Liste générale des Mes Men.-Ebèn. de Paris
9. Arch.de la Seine. Bilans, cart. 28, 21 juin 1768 ; cart. 31, 26 avril 1770 ; cart. 45, 1775 ; cart. 44*, 22 juillet 177 7. — V. aussi Ibid., c art. 26, bilan du mardi. Labrune, 1767; cart. 32, bil. du march. Simon Giraud, 1770; cart. 35, bil. du march.
J.-D. Garnier, 1772; cart. 36, bil. du tap. J. -B. Letellier 1772 ; cart. 48*, bil. du tap. Barbeillon 1779; cart. 72, bil. du tap., L. Bigot, 1788; cart. 1 1 5 , bil. de Tricot-Ferrin, march. tap. à Versailles, 1777, etc.
10. Annonces, Affiches et Avis divers, 1777, p. 1380; — 1785, p. 3444.
11. La vente Wertheimer (Londres, 1892) renfermait une table en marqueterie signée conjointement par Evalde et Boudin. — A la vente de la vicomtesse de Rainneville (Paris, 1909) figurait un chiffonnier en bois de rose, portant les deux marques de Boudin et Denizot. — Dans celle de Mn>e C. Quéniaux(i9o8) parut un secrétaire de Gilbert contresigné par Boudin. — Le livre de commerce de Topino (Arch. de la Seine. Reg. 395) mentionne des ouvrages fournis à ce marchand ébéniste entre 1772 et 1775.
du faubourg Saint-Antoine et son magasin près du Louvre, l'obligeait à utiliser de plus en plus la main-d’œuvre de ses confrères. Dans les dernières années du règne de Louis XVI, il avait fini par quitter son ancien état pour se consacrer à la profession de tapissier décorateur, ainsi qu’en témoignent les Tablettes de Renommée parues en 1791, puis les éditions successives de Y Almanach du Commerce publiées sous le Directoire et le Consulat.
Cet homme, parti de l’humble condition d’ouvrier à tâche pour devenir un des principaux négociants de son époque, avait donné un exemple remarquable d’intelligence et d’énergie. Non moins acharné au travail que subtil en affaires, il était parvenu à édifier sa fortune avec une âpreté tenace, souvent mesquine, et même retorse ’. A cet esprit positif, il joignait un sen ment inné de l’art. Les nombreuses pièces qui nous sont parvenues portant sa marque L. BOU- DIN attestent la finesse de son goût. Presque toutes se distinguent par leurs jolies lignes, leurs proportions harmonieuses, leur aspect léger et pimpant. On peut signaler, parmi les meilleures, des bureaux de dame ingénieusement agencés, des secrétaires ouvrant à coulisse et des commodes galbées de la plus souple et délicate élégance (pl. VI). Il serait toutefois téméraire d’attribuer au maître lui-même l’un quelconque de ces ouvrages. Nous savons en effet que Boudin ne se faisait pas faute de signer les meubles que lui apportaient ses fournisseurs et même ceux qu’il se procurait d’occasion. La preuve en est faite par une encoignure de l’ancienne collection Josse 2 sur laquelle on a relevé son nom avec celui de l’ébéniste J. -P. Latz, qui était mort depuis plusieurs années quand lui-même commençait sa carrière. En réalité Boudin employa son estampille comme une marque de commerce plutôt que de fabrique. Néanmoins sa signature n’est jamais négligeable, en raison de la compétence qui le guidait dans ses achats et de l’orgueil qu’il attachait à la renommée de sa maison.
BOULARD (Jean-Baptiste), menuisier parisien, un des fournisseurs ordinaires du mobilier de la Couronne, né vers 1725, inhumé le 29 mars 1789 3. Après avoir passé maître le 17 avril 1 7 54 4, il s’établit rue de Cléry et gagna peu à peu la réputation qui lui valut d’être attaché en 1777 au service du Garde-meuble. Depuis lors, il exécuta pour les maisons royales des travaux considérables, qui se montèrent à un total d’environ 60.000 livres5. Le plus important fut la menuiserie du magnifique lit de Louis XVI à Fontainebleau. Il l’entreprit en 1785, sous la direction du sculpteur Hauré, en collaboration avec cinq autres ornemanistes : Martin et Lena pour les modèles, Laurent, Metivier et Vassal pour l’exécution. Le corps du meuble, en fort bois de tilleul, était flanqué aux angles de colonnes en chêne. Au dossier, deux motifs à volutes accompagnaient une console d’acanthe soutenant une cassolette garnie de fleurs. Le dais à double châssis portait des branches de pavots, des guirlandes de laurier, des cornes d’abondance et, sur
1. Les archives du Consulat de Paris le montrent sans cesse en procès avec ses clients ou fournisseurs. (Arch. de la Seine, Rapports, cart. 7, différend avec le tap. Guénois l’aîné, 8 janv.
i773 ;cart. 8, litige avec le marchand Cellier. 19 oct. 1773; cart. 22, procès avec le march. Langlois, 7 vent, an VII ; cart.
28, procès avec le men. Faureson, 4 frim. an VIII; cart. 31,
différend avec l’hôtelier Miniac, 15 fruct. an XI ; cart. 41, litige avec son fournisseur Chevreau; ibid. différend avec le me men.
Clément, oct. 1777, etc.) — Ces affaires portent parfois sur des
sommes insignifiantes et, dans plusieurs d’entre elles, la bonne foi de Boudin paraît fort douteuse.