‹ Les ecclésiastiques et les royalistes français réfugiés au Canada à l'époque de la révolution--1791-1802 [microform]Chapitre 73 sur 81 · LE PRÉSIDENT EUSSELL AO DUC DE PORTLAND · texte numérisé non relu

LE PRÉSIDENT EUSSELL AO DUC DE PORTLAND

(Extrait).

Haut-Canada, York, 3 novembre 1798.

Milord Duc,

Le vingt-six ult., j'ai eu l'honneur, de recevoir la lettre de Votre Grâce, n° 10, ainsi que le duplicata de la lettre de M* Eng, en date du 10 mars ; mais je n'ai pas encore reçu l'original de cette lettre, ni la lettre de Votre Grâce, n° 9.

Immédiatement après sa réception, j'ai soumis la lettre de Votre Grâce, n° 10, au Conseil exécutif, et j'ai prié les membres de se réunir en comité, et de me faire un rapport sur les sites qui leur paraîtraient les plus avantageux pour faire des concessions de terres à M. Puisaye et aux émigrants français qui sont avec lui, suivant l'étendue déterminée par la lettre de Votre Grâce ; mais on pourrait prendre des mesures préalables pour les recevoir dans le plus court délai.

Je ne manquerai pas, avec l'aide du conseil, d'examiner les sites, les conditions, et les circonstances les plus favorables pour établir les autres émigrants français que le gouvernement de Sa Majesté pourra peut-être juger à propos d'envoyer dans cette province, le printemps prochain, d'après ce que Votre Grâce me dit dans sa lettre ; et nous examinerons aussi à combien d'entre eux on peut accorder des parts de terrç, tenant compte de la diminution actuelle des terres incultes

(1) Archives d'Ottawa, séWe Q, wo^wnie 286-3, p. 478. Ce document ne porte ni date ni signature. Ce qui nous porte à croire que Puisaye en est l'auteur, c'est ce projet d'organisation militaire auquel ni Mgr de la Marche ni l'abbé Desjardins n'auraient songé.

de la Couronne, et des engagements antérieurs que le gouvernement est tenu de remplir. J'aurai l'honneur de transmettre à Votre Grâce, par la première occasion, le résultat de nos délibérations.

J'ai reçu aujourd'hui, une lettre de M. Puisaye, m'annonçant qu'il est arrivé à Québec, le 7 ultimo, avec quelques officiers généraux, supérieurs et subalternes, quelques soldats et deux dames, en tout 40 personnes,. et qu'il viendrait sans délai, me rejoindre dans cette ville. Je lui ai expédié une lettre, qu'il recevra à Kingston, dans laquelle je lui dis qu'il est impossible dans cette saison avancée de l'année, de trouver ici des logements convenables pour recevoir cet hiver un si grand nombre de personnages distingués ; et je le prie, en conséquence, de vouloir bien s'arrêter à Kingston, avec sa suite, ou d'en envoyer une partie à Newark, où il pourra plus aisément trouver les moyens de se loger, vu que ces deux endroits sont établis depuis plus longtemps ; et j'ajoute que je serai heureux de le voir ici, efin de nous entendre sur \% manière la plus avantageuse d'établir sa compagnie.

J'ai transmis à Votre Grâce, avec ma lettre n° 37, copie du rapport que m'a soumis un comité du conseil exécutif sur le projet du général Prescott de mettre en vente les, terres incultes de la Couronne. J'ai maintenant l'honneur de transmettre à Vôtre-Grâce une copie du second rapport du comité sur le même sujet et copie de ma réponse, et, aussi, la copie d'une lettre que j'ai aujourd'hui adressée, à ce sujet, au général Prescott. Aussitôt que nous aurons reçu le rapport de l'arpenteur général sur le nombre des terres incultes, non concédées, et du nombre de ces terres qu'il faudra pour remplir les promesses de cegouverneinent,je le transmettrai à Votre Grâce par la plus prochaine occasion, afin que les ministres de Sa Hajesté puissent constater à combien d'émigrants français il sera possible de fournir des terres dans le Haut-Canada. (1)

(1) Arcîiîves, série Q, vol. 26S-1, p. 13.

^.408— ■ Pièce JJ, page 141.

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