‹ Les échanges respiratoires des hibernantsChapitre 19 sur 111 · QE ———————— · texte numérisé non relu

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que dans le cas précédent : les animaux jeûnent régulièrement 7 heures à 20° avant chaque détermination. Vu le poids très faible des Lérots, nous avons été obligés de faire nos déterminations sur deux animaux simultanément. Chaque animal est dans une petite cage individuelle de treillis métallique ; les deux cages de contention sont placées dans la cage commune à métabolisme. Par conséquent, tout chiffre expérimental correspond à une moyenne obtenue sur deux individus. Les animaux ont été placés le 9-8-37 aux températures respectives d'adaptation (8° et 20°). Les mesures ont été effectuées entre le 20-8-37 et le 20-9-37. L'ensemble des résultats est consigné au tableau XX.

Si nous comparons les moyennes de ces chiffres, nous YOyONS :

à 30° une augmentation de 30 p. 100 des échanges des animaux adaptés à 8°.

à 20° une augmentation de 4 p. 100.

à 10° une augmentation de 21 p. 100 des échanges des animaux adaptés à 8°.

à 1° une augmentation de 18 p. 100 des échanges des animaux adaptés à 8°.

Sur le Loir déjà nous avions observé que l’écart entre la production calorique des animaux adaptés au froid et ceux adaptés à 28° était le moins accusé à 20° ; dans le cas du Lérot il y a presque identité des deux productions. A toutes les autres températures, il y a une différence de 20 à 30 p. 100.

La conclusion qui s'impose de ces chiffres est que le séjour prolongé du Lérot à 8° provoque une augmentation de sa ca-

lorification à toutes les températures différentes de 20°.

H. = MuscARDIN (Muscardinus avellanarius).

Nous avons étendu nos recherches sur la calorification des hibernants réveillés à une espèce de très petite taille, le Muscardin, dont le poids est de l’ordre de celui de la Souris blanche et de certaines espèces de Chauves-Souris, soit de 20 g. environ. Ces petits hibernants vivaient par groupes de 4 ou 6 dans des cages d’une surface de 40 X 50 cm. et hautes de 30 cm. La température de la pièce où ils vivaient a oscillé entre 13° et 18° au moment des mesures. Un jeûne de 7 heures à 20° a précédé toutes les déterminations. Vu le faible poids du Muscardin, nous avons fait nos déterminations sur des lots de 3 à 6 indi-

TABLEAU XXI

Echanges respiratoires du Muscardin à différentes températures. 4 !

Date de la mesure

Nombre des animaux en expérience moyen en grammes Température de ia mesure Quotient respiratoire Calories par kilo et heure S — 10 X P?A et 24 heures

carré de surfac

Poids individuel Surface cr cm?

Calories par mètre

\ 310-384 6 22,0 go5 | 0,736 | 24,360 | 7,852 | 1638 | 3-10-34 6 22,0 | 4105 | 0,704 | 20,680 | 7,852 | 1405 410-394 4 20,8 go8 | 0,725 | 23,100 | 7,563 | 1525 11-10-34 4 20,3 705 | 0,728 | 32,320 | 7,442 | 92146 11-10-24 * 4 20,3 800 | 0,714 | 24,270 | 7,449 | 1589 21— 9-34 6 20,0 8o9 | 0,700 | 20,720 | 7,368 | 41350 21— 9-34 6 20,0 go5 | 0,741 | 21,010 | 7,368 | 1369 21— 9-34* 6 20,0 900 | 0,701 | 12,770 | 7,368 832

(*) Les mesures affectées d’un astérisque sont des mesures à la ‘fin desquelles on a trouvé un ou plusieurs muscardins engourdis.

Les mesures reliées entre elles par une accolade sont des mesures consécutives.

TABLEAU XXI (suite).

Ga © à © een | des à Br | ee [384 De | ebles ec Ep ouneE", #R PAS Date £SSls0ong S © se LS eV = 83 Be |T >< s A DU Oo Ur= de la mesure B= 5 | & FA = QUE "s © Re + Ass SF PC Or e TS PS cle AT EN 2 = El lE&s cs © a) =] C à Ÿ Q=" (eh ES un rn) & s 20— 9-34 3 20,0 209 | 0,730 27,910 7,368 1818 | 20— 9-34 3 20,0 2092 40; 7/E9N 126650 7,368 1736 20— 9-34 3 20,0 209 | 0,743 | 28,390 | 7,368 | 1850 20— 9-34 3 20,0 200 M0 T2 21,750 7,368 1417 20— 9-34* 3 20,0 2291100738 18,040 7,368 1175 24— 9-34 6 21,2 002 107723 31,630 7,660 2101 | 24— 9-34 6 21,2 07e 0707 34,420 7,660 2286 2:— 9347 6 21,2 A Te ET 27,340 7,660 1816 (10 4 20,8 OO TE 7 35,780 7,563 2362 Ü 1-10-34* 4 20,8 |+ 009 | 0,735 | 28,330 | 7,563 | 1870 26— 9-34 & 20,8 |— 501 | 0,724 | 38,640 | 7,563 | 2550 26— 9-34 4 20,8 = 14006) 0;703 38,600 7,563 2548 | 27— 9-34 6 20,8 — 400 | 0,709. | 37,970 7,563 2506 | 27 934% 6 20,8 — 296 | 0,706 31,490 7,563 2078 (28-79-34 6 22,0 — 500 | 0,725 35,450 : | 7,851 2364 {| 28— 9-34* (Se 22,0 | — 497 | ‘0,720 35,600 7,851 2394 6- 5-35 5 16,0 |— 905 | 0,739 | 44,420 | 6,350 | 2668 \ 6— 5-35 5 16,0 |-—41000 | 0,727 | 46,470 | 6,350 | 2810 } 6- 5-35 5 16,0 |-—1007 | 0,737 | 47,960 | 6,350 | 2900 ) 6— 5-35 5 16,0 ns | 0,719 47,320 6,350 2862 6= 9535 5 16,0 —1209 | 0,726 48,733 6,350 2947 | 6— 5-35 5 16,0 —1204 | 0,713 48,711 6,350 2946 \ (*) Les mesures affectées d'un astérisque sont des mesures à la fin desquelles on a trouvé-un ou plusieurs muscardins engourdis. Les mesures reliées entre elles par une accolade sont des mesures consécutives.

vidus. Chaque animal est placé dans une cage individuelle de treillis métallique. Les mesures — abstraction faite des mesures du 6-5-25 -—- ont toutes été faites au mois de septembre et octobre 1934.

Comme il ressort du tableau XXI et de la courbe (figure 7). les échanges du Muscardin augmentent régulièrement quand la température du milieu baisse. Il est toutefois à remarquer que la thermogénèse de réchauffement ne se fait jamais en l’absence de mouvements : seule la neutralité thermique per-

met des mesures d'échanges chez le Muscardin au repos complet. A toutes les autres températures on observe des mouvements qui deviennent de plus en plus fréquents à mesure que la température à laquelle on évalue les échanges est plus basse. À la neutralité thermique, le métabolisme de base correspond à 832 Calories par mètre carré et 24 heures. Ce chiffre est

oo

Cel. Hs xÀ. ? o ;. Production Ca Lorique o

du /luscardin S

25 20 Ex 70 S TO S 20 15

Thermogénèse du Muscardin en fonction de la température du milieu.

très voisin de celui de 870 indiqué comme valeur standard pour la Souris blanche de même poids (CHEVILLARD [20]). Le métabolisme le plus intense que nous ayons observé correspond à 2856 Calories par mètre carré de surface et 24 heures : c’est la valeur que nous avons obtenue le 6-5-35 sur le Muscardin exposé à une température de — 12°. Ces deux valeurs extrémes permettent de calculer un quotient métabolique qui se

chiffre à 3,4, valeur qui correspond à un quotient d’homéotherme. La pente de la thermogénèse donne une valeur de 6,3 p. 100 d'augmentation des échanges par degré d’abaissement de la température. Cette valeur correspond également à une valeur normale de thermogénèse pour un homéotherme de 20 g.

Mais en dépit de ces caractères d’homéotherme parfait la saison à laquelle nous avons effectué la majorité de nos mesures révèle une réduction nette du pouvoir thermorégulateur du Muscardin en automne. Dans toute une série de détermina-

TABLEAU XXII

Production Calorique du Muscardin (valeurs servant à l’établissement du Quotient métabolique).

| T érat Calories par kilo Gélories par mêtre CRÉES er carré de surface Date de la mesure PTS SÉ heure Aie au 6—9-34 27 02, 13,482 860 3—9-34 2702 11,795 742 5—9—34 2798 12,490 814 5—-9-34 2800 14,020 913 one: 2706 12,947 832 (4 mesures) 9—-10-34 326 31,39 2076 419— 9-34 309 30,79 2054 20— 9-34 299 2 1818 24— 9-34 —0 02 31,63 2101 24— 9-34 —0 01 34,42 2286 1—-10-34 1 —0 05 35,78 2362 26— 9-34 —5°1 38,64 2550 26— 9-34 — 490 38,60 2548 27— 9-34 —4 00 37,97 2506 28— 9-34 —5 00 30,19 2364 NEUDRANT. —0°95 34,22 2267 (10 mesures) 6—-5-35 — 905 kk,12 2668 6—5—35 —10 00 46,47 2810 6—5-35 —1007 47,96 2900 6—5-35 —1201 47,32 2862 6—-5-35 —1209 48,73 2947 6—-5-35 —1204 48,71 2946 Moyenne : __1103 47,22 2856 (6 mesures)

tions — marquées d’un astérique sur le tableau XXI on se serve que la seconde ou troisième mesure faite à une terHpéra” ture donnée, accuse un fléchissement de la thermogénèse. Dès le 14 septembre on voit qu'après 2 heures 30 de séjour à 3°2, la calorification est réduite de 18 p. 100 ; le 8 octobre, la réduction des échanges dans la seconde mesure est de 47,6 p. 100 à la température de 15°. Au moment où on arrête les mesures, on observe que dans tous ces cas un ou plusieurs Muscardins sont engourdis par le froid. Plus les animaux sont petits, plus l’engourdissement est fréquent. On est, par conséquent, en présence d'animaux forcés par le froid. Nous retrouvons chez le Muscardin la même réduction du pouvoir thermorégulateur que chez le Spermophile à la même époque de l’année, c’està-dire dans les semaines qui précèdent le sommeil hibernal. I1 est intéressant de remarquer que le fléchissement de la régulation chimique en automne se manifeste chez le Muscardin plus nettement entre + 15° et 0° qu'aux températures plus froides.

En résumé, nous pouvons conclure que le Muscardin, hibernant de très petite taille, présente

1. Un métabolisme de base très voisin de celui de la Souris blanche de même taille (832 Calories par mètre carré de surface corporelle et 24 heures).

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