‹ Les échanges respiratoires des hibernantsChapitre 45 sur 111 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

Introduction.

Les échanges respiratoires des hibernants à l’état de sommeil ont été étudiés depuis fort longtemps ; les mesures classiques de REGNAULT et REISET de 1849 [30] sont restées longtemps à la base de nos connaissances sur ce sujet. Ces premières expériences ont révélé des Quotients Respiratoires de 0,399, 0,546, 0,685 etc. pendant le sommeil de la Marmotte. La réalité de tels Quotients n’a été mise en doute par personne. Seuls L. HEDoN en 1929 [15] et nous-mêmes en 1935 [7] avons constaté chez la Marmotte un Quotient Respiratoire moyen de 0,7 pendant le sommeil hibernal. Mais si nous avons réussi à obtenir un Q.R. moyen de lipides chez Ia Marmotte, les mesures de thermochimie respiratoire (par le confinement) sur le Loir nous ont donné, dès le début de nos recherches, des Q.R. très variables et généralement inférieurs à 0,7 comme il ressort des moyennes suivantes obtenues pendant l'hiver 1933-

Echanges respiratoires du Loir en état de sommeil hibernal. (Mesures faites à 11° environ).

4 Nombre ; Oxygène N° d'ordre Poids FA des heures Quotient nee de l’animal en g SE d'expé- TESPITAT 0 par kilo :4 - DICSUEES rience toute et heure h- 2 (4re période) 100 21 221,48? 0,715 23,8 cm? Da(20 période) 100 10 219, 36° 0,582 29,6 — 3 105 22 312,00? 0,624 30,1 — 5 127 k 163,45? 0,568 19,9 —

De nouveaux essais pendant l’hiver 1934/35 nous ont don-

né les mêmes résultats,

Echanges respiratoires du Loir en état de sommeil hibernal.

———— = O2 consom- ; Nombre L 2 N° d'ordre Re Poids Nombre |des heures es Lo S ROLE SE re ot RE E eue toire et heure en cmè 9 119 93,9 5 119,15? 0,626 30,6 9 60 126,5 3 20 028 0,688 19,8 10 41° 123,0 1 23201 0,655 27,3 10 6° 165,3 6 ANSE 0,683 1682

Devant de tels faits nous nous sommes décidés d'aborder l’étude d’autres espèces chez lesquelles (BENEDICT [3]) le Q.R. peut, dans certains cas, présenter les mêmes anomalies. Notre choix s’est fixé sur la Grenouiile. Les raisons qui nous ont amenés à ce choix ont été nombreuses et d’ordres très divers :

1° La Grenouille est un poïkilotherme. Comme tel ses échanges ne sont pas soumis à des fluctuations aussi considérables que celles susceptibles d’être enregistrées chez le Loir. Cet hibernant consomme à l’état de veille presque 2 litres d'oxygène par kilo et heure à 10° ; à l’état de sommeil, la consommation d'oxygène est, à la même température, de 20 cm* par kilo et heure. La facilité avec laquelle le Loir peut se réveiller au cours d'expériences de thermochimie respiratoire, et le rapport de 1 : 100 entre les consommations d'oxygène dans les deux états, constituent un obstacle très sérieux dans les recherches aussi délicates que celles que nous nous proposions en étudiant le Q.R. des hibernants à l’état de sommeil. La moindre diminution de la profondeur du sommeil a une répercussion trop considérable sur la grandeur de la calorification.

2° Parmi tous les poikilothermes, c’est chez la Grenouille que les Q.R. anormaux ont été le plus fréquemment observés.

3° La consommation d'oxygène de la Grenouille est à 10° du même ordre de grandeur que celle du Loir en état de sommeil, à la même température : KRoGH [20] chiffre la consommation de la Grenouille à 19 em? par kilo et heure entre 5°5 et 9°, ;

4° La Grenouille est un animal de laboratoire peu coûteux, supportant bien de longues périodes de jeûne.

Pour toutes ces raisons, nous avons été conduits à aborder le problème du Quotient Respiraloire chez ce batracien. Mais, au cours de nos recherches, nous avons trouvé bien des difficultés qui nous ont finalement obligés à étendre nos expériences concernant le Q.R. à d’autres espèces poïkilothermes. Ce n’est que grâce à de nombreuses mesures préalables sur des espèces variées que nous avons finalement pu aborder avec fruit l'étude de la calorification et du Quotient Respiratoire chez les hibernants à l’état de sommeil.

Techniques utilisées.

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