L'emploi du Q
2. L'emploi uniforme de la formule S = 10 X P23 pour la détermination de la surface corporelle.
1. Emploi du coefficient de VAN’T HorF. — Il ressort des travaux de V. HENRI [41] et de EpHrussI [30], pour ne citer que deux noms parmi le très grand nombre d’auteurs ayant travaillé ce sujet, que la valeur de 2 à 3 du coefficient de VAN’T HorF ne se retrouve que dans des milieux chimiques homogènes. En biologie, on ne se trouve à peu près jamais dans des conditions aussi simples. Aussi BELHERADEK [8], dans sa revue de 1930, nie la possibilité d'application de ce coefficient aux processus biologiques. II cite de nombreux exemples recueillis dans un grand nombre de mémoires, desquels il résulte que le Q;, varie systématiquement en biologie : il est anormalement élevé aux températures basses, et tombe à des valeurs trop basses aux températures élevées. Pour BELHERADEK, la viscosité et la diffusion jouent un rôle déterminant fondamental en biologie. Il propose par conséquent une nouvelle formu-
le, empirique, pour exprimer le rapport entre la température et les procéssus biologiques :
y —= a/x° où x — température en C°.
y — l'inverse de la vitesse.
a et b des constantes.
Si nous avons conservé le Q,,, la raison en est que nous n'avons, dans aucun cas, essayé d'expliquer par ce mode d’expression la nature intime du mécanisme mis en jeu. Nous avons voulu opposer régulation thermique à l’absence de mécanisme thermorégulateur. Dans un cas, les variations thermiques du milieu déclenchent par mécanisme réflexe un ensemble de réactions tendant à conserver la constante thermique de l'individu, l’homéothermie ; dans l’autre (Chauve-Souris, fièvre par stase) ce mécanisme réflexe fait défaut et le comportement de l’animal devient identique à celui du poïkilotherme. L’accélération de la vitesse des processus énergétiques devient directement dépendante de la température. Or, quelle que soit la valeur numérique précise du Q:,, et partant, le mécanisme intime de l’accélération des processus énergétiques en question, la liaison étroite entre la température du milieu et la calorification (la poïkilothermie) est si bien exprimée par le Q:, que, dans un travail récent sur les poïkilothermes, BENEDICT [9 a] continue à adopter ce mode d’expression simple. Nous avons pensé, qu’à notre tour, nous pouvions continuer à utiliser le coëfficient de VAN’T Horr.
2. Emploi de la formule : S — 10 X P2/3.— La deuxième objection dont sont passibles nos résultats est celle de l’emploi uniforme de la formule : S — 10 X P?/3 pour calculer la surface corporelle. Maïs cet emploi se justifie pour deux raisons :
1. BENEDICT [9 b] a démontré récemment que l’emploi de la valeur de 10 pour K dans la classique formule de MEEH ne faussait pas de façon appréciable la valeur calculée pour la surface par rapport à la surface géométrique du corps évaluée par les procédés de mesure habituels.
2. Quelle est la signification de la surface mesurée sur du papier millimétrique ? Est-ce la surface ainsi déterminée qui intervient comme facteur déterminant dans l'intensité de la calorification des homéothermes, ou plutôt la surface « active » de BOHNENKAMP [12]), ou surface rayonnante ? Il n’est
nullement dans notre intention de verser quelque argument dans le débat sur la validité de la loi des surfaces. Nous pensons que'la plus grande partie de la chaleur produite étant perdue par rayonnement, la surface rayonnante doit être un des facteurs déterminants essentiels de la production. Logiquement, on doit par conséquent essayer de ramener la production à cette unité de référence. Mais nous ne possédons pas au laboratoire de dispositif permettant de mesurer la surface rayonnante. Il nous a paru parfaitement justifié, dans ces conditions, de prendre comme unité de référence le poids affecté de l’exposant 2/3 ct en corrigeant la valeur ainsi obtenue par le facteur K — 10. Les différences de production de chaleur que nous interprétons dépassent de beaucoup l’erreur que nous commettons par ce choix de K. Quand-nous interprétons des différences plus fines, il s’agit presque toujours des mêmes animaux pris dans des conditions différentes ; le poids étant soumis à de trop grandes variations, il ne nous a pas été possible de l’utiliser seul comme unité de référence.