‹ Les ébénistes du XVIIIe siècleChapitre 99 sur 397 · Arch. nat. Y. 14093, 5 mai · texte numérisé non relu

Arch. nat. Y. 14093, 5 mai

DEFORGE (Michel), maître ébéniste à Paris, florissait vers le début du règne de Louis XV. Il tint sur les fonts baptismaux à Versailles, en 1727, un fils de son confrère Louis Voisin, ébéniste du Roi '.

DEFRICHE (Pierre), admis à la maîtrise dans la communauté parisienne le 9 juillet 17661 2, travailla rue Sainte-Marguerite jusque vers 1788. Il eut d’actives relations d’affaires avec le marchand-tapissier Turin, rue Saint-Honoré3. On a trouvé son estampille P. DEFRICHE sur des meubles de qualité courante, en bois de placage à filets de citronnier.

DEHM était fabricant d ebénisteries à Paris, rue du Faubourg Saint-Antoine, n° 270, vers la lin du xvme siècle. Il faisait de beaux ouvrages en acajou ronceux, enrichis de bronzes précieusement ciselés. Sous le Directoire, il vendit au marchand Collignon, boulevard Poissonnière, plusieurs de ses productions, entre autres un secrétaire à colonnes valant 4000 livres4 5. Il continua d’exercer durant tout le règne de Napoléon Ier '.

Le même artisan — ou un homonyme — résidait rue de la Grande-Truanderie au temps de Charles X. Fournisseur de la duchesse de Berry et du duc d’Orléans, cet industriel fut un des premiers qui confectionna les marqueteries à la mécanique. Il imagina en outre de recouvrir ses bâtis d'une feuille de métal avant de les plaquer, pour prévenir les fentes que les bois produisent en travaillant. Des meubles exécutés suivant ces procédés lui valurent une mention honorable à l’Exposition de 1823 6.

DEJON (Jean-Nicolas), né à Paris en 1737, était probablement fils de l’ébéniste Pierre Dejon, dit Nassau, que l’on trouve cité en 1732 parmi les ouvriers du maître j. Dubois7. Luimême travaillait de ce métier dans le faubourg Saint-Antoine lorsqu’il prit parta l’insurrection du 14 juillet8. Nommé membre du comité des Vainqueurs de la Bastille, il se signala par son ardeur révolutionnaire, notamment lors de l’agression dont fut victime son camarade Kabers 9. Après le 10 août, Dejon se fit élire capitaine de gendarmerie. Destitué cinq mois plus tard, ce turbulent personnage termina ses jours à la prison de la Force, le 13 janvier 1801 10.

Antoine-Marie, dit Dejon le jeune, né à Paris en 1761, frère du précédent et comme lui compagnon ébéniste, prit également part au siège de la Bastille. Il fut pensionné à ce titre en 1833 11 .

DELACOUR (Jean-François), reçu maître à Paris le 24 février 1768, exerça rue du Faubourg Saint-Antoine jusque vers 1783 I2. — L’Exposition de l’Art français au xvme siècle, organisée à Bruxelles en 1904, montrait un coffret à décor de fleurs et paysages, en marqueterie de bois de couleur avec incrustations d’ivoire, signé DELACOUR.

1. Arch. mun. de Versailles. État-civil. Paroisse Notre- Dame, 1727. Baptêmes, fol. 84.

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