChapitre 378 sur 397 · Arch. nat. Reg. des Maîtrises. Y · texte numérisé non relu

Arch. nat. Reg. des Maîtrises. Y

12. Annonces, Affiches et Avis divers, 1778, p. 1451 (sous le nom de « Tirelle » ).

13. Alm.du Commerce, d’Arts et Métiers pour la Ville de Bordeaux, année 1784, p. 254.

TRAMEY (Jacques) travaillait comme artisan libre au faubourg Saint-Antoine, quand une saisie de ses ouvrages pour contravention aux privilèges corporatifs 1 lui fit solliciter des lettres de maîtrise qu’il obtint le 6 octobre 1781 2. Il exerça dans la Grande rue, puis rue de Charonne, jusqu’à la Révolution. Sa marque J. TRAMEY a été relevée sur des commodes et consoles de fabrication courante 3. Dans la vente Henri B.-Lasquin figurait une jardinière provenant de son atelier fi

TRICOTEL (Alexandre-Rock) devint maître menuisier-ébéniste à Paris le 14 février 1767 fi En 1779, la jurande de la communauté lui intenta un procès pour une infraction aux règlements professionnels 6. Il habitait alors rue du Faubourg Saint-Antoine, d’où il se transporta peu après rue Amelot. Il paraît avoir vécu jusqu’au début de l’Empire. On n’a encore trouvé qu’une seule pièce portant son estampille A. TRICOTEL. C’est un secrétaire de la fin du temps de Louis XV, orné de paysages maritimes et de figures allégoriques en incrustation de bois et d’ivoire sur fond jaune. Tricotel n’a dû faire que le bâti de ce meuble; les décorations, traitées dans le goût allemand, paraissent l’ouvrage d’un marqueteur d’origine étrangère, qui a signé l’un des panneaux du monogramme M. W. 7 Faut-il voir dans ce chiffre les initiales de l’ébéniste Mathieu Woltz ?

TRINCHARD (François), connu surtout comme l’un des suppôts de la Terreur8, était un menuisier-ébéniste, né à Marseille en 1760. Après avoir servi aux dragons de Bourbon, puis dans la garde nationale de Paris, il s’installa en 1792 rue Thibaut-aux-dés. Il prétendait entreprendre « tout ce qui concerne la menuiserie en meubles et en bâtimens », mais les temps étaient durs et il trouvait difficilement du travail. Fleuriot-Lescaut, premier substitut de Fouquier-Tinville, le fit nommer juré au Tribunal révolutionnaire, place qui rapportait 18 livres par jour. Le rôle lui plut, car le gaillard n’avait ni préjugés, ni scrupules, comme il le proclamait d’un mot lapidaire en se disant l 'homme de la nature. Après le procès de l’infortunée Marie- Antoinette, sa première victime, il écrivit tout glorieux : « Je t’aprans, mon frerre, que j’é été un des jurés qui ont jugé la bête féroche qui a dévoré une grande partie de la république, celle que l’on cal ifioit si deven de raine ». Il expédia ensuite à la mort, coup sur coup, les vingt Girondins, le duc d’Orléans, Hébert et sa bande, Danton, Chabot, Camille Desmoulins, la fournée de magistrats dont faisaient partie Pasquier, Molé, Rosanbo, d’Ormesson, puis la pure et charmante Madame Élisabeth. Son zèle ne resta pas sans récompense. Admis aux Jacobins, Trinchard devint président de la section du Muséum, dont il porta le drapeau à la fête de l’Être Suprême, peu de jours avant que le 9 thermidor clôturât la liste de ses exploits. Son tour vint alors de comparaître devant le redoutable Tribunal, mais il eut la chance d’être acquitté comme

1. Arch. nat. H3. 2118. Comptes de la Communauté pour 6. Arch. nat. H3. 2118. Comptes de la Communauté, 1780.

l’exercice 1780-1781. V. ci-dessus, p. 290, note 13. 7. A de Champeaux. Le Meuble, t. II, p. 170 et Notes mss.

2. Liste générale des Men.-Ébén. de Paris, 1782-1789. (Bibl. des Arts décor., X, 45). Ce meuble se trouvait en 1885

3. A. de Champeaux. Le Meuble, t. II, p. 290, et Notes mss . chez M. Bac, à Paris.

(Bibl. des Arts décor., X, 45).— H. Vial, A. Marcel et A. Giro- 8. V. au sujet de ce personnage: H. Wallon. Le Tribunal

die. Les Artistes décorateurs du Bois, t. II, p. 173. révolutionnaire de Paris. Paris, 1880. — A. Dunoyer. Deux

4. Vente à Paris, déc . 1919, n° 193. Jurés du Tribunal révolutionnaire : Villatte et Trinchard. Paris,

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