‹ Les ébénistes du XVIIIe siècleChapitre 9 sur 397 · Liste gèn. des Mcs Men. -Ebèn. de Paris · texte numérisé non relu

Liste gèn. des Mcs Men. -Ebèn. de Paris

AUFRÈRE ( Jean) n était pas, comme on l’a dit, un ébéniste1, mais un marchand labletier, fournisseur de la Cour, du duc d’Orléans et du prince de Condé, dans la seconde moitié du régne de Louis XV2. Il tenait boutique rue Planche-Mibray, près du quai de Gesvres3. Parmi les ouvrages de sa profession, Aufrère vendait quelques meubles spéciaux, comme des tables de trou-madame ou de tric-trac, et des boîtes en marqueterie pour les accessoires de jeux.

AVISSE, famille de menuisiers parisiens qui se distinguèrent dans la fabrication des bois de lits et de sièges.

Michel, domicilié rue de Cléry, à Y Image Saint-Joseph, livra au Garde-meuble en 1740 huit fauteuils de toilette pour le château de Choisy4. Le procès-verbal des scellés apposés après la mort de sa femme, le Ier février 1744, mentionne au nombre de ses marchandises beaucoup de pièces garnies en cannage et quelques perroquets ou tabourets pliants 5.

Guillaume, fils du précédent, néen 17206, se forma dans l’atelier paternel. Devenu maître le 24 décembre 1743, il s'établit à son compte rue Poissonnière7. Sous Louis XVI, on le retrouve rue du faubourg Saint-Denis d’où il disparut entre 1782 et 1785 8. Ses ouvrages sont marqués G. AVISSE en grandes lettres espacées irrégulièrement.

Jean, né en 1723 9, gagna la maîtrise le 10 novembre 1745 I0. Dix-huit mois plus tard ll, il s’installa rue de Cléry, secondé dans son commerce par sa femme, Marie-Anne Gourdin I2, qui appartenait elle-même à une famille d'habiles menuisiers. La qualité de ses oeuvres et leur prix modique13 lui attirèrent bientôt les commandes d’une foule de marchands I+. L’un d’eux, nommé Lacoursière, le chargea d’exécuter en 1763 une série de meubles, dont un lit à la polonaise destiné à la duchesse de La Tremoïlle IS. Nous savons que Jean Avisse travailla pour la marquise de Chabannes, la comtesse de Fontenay et pour le chevalier de Lamotte, lieutenant de louveterie au département d’Auvergne, qui lui fit des achats considérables. Cependant, malgré ses talents et son activité, il dut déposer son bilan à deux reprises : une première fois en juin 1769, puis en décembre 1776 l6. Dans l’intervalle, il s’était fait nommer « porte-guidon des gardes de l’Hôtel-de-Ville de Paris », en payant cette charge non moins de 6. 000 livres, ce qui laisse supposer que des goûts d’ostentation l’entraînaient à dépenser au delà de ses moyens et pourraient avoir été l’une des causes de ses embarras pécuniaires. Ceux-ci, heureusement n’eurent pas de graves conséquences : Jusqu’à la Révolution, Avisse continua d’exercer avec suc-

1. L. Courajod. Livre-journal de Lazare Duvatix, nA-bijoutier ord. du Roy, i^S-ijyS. Paris, 1873, Introd. — H. Vial, A. Marcel et A. Girodie. Les Artistes décorateurs du Bois, t. I, p. 10.

2. Arch. nat. O1. 3 3 14, etc. — Eibl. nat. vus. fr. 7870, fol. 70. — Arch. du musée Condé à Chantilly. Comptes du prince de Coudé (1766-1772), cart. 1398, et Reg. des ordonnances, 12 juin 1772.

3. Arch. de la Seine. Livres de Commerce. Reg. 395. Journal de l’ébén. Topino, fol. 16.

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