‹ Les ecclésiastiques et les royalistes français réfugiés au Canada à l'époque de la révolution--1791-1802 [microform]Chapitre 16 sur 81 · Betsy Donavan, perdue à Plymouth · texte numérisé non relu

Betsy Donavan, perdue à Plymouth

Si de ces 44 on défalque les morts et les perdus le long de la route, en Angleterre et au Canada, au nombre de dix, il n'en reste plus que 84. Mais le comte de Puisaye avait eu la précaution d'en remplacer quatre par les suivants :

Boyer à la place de Thomas Jones.

Saly Robinson à la place de Mary Donavan.

Catherine — à la place de Catherine Donavan.

Barbe — à la place de Betsy Donavan.

Toute la colonie ne se composait donc que de 38 personnes, dont 7 femmes.

Elle devait bientôt s'accroître ' de 21 Canadiens pris à gages en qualité de domestiques et d'artisans. C'étaient Valière, forgeron, et sa famille, Mainville, journalier, et sa famille, Gareau, Antoine Laflëche et un nommé le Bonhomme.

Padiou, surnommé le Drama, mourut dans le Haut- Canada, en 1799.

Ces émigrants traversèrent l'océan vers la fin de l'été de l'année 1798, et parvinrent à destination de Québec, le 7 octobre. Le 3 novembre,*le président Russêll écrivait de York au duc de Portland : " J'ai reçu aujourd'hui une lettre de M. de Puisaye, m'annouçant qu'il est arrivé à Québec, le 7 ultimo, avec quelques officiers généraux, supérieurs et subalternes, quelques soldats, et deux femmes, en tout 40

personnes, et qu'il viendrait sans délai me rejoindre dans cette ville. Je lui ai expédié une lettre qu'il recevra à Kingston, dans laquelle je lui dis qu'il est impossible, dans cette saison avancée de l'année, de trouver ici des logements convenables pour recevoir cet hiver un si grand nombre de personnages distingués ; et je le prie, en conséquence, de vouloir bien s'arrêter à Kingston avec sa suite, ou d'en envoyer une partie à l^Tewark, où il pourra plus aisément trouver le moyen de se loger, vu que ces deux endroits sont établis depuis plus longtemps ; et j'ajoute que je serai heureux de le voir ici, afin de nous entendre sur la manière la plus avantageuse d'établir sa compagnie." (1)

L'itinéraire, ainsi tracé par le président du Haut- Canada, fut suivi ponctuellement. Ils quittèrent Québec, heureux en apparence de se voir rendus en bonne condition, mais ce ne fut pas sans une certaine appréhension pour l'avenir qu'ils remontèrent le Saint-Laurent pour aller se fixer dans un lieu que l'on disait malsain et quasi inhabitable.' On leur avait nolisé douze bateaux qui ' devaient servir à les transporter avec leurs bagages. Les royalistes, leurs compagnons et les domestiques arrivèrent à Kingston, le £9 octobre, prêts à aller s'établir dans l'endroit qui leur serait assigné.

(1) Voir cette lettre en appendice, pièce II.

Page 1