‹ Les ecclésiastiques et les royalistes français réfugiés au Canada à l'époque de la révolution--1791-1802 [microform]Chapitre 21 sur 81 · L'ABBE JEAK-BAPTISTE ALLAIN · texte numérisé non relu

L'ABBE JEAK-BAPTISTE ALLAIN

Né en 1738, M. J.-B. AUain est le premier prêtre français qui ait abordé à nos rivages durant la période révolutionnaire. Il avait été ordonné le 24 septembre 1763, et lorsqu'il arriva à Québeo, dans les premiers jours de juin 1791, c'était déjà presque un vieillard. Mgr Hubert accueillit avec sa bienveillance ordinaire l'ecclésiastique persécuté, banni de sa petite paroisse de France, où il avait vécu dans la paix la plus profonde jusqu'à l'époque néfaste de 1789. Pour lui donner une preuve tangible de sa confiance, le Prélat lui ofirit la desserte d'une de ses belles paroisses. C'était trop exiger de cet humble apôtre, qui, se croyant indigne d'une si grande faveur, ne cacha "pas sa prédilection pour les missions lointaines, où. son zële pourrait se déployer sur un champ beaucoup plus vaste. Après avoir écouté et accepté les bonnes raisons de son nouveau subordonné, Mgr Hubert lui offrit la mission des îles de la Madeleine, avec juridiction sur les îles du Cap-Breton et Madame et les postes circonvoisins. Le nombre de catholiques dispersés sur cette immense région n'était pas considérable, à la vérité, mais il fallait bien que quelqu'un se résignât à pourvoir à tous, dût-il lui en coûter des voyages pénibles, des déplacements souvent renouvelés. Il s'y trouvait des Ecossais, des Acadiens, des sauvages Malécites, de sorte que le missionnaire, tout actif qu'il fut, devait être doué

d'an zële plus qu'ordinaire pour opérer tout le bien que son supérieur était en droit d'attendre de lui. L'abbé Allain ne fit pas d'objection, et il se transporta aux îles de la Madeleine, plus heureux que s'il avait été nommé à la cure de Québec. Il dev.<iifc demeurer pendant vingt et un ans sur ces îles perdues eu plein golfe Saint-Laurent, loin de ses confrères, privé de communications régulières avec le monde entier. Ce furent, pour ce prêtre selon le cœur de Dieu, autant d'années de bonheur. Entouré de ce petit peuple aux mœurs douces et pures, il put mener la vie d'un véritable solitaire, partageant ses heures entre l'étude, la prière et le service pastoral. Son ambition n'allait pas au delà. Aussi ne demanda-t-il jamais son rappel, ni une cure moins difficile. Vers l'année 1800, l'évêque de Québec envoya d'autres missionnaires au Cap-Breton. La besogne de M. Allain se trouva un peu diminuée, et il put se consacrer entièrement à ses insulaires du Havre de la Madeleine, jusqu'au jour oia, se sentant à bout de forces, il jugea prudent de se réfugier à l'Hôpital-Général de Québec. Entré le 19 juin 1812, il j mourut un mois après, entouré des soins des charitables hospitalières. Ce vénérable missionnaire avait atteint sa 74e année. Un neveu, originaire de Granville, avait suivi l'abbé Allain dans son exil. Ce n'était alors qu'un enfant de douze ans. Il demeura avec sou oncle, et l'assista dans ses nombreuses pérégrinations dans le golfe Saint-Laurent. Ce neveu mourut, en 1842, dans la paroisse appelée Havre-aux-Maisons. On l'inhuma dans l'église, en reconnaissance des nombreux services qu'il avait rendus à cette mission, et aussi en souvenir de sa vie édifiante.

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