CAREL
Bureau de dame, en marqueterie à fleurs de bois de bout, époque Louis XV.
(coll. Van Dyck).
BRUNS (Jean-Antoine), ébéniste du roi Louis XVIII, était un survivant de l’Ancien régime qui avait été admis dans la corporation parisienne le 17 mai 1 782 U Fidèle aux habitudes de sa jeunesse, il signa toujours ses travaux avec sa marque de maîtrise J. A. BRUNS. On connaît quelques bons meubles en bois de placage datant des premières années de sa carrière, alors qu’il résidait rue Saint-Nicolas; mais sa renommée semble setre développée surtout après la Révolution. Il fut un des rares ébénistes qui participèrent à l’exposition de l’an VI1 2 et, vers cette époque, donna la mesure de ses mérites en exécutant pour le littérateur d’Aucour Saint Just, une pièce remarquable qui fait maintenant partie des collections de l’État. C’est un fauteuil de bureau en acajou, de forme circulaire, orné de colonnes doriques et de gaines à têtes de sphinx, avec des riches incrustations de cuivre et d’écaille (planche VIII). Plus tard Bruns obtint des commandes officielles pour le service des ministres et des hauts dignitaires de l’Empire. Ses fournitures comprenaient principalement des tables à jeu, des consoles de salon et de grandes armoires en acajou massif3. Il continua d’être employé par le Garde-meuble sous la Restauration et fit pour Louis XVIII un guéridon à trois pieds, en racine d’orme, le dessus décoré d’une mosaïque en bois de couleurs, que l’on peut voir au palais de Fontainebleau avec des sièges provenant aussi de son atelier. Le titre d’ébéniste royal lui fut conféré en 1820 4. Bruns, ayant plusieurs fois changé d’adresse, résidait alors rue Saint-Antoine, n° 205. — Cet habile fabricant laissa un fils qui, après avoir été son associé, lui succéda en 1824 comme fournisseur breveté de la Couronne 5 *.
BUCHETTE (François-Henry), ébéniste parisien, reçu maître le 2 mai 1770 é, exerça sur la butte Saint-Roch, d’abord rue des Orties et ensuite rue d’Argenteuil. Sa maison, qui paraît avoir eu peu d’importance, est citée dans X Almanach du Commerce jusqu’en 1807.
BURB. — On désigne parfois sous ce nom conventionnel l’auteur de beaux meubles Louis XV en laque et en marqueterie sur lesquels figure une estampille énigmatique formée des quatre lettres B. V. R. B. L’identité de ce prétendu « Burb » reste à découvrir ( Voy . Introduction, p. xv).
BURETTE (Charles-Marin), fabricant de meubles, établi à Paris, rue Chapon, sous le Consulat, termina sa carrière rue d’Orléans-Saint-Marcel vers la fin de l’Empire. A l’Exposition de 1806, la médaille d’argent lui fut décernée pour des ouvrages « exécutés avec une précision remarquable » 7, notamment une table à jeu présentant des têtes égyptiennes ciselées en rondebosse et dorées au mat. En 1810, la Société d’Encouragement pour l’industrie nationale ayant mis au concours la fabrication d’un meuble dans lequel ne devaient entrer que des bois d’arbres indigènes ou acclimatés en France, Burette remporta un prix de 400 francs pour un « très beau secrétaire » plaqué d’orme tortillard8. Il s’était fait une spécialité des ébénisteries en bois d’orme
1. Liste générale des Mcn. -Ebén. de Paris, 1785-1789. en articles tels que bibliothèques, comptoirs de boutique, et
2. Catalogue de VExp. de Van VI, p. 6. généralement tous les meubles de goût ».
3. Arch. nrt. O2. 513, mai-nov. 1811. 6. Liste générale des Mên.-Ebén. de Paris, 1782-1789.
4. Alm. du Commerce, 1821-1823. 7. Exposition de 1806. Rapport du jury.
5. Ba^ar Parisien 1825 : « Bruns fils, rue Saint-Antoine, 8. Annonces, Affiches et Avis divers, 1810, p. 3815. Rapport
n° 205. Breveté delà Couronne ; il fabrique la riche ébéuisterie de la Séance générale de la Société d’Encouragement, juillet 1810.
Les Ébénistes du XVI IP siècle.
et inventa une machine qui facilitait le placage des loupes \ Ses soumissions pour la fourniture des palais impériaux donnent un aperçu de quelques pièces créées par lui, telles qu’un secrétaire en forme de piédestal et une table de bouillotte dont la ceinture offrait des marqueteries simulant des cartes entrecroisées1 2 3.
BURGAT (Claude-Louis), menuisier parisien, né en 1717 }, passé maître en 1744 4 5, se consacrait à la fabrication des bois de sièges. Établi d’abord rue de Cléry, puis rue Feydeau s, il mourut avant 1782, laissant une veuve qui tomba dans l’indigence et obtint un secours de Louis XVI en 1791 6. Cet artisan, qui signait C. L. BURGAT, a produit de fort gracieux ouvrages. Il est représenté dans les collections de l’État par deux fauteuils dissemblables, finement traités l’un et l’autre à décor de fleurs et rinceaux. Le premier rappelle encore le goût de la Régence, tandis que le second, d’un style plus capricieux, se rattache en plein épanouissement du style Louis XV7. Des sièges du même auteur font partie du mobilier royal de Suède au palais de Stockholm.
BURGEVIN (Jean-Claude), ébéniste parisien, né vers 1 667 8, mort le 2 juillet 1743 9. Ce maître produisit des meubles de luxe avec le concours du vernisseur J. -B. Gabriel, du fondeur Delamarre, des doreurs Pin et Ligois. Il résida successivement rue Saint-Honoré dans l’enclos des Quinze-Vingts I0, rue de Richelieu 11 et enfin rue Louis-le-Grand, au coin de la rue des Petits-Champs, où il s’éteignit âgé d’environ soixante-seize ans, après avoir travaillé jusqu’à ses derniers jours.
BURY (Ferdinand), dit Ferdinand , né en 1740 12, mourut à Paris le 20 janvier 1795 1 3 - Après avoir obtenu la maîtrise le 27 juillet 1774 ‘4, il s’installa en haut de la rue de Charonne, dans l’ancien écart de Fontarabie, ainsi dénommé depuis le mariage de Louis XIV. Outre des pièces importantes en marqueterie, en acajou, en bois jaune, cet ébéniste fabriquait abondamment des meubles de fantaisie, tels que des tables mécaniques, guéridons à crémaillère, tricoteuses, vide-poches et coffres à secrets ; aussi employait-il surtout des ouvriers de nationalité allemande, qui avaient des aptitudes spéciales pour ces sortes d’ouvrages15. Une partie de ses bronzes provenaient de chez Antoine-André Ravrio, brillant ciseleur dont la réputation balança celle de Thomire. Le soin que Ferdinand Bury apportait à ses travaux lui mérita du succès Ié, mais sa fin fut assombrie par des spéculations malheureuses auxquelles vinrent s’ajouter de cruels embarras causés parla Révolution 17 . Il laissa une renomméequi persistait encore au début