‹ Les ecclésiastiques et les royalistes français réfugiés au Canada à l'époque de la révolution--1791-1802 [microform]Chapitre 74 sur 81 · LE DUC DE PORTLAND AU PEÊSIDENT EUSSELL · texte numérisé non relu

LE DUC DE PORTLAND AU PEÊSIDENT EUSSELL

Whitehall, 5 juillet 1798.

Monsieur,

Comme on se propose de concéder un établissement en Haut- Canada à M. de Puisaye, qui a été commandant des loyalistes français employés de concert avec les forces de Sa Majesté sur la côte de France en\l795, et à une quarantaine de ces loyalistes qui, croit-on, partiront d'ici pour cet objet dans le cours de la présente saison, je saisis cette occasion de vous mander ce dessein afin que vous preniez les mesures préalables nécessaires pour leur assigner des lots de terres dans des endroits aussi favorables que le permettront les circonstances, et dans la proportion allouée aux loyalistes américains, en traitant M. de Puisaye comme officier supérieur, les autres officiers qui l'accompagneront, suivant leur grade, et le reste comme soldats. On les munira ici des fonds nécessaires et des effets indispensables pour les mettre en état de cultiver les terres qui leur seront données en partage.

Comme il est probable que le gouvernement de Sa Majesté juge à propos de pourvoir, dans votre province, une partie considérable des immigrants français d'ici, dont le caractère et la conduite paraîtront leur donner droit à cette marque de bienveillance de Sa Majesté, je vous demande de vouloir bien, après vous être consulté avec M. de Puisaye, aviser aux meilleurs moyens de mettre cette mesure à exécution, si elle est adoptée. -Dans ce but il sera nécessaire de considérer dans quelle situation, de quelle manière, sous quelles chargés et dans quelles conditions et pour combien peut-il être distribué de terres, de façon qu'ils puissent les occuper dans le cours de l'année prochaine, et que s'il en est envoyé un nombre considérable dans le cours du printemps prochain, il soit pris des mesures préalables, etc.. etc., et fait assez de préparatifs pour les établir sur les terres qui leur seront assignées, pour que leur arrivée donne le moins d'embarras possible à la pro-

vince, ou,- dans le cas où la chose n'aurait pas lieu, pour qu'il en coûte le moins possible au gouvernement.

Je suis, monsieur.

Votre très humble et obéissant serviteur,

POETLAND. (1)

M. le président Eitssbi.i..

Pièce KK, page 143.

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