AVIS AU LECTEUR
Le cadre de cet ouvrage ne noua permet point de donner des biographies aussi détaillées que nous l'aurions voulu. Sur le nombre, il en est plusieurs qui auraient mérité de plus amples proportions. Ainsi les deux M. Desjardins, M. de Galonné, M. Jean Eaimbault et M. Sigogne, out laissé aprës eux assez d' œuvres, de souvenirs et de corre-pondances pour permettre au biographe de consacrer à chacun un volume entier. Ce travail a été fait pour M. Raimbault ; il est à se faire pour M. Sigogne.
D'autres prêtres, et c'est la majorité, ont mené une existence si humble, si peu mouvementée, dans un modeste presbytère de campagne, qu'il m'a été presque impossible d'en écrire plus long sur leur compte, à moins de reproduire une correspondance officielle, le plus souvent fastidieuse, se rapportant à l'administration de leur paroisse. Tout cela eût été une surcharge au récit et un ennui pour le lecteur. Kous nous sommes contenté, dans ces cas, de biographies brëves, mais aussi substantielles que possible. Donner à chacun son caractère distinctif, sa physionomie particulière, telle a été notre grande préoccupation, comme c'était aussi notre devoir de le faire. Un prêtre enfermé entre les quatre murs d'un presbytère ou d'un collège, a beau se distinguer par ses vertus et sa science, il court le risque de rester toujours dans l'ombre, s'il ne produit aucune
œuvre propre à le mettre en relief. Comment aussi dépeindre un tel homme, quand le biographe n'a souvent pour se guider qu'une tradition vague ou mourante? II ne lui reste alors d'autre alternative que de recourir au silence ou de mettre au jour le peu qu'il connaît. îfous avons préféré la dernière, au risque de rencontrer des censeurs. D'avance nous nous inclinons devant leur jugement.
Quoi qu'il en soit, nous avons cru bien faire en livrant à la publicité ces biographies. Toutes sommaires qu'elles sont, elles nous ont coûté assez de travail, pour que nous soyons justifiable de réclamer l'indulgence du public. Celui-ci doit se douter de ce qu'il faut de perquisitions pour écrire la vie d'un seul individu. S'il s'agit de quarante-cinq personnages, la besogne s'accroît dans des proportions assez faciles à concevoir. Et lorsque l'écrivain se trouve en présence de curés, dont les carrières se ressemblent toutes, il lui devient diflB.cile d'éviter la monotonie. Plaise au Ciel que ce soit l'unique reproche justement mérité !