‹ Les ébénistes du XVIIIe siècleChapitre 91 sur 397 · Id. Reg. des Maîtrises, Y · texte numérisé non relu

Id. Reg. des Maîtrises, Y

les magasins de J. -F. Œben, ébéniste du Roi Après la mort de sa femme, en 1767 1 2, il céda la maison au plus jeune de ses fils pour aller demeurer rue de Grenelle, où il s’éteignit à l’âge de quatre-vingt-six ans, vers le Ier février 1779 3. Il marquait en grandes lettres MCRIAERD, sans point séparatif entre l’initiale du prénom et le nom de famille, ce qui fait parfois attribuer ses ouvrages à un prétendu Moriaerd. Les productions de son atelier se caractérisent en général par des formes très mouvementées et par la fantaisie luxuriante des ornements. Ces pièces sont souvent revêtues de marqueteries à compartiments ou à fleurs 4 5. Mathieu Criard fabriquait également de belles commodes en laque, dont un spécimen a figuré dans l’ancienne collection DemachybOn connaît de lui quelques pièces originales, offrant des panneaux peints en camaïeu dans le goût de Pillement avec des garnitures argentées (planche XIII).

Antoine-Mathieu, fils aîné du précédent, né vers 1724, se fit recevoir maître le 22 avril 1 747 6, mais n’exerça pour son compte que deux ans plus tard7. Il résida successivement rues de Charenton 8, de Richelieu9 et Saint-Thomas-du-Louvre I0, avant de se fixer rue du Bac, où il prit la succession de son confrère Charles Chevallier décédé en 1771. A partir de cette époque, on le trouve fréquemment désigné lui-même sous le surnom de Chevallier. 11 avait dépassé la soixantaine lorsqu’il cessa son commerce, et succomba peu après, le 24 décembre 1787 Cet artisan a laissé de bons ouvrages signés M. CRIARD. Il est représenté au musée des Arts décoratifs par une petite table de chevet en bois de violette.

Sébastien-Mathieu, dit Criard le jeune, frère du précédent, né en 1732, collabora d’abord avec son père, dont il conserva ensuite la maison comme marchand de meubles12. Retiré des affaires il termina ses jours rue Cerutti, le 21 janvier 1 796 I?.

CROUEN (Jacques), né en 1735, devint maître menuisier-ébéniste à Parisle 16 janvier 1765, et mourut le 12 septembre 1 797 I+- H habita rue Basse-du-Rempart, puis rue Taitbout, travaillant à la fois pour le meuble et le bâtiment15. Le marquis de Gouffier fut un de ses clients l6.

CRUCHET (Gabriel), fils et petit-fils de menuisiers tourangeaux, obtint la maîtrise à Tours le 18 avril 1748. Juré de sa corporation en 1766, puis syndic en 1774, il figure encore sur le rôle de la capitation imposée à sa communauté en 1787. 11 faisait des armoires, des secrétaires, des tables à jeu, en chêne et en noyer ‘7.

1. Arch. nat. Zim. 39. Scellés après décès de J. -F. Œben, janv.

1763. (58e opp.). V. aussi Arch. de la Seine, Reg. 5491. (sous le nom de « Criard le jeune »).

2. Arch nat. Y. 1217t. Scellés chez Jacqueline Godelard, épouse de l’ébén. Math. Criard, 29 août 1767.

Page 1