VÉRIFICATIONS HISTOLOGIQUES
Les améliorations techniques dans l’étude de la cytologie du système nerveux ont incité les histologistes dès la fin du siè-
ele dernier à rechercher une manifestation objective du sommeil hibernal que révélerait la substance nerveuse. En 1898, G. LEvi [64] décrit une diminution de volume des corpuscules de NissL chez Bufo vulgaris pendant le sommeil hibernal. Mais les recherches orientées dans le même but sur un représentant mammifère des hibernants (le Loir) restent sans résultats. L'année suivante, LEGGE [62] voit en opérant sur la Chauve-Souris (Vespertilio murinus et Rhinolophus ferrum equinum) un changement de forme des corpuscules de NIssL pendant le sommeil (aspect fusiforme de la chromatine), tandis que JacoBsonN [53] ne voit rien d’anormal quant aux corpuseules de Nissz dans les cellules de la corne antérieure du Lapin rendu hypothermique par un jeûne très prolongé. RAMON y CaJaL [78] relate en 1904 une observation de son élève TELLO qui voit chez le Lézard en hibernation un épaississement et une réduction du nombre des neurofibrilles. Il précise qu’il s’agit d’une manifestation d'inactivité entraînée par la température basse (la même manifestation s’observe chez les animaux rendus rabiques). L'année suivante Mari- NESCO [71] reprend ces mêmes recherches sur de jeunes Chiens et Chats (animaux nouveau-nés exposés à des températures différentes) et décrit chez les animaux forcés par le froid à 10° des modifications de la substance chromatique et l’épaississement et la raréfaction des neurofibrilles. Enfin, en 1910, ZALLA [98] confirme LEVI en ce qui concerne le Loir ; il ne voit pas de modification de la substance chromatique ; seules les neurofibrilles sont épaissies et réduites en nombre. Il considère cet aspect histologique comme traduisant un léger degré de souffrance de la cellule nerveuse. Il ne croit pas que ce trouble soit de nature à entraver d’une manière sensible la capacité fonctionnelle du système nerveux. On sait aujourd’hui que, contrairement à l’opinion de BETHE, le rôle des neurofibrilles dans la transmission de l'excitation est vraisemblablement nul et que leur image histologique est due à l'effet des agents fixateurs. Quelle est leur signification et pourquoi leur image diffère-t-elle selon la température interne des animaux ? Nous l’ignorons. RASMUSSEN et MYERS [81] ont repris en 1916 l'étude des corpuscules de NissL chez les hibernants réveillés et endormis ; leur conclusion est formelle : il n’y a pas de modifications de la substance chromatique chez la Marmotte en sommeil hibernal, La chromatine a son
aspect habituel chez les Marmottes, indépendamment de l’état physiologique de l’hibernant. Les descriptions divergentes des auteurs provienrent du fait que l’aspect des corpuscules de NissL varie beaucoup d’un animal à l’autre, et d’un étage du système nerveux à l’autre chez le même animal, mais sans rapport aucun avec le sommeil hibernal. Il résulte par conséquent de ces considérations que l’examen histologique a été incapable de révéler un rapport entre la cytologie cellulaire du système nerveux et l’état de sommeil hibernal.