Autres glandes endocrines
Nous avons déjà relevé à deux reprises qu’ADLER [1] a toujours considéré le sommeil hibernal comme un syndrome d’insuffisance polyglandulaire ; c’est la même opinion qu'ont déjà défendue en 1915 CUSHING et GOETCH [23] qui constatent des < modifications histologiques dans toutes les glandes endocrines ». Ils attribuent à l’antéhypophyse simplement un rôle prédominant : CUSHING et GoETcH [23] parlent d’un aspect d'involution de lhypophyse, de la thyroïde, des surrénales, du pancréas endocrine et de l’ovaire. ADLER considère aussi que l'aspect présenté par les parathyroïdes traduit une involution saisonnière de ces glandes. Dans notre note avec ARON [57 a] nous relevions aussi l’involution particulièrement nette des glandes génitales (lignée séminale et interstitielle du testicule et des vésicules séminales avec leurs images correspondantes chez les Hamsters & sacrifiés). Dans leur travail de 1939, FosrER [36] et ses collaborateurs placent l’involution génitale au centre de leurs observations ; mais les expériences de castration d’une part et l'emploi des hormones gonadotropes hypophysaires leur ont montré que l’involution des glandes génitales n’était qu’un épiphénomène et que Le problème endocrine fondamental du sommeil concernait l’Rypophyse comme lavaient dit, dès 1915, CusHiNG et GoETrcH [23].
3. Rôle du système nerveux dans le déterminisme du sommeil hibernal.
Nous avons déjà fait mention des expériences de HORVATH sur le refroidissement des homéothermes [49] adultes ou jeunes et des hibernants. HORVATH conclut de ses expériences que le centre respiratoire des homéothermes imparfaits comme les jeunes chiens et les lapereaux et des hibernants peut continuer à fonctionner à des températures auxquelles le méême centre ne fonctionne plus chez les homéothermes parfaits. La démonstration indiscutable du rôle capital du système nerveux dans le mécanisme du sommeil est par conséquent établie dès 1876. L'auteur qui a le mieux et le plus précocement résumé le rôle du système nerveux dans le mécanisme du sommeil est MERZBACHER [73 a] qui dit textuellement « Unzweifelhaft spielt das Zentralnervensystem eine grosse Rolle sowohl bei der Entstehung, als auch bei den Erscheinungen während des Winterschlafes und bei dem Erwachen aus demselben. Die Fähigkeit überhaupt in den Winterschlaf zu verfallen, muss auf eine den Winterschläfern eigentümliche Funktion des Nervensystems zurückgeführt werden ».
Tous les auteurs ont toujours été d'accord à considérer le sommeil hibernal comme un mécanisme d'adaptation et ont par conséquent admis implicitement le rôle « régulateur » du système nerveux dans le mécanisme du sommeil. Les physiologistes du début du siècle dernier avaient déjà vu que le sommeil hibernal ne se manifeste qu'entre des limites thermiques assez précises : au-dessus de 15° il n’y a plus de sommeil et aux approches de 0° C, le réveil s’installe également la marge à l’intérieur de laquelle le sommeil hibernal est possible est dictée par le système nerveux. Et comme à l’intérieur de cette marge la calorification devient fonction directe de la température — existence d’un coefficient de van’t Horr — on comprend l’expression de MARES : « que l’hibernation est la perte temporaire de la sensibilité nerveuse au froid extérieur ».