‹ Les ébénistes du XVIIIe siècleChapitre 394 sur 397 · CHRISTOPHE WOLFF · texte numérisé non relu

CHRISTOPHE WOLFF

Commode en marqueterie à sujets chinois, époque fin Louis XV. (Musée des Arts décoratifs).

acier se détachent des cuivres ravissants, et les pieds, d’une ténuité presque paradoxale, se terminent par des cariatides inspirées des fresques de Pompeï. Weisweiler créa toute une série de pièces dans ce style original. La galerie Wallace à Londres renferme un secrétaire orné de porcelaines peintes, qui présente aux angles de pareils motifs à bustes de femme et, sur son entretoise, un médaillon au chiffre de la Reine \ Dans la collection du baron Edmond de Rothschild se trouvent deux pièces identiques aux précédentes, sauf que les panneaux du secrétaire sont en laque et le dessus de la table en sèvres. Le roi d’Angleterre possède un meuble d’entre-deux qui rappelle, avec la même interversion, une des commodes faites pour Mesdames de France au château de Bellevue 1 2 3 4. On peut rapprocher de ces œuvres une curieuse petite table ayant figuré dans une vente anonyme à l’hôtel Drouot, le 31 mai 1922 : c’est une sorte de guéridon soutenu par trois paires de colonnettes en bronze doré, au milieu desquelles une tige en balustre supporte un second plateau circulaire. — Outre de semblables morceaux, le maître a laissé de très bons ouvrages en acajou dans un genre plus simple. Il suffira de citer un pupitre pour écrire debout conservé dans notre Mobilier national, une commode provenant du palais de Fontainebleau, qui faisait partie de l’ancienne collection Dommartin à Lyon 5, et un grand bureau que possédait naguère M. T. Broëtfi

WESWAL(?). — Maze-Sencier, dans son Livre des Collectionneurs, signale un ébéniste de ce nom, établi à Paris, en 1 774 s. J’ai seulement trouvé trace d’un ouvrier homonyme, Henri Westfal, né en 1756 et qui habitait sous Louis XV au faubourg Saint-Antoine6; mais celui-ci ne semble avoir obtenu ni lettres de maîtrise, ni brevet de privilège.

WIESSER était compagnon ébéniste à Paris lorsqu’il prit part au siège de la Bastille. D’après les témoignages de ses frères d’armes, il s’élança l’un des premiers à l’assaut de la forteresse, avec quatre autres jeunes gens, dont trois furent tués par une décharge de mousqueterie 7. Wiesser exploita dans la suite un atelier rue de Turenne, n° 3 3 8. Le Garde-meuble impérial lui commanda en 1811 quelques meubles en noyer9.

WILCOM (Christian-Gothard), reçu maître à Stockholm en 1763, mourut deux ans plus tard. Au château royal de Gripsholm est conservée une commode de marqueterie portant une signature peu lisible qui paraît celle de cet ébéniste I0.

WILLIAMS (Henry), menuisier en meubles à Londres, fut attaché au service du roi George II depuis 1729 jusqu a 1760 Ses fournitures comprenaient des tables à jeu et de toilette, des bois de lits, des sièges ordinaires et de luxe. En 1757, il exécuta pour la Chambre des Lords une suite de soixante chaises en noyer, les fonds recouverts de cuir gaufré.

1. Catalogue of the Furniture... in the Wallace Collection, London, 1906, p. 346. Gai. XX, n° 6.

2. G. -F. Laking. The Furniture of Windsor Castle, London, 1905, p. 156 et pl. 21. — Cf. ci-dessus, p. 46 et pl. IX, n° 3.

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