Id. O2. 483 ; O2. 503 à 513 ; O2. 558, etc
15. Cf. Ern. Dumonthier. Le Mobilier national. Bois de Sièges, où sont reproduits plusieurs ouvrages de J. -B. Boulard (pl.xvi, XXVI, xxix, xxx, xxxvii).
16. Carie Dreyfus. Musée du Louvre. Mobilier des XVIIe et XVIIIe s., 2e éd. [1922], n° 218.
17. Vente de M. J. D..., Paris, mai 1906, n° 151 du catalogue.
18. Ventes à Paris, 5 juin 1890, n° 191 ; 21 mai 1891, n° 194 ; 11 mars 1898, n° 179 ; 22 mai 1902, n° 193.
19. V. au sujet de cet artiste : Ch. Asselineau, André-Charles Boulle, èbén. de Louis XIV, Alençon, 1854. — Jal, Di et. crit. de Biographie, 1872. — H. Havard. Les Boulle, Paris, s. d. — D. Guillemard, Les Maîtres ornemanistes, Pàris, 1880. — J. Guiffrey, Scellés et Inventaires d'artistes français (dans les Nouv. Arch.
trouver la preuve, que des liens de parenté le rattachaient à un autre artisan du même nom, Pierre Boulle, natif du bourg de Verrières, au comté de Neufchâtel en Suisse, et qui fut ébéniste royal sous Louis XIII. Doué des aptitudes les plus variées pour la décoration, André- Charles cultiva dans sa jeunesse le dessin, la peinture et la sculpture, avec un succès qui lui mérita d’être reçu plus tard membre de l’Académie de Saint-Luc. Dès 1664, il s’établit comme ouvrier libre, sous les franchises de l'Université, dans une boutique dépendant du collège de Reims, près de l'abbaye Sainte-Geneviève, pratiquant à la fois la peinture et la marqueterie. En ce dernier genre d’ouvrages, il surpassa bientôt tous ses rivaux : il n’avait pas trente ans, lorsque Colbert le désigna au Roi comme « le plus habile de Paris dans son métier » ', et lui fit obtenir, le 22 mai 1672, un logement aux galeries du Louvre. Dans la suite, Louis XIV combla Boulle des marques de sa faveur et le nomma son premier ébéniste par un brevet le qualifiant d’architecte, peintre, sculpteur en mosaïque, graveur, ciseleur, marqueteur et inventeur de chiffres. Comme hôte du souverain, l’artiste se trouvait soustrait au régime corporatif qui interdisait le cumul des professions, de sorte qu’il pouvait également travailler le métal et le bois. Avec une vingtaine de menuisiers et de marqueteurs, il comptait parmi ses ouvriers plusieurs spécialistes occupés à fondre, ciseler et dorer le bronze.
Les années qui suivirent son installation au Louvre furent les plus brillantes de sa carrière. La correspondance administrative et les comptes de l’époque prouvent l’importance de son rôle dans les vastes embellissements par lesquels Louis XIV transformait alors les maisons royales. Attaché au service des Bâtiments, Boulle eut à revêtir de riches incrustations des salles entières comme le cabinet des bijoux du Grand-Dauphin à Versailles, qui passait dans l’opinion des contemporains pour la principale curiosité du château et le chef-d’œuvre du maître. En même temps, il fournissait à la Couronne une profusion d’armoires, de bureaux, de commodes, de scabellons, d’horloges en marqueterie, aussi bien que des lustres et des girandoles de bronze doré. Il faisait même des sièges ornés d’écaille et de cuivre 2. Des meubles magnifiques lui furent commandés pour le Roi, pour la Reine, pour le duc et la duchesse d’Orléans, le Grand Condé, le duc de Bourbon, le prince et la princesse de Conti. Sa renommée passa les frontières. Après les ducs de Lorraine et de Savoie, le roi d’Espagne Philippe V, l’électeur de Bavière, l’évêque de Cologne voulurent avoir des productions du grand ébéniste. Il travailla pour l’hôtel du prince de Condé3 et pour la célèbre Julie d’Angennes, duchesse de Montausier +. Les financiers comme les seigneurs se disputaient ses œuvres, et l’on raconte qu’il obtint 50.000 livres d’un bureau vendu à Samuel Bernard.
Cependant Boulle vécut toujours dans la gêne. Les retards abusifs avec lesquels le Roi et beaucoup de ses clients s’acquittaient envers lui expliquent en partie sa mauvaise situation5. Possédé en outre par la fureur des collections, il achetait sans compter des tableaux, des
de V Art français, 1883-1886). — A. de Champeaux. Le Meuble, t. (10 fév. 1686), t. III, col. 664 (9 déc. 1692).
II, p. 60-97. — E. Molinier. Hist. des Arts appliqués àl'Indus- 3. G. Maçon. Les Arts dans la maison de Condé. Paris, 1903, trie, t. III, p. 56 et suiv. — H. Vial, A. Marcel et A. Girodie. p. 61.
Les Artistes décorateurs du Bois, Paris, 1912, t. I, p. 56-61, et les 4. Un bureau exécuté par Boulle pour l’héroïne delà Guirsources originales indiquées dans ce dernier ouvrage. lande de Julie faisait partie de la vente après décès de Mme la mar-
1. Correspondance administrative de Louis XIV , t. VI, maii672. quise du Plessis-Bellière (Paris, mai 1897, n° 6).
2. J. Guiffrey. Comptes des Bâtiments du Roi, t. II, col. 891 5. J. Vaillant. Arch. de l'Art français, 1885, p. 88.
Cte F. DE SALVERTE. — LES ÉBÉNISTES DU XVIIIe SIÈCLE.
Planche VII