Durée des phases de sommeil ininterrompu
Les phases de sommeil ininterrompu ont été extrêmement variables comme il ressort des durées inscrites au tableau XIX. Les expériences effectuées à partir de 1938 à l’aide de notre méthode de confinement modifiée, nous ont montré que l’on pouvait conserver le Loir à lPétat de sommeil aussi longtemps qu'on le désire pourvu qu’on évite : toute variation brusque de température, toute accumulation de CO, dépassant 0,5 p. 100, toute excitation tactile, en particulier par des variations brusques de la vitesse du courant d’air.
En janvier, février, mars 1938 et en décembre 1938 et janvier 1939, nos animaux ne se sont réveillés que quand nous le voulions.
Le Loir n° 23 s’est réveillé Le 1-4-38 par accident (arrêt de la ventilation). Replacé sous cloche, il a continué à dormir sans interruption jusqu'au 23-7- 1938, jour où nous l’avons sacrifié en plein sommeil dans l'intention de prélever les glandes endocrines. On réveille très facilement les Loirs en sommeil quand on réalise des expériences où on laisse accumuler le CO,. L'augmentation de la consommation d'oxygène, notée plus haut, peut conduire au réveil. Cet accident nous est arrivé trois fois au cours d’expériences de ce genre.
6. Le Quotient Respiratoire et la Calorification du Loir au cours du réveil.
Les mesures pendant lesquelles nous avons suivi le réveil du Loir ont été effectuées avec la méthode du confinement. 71 résulte des deux groupes d'expériences que nous n'avons jamais observé de Q. R. élevé au cours du réveil. Dans aucune de nos mesures d'échanges respiratoires au cours d'un réveil faisant suite à une période prolongée de sommeil ininterrompu, le Q. R. n’a dépassé la valeur d'un Q. R. de lipides.
a) Réveil du Loir N° 21 (85 g.).
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L'animal est réveillé dans sa cloche le 4-3-38 à 23 heures. Il dort à nouveau à 6 heures du matin le 5-3-38.
On recommence les mesures :
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SR EE EU EE ED RE es 807 0,682 42,06 h-3-38 2h30 6h10- 8h30 807 0,730 25,43 5-3-38 | 1h30 17b27-18h57 807 0720 12220 6-3-38 1h30 9h21-10h51
b) Réveil du Loir N°2 (100 g.).
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S & To 420 0,694 3979 27-12-33 1h10 1650-1800 12° 0,753 30,9 28-12-33 2h00 16h21-18h291 12° 0,651 64,9 29-12-33 3200 1000-1300 129 0,758 112,0 29-12-33 1200 15b50-16h50 429 0,704 303, 7. 29-12-33 0h30 | 17h40-18bh10
Nouveau sommeil le 31-12-33.
Conclusions.
Nous pouvons résumer l’ensemble de nos observations sur le Loir en état de sommeil hibernal de la facon suivante
1. Le Quotient Respiratoire du Loir en état de sommeil hibernal est un Quotient de lipides.
2. On peut faire varier à volonté le Q. R. du Loir pendant le sommeil : le Q. R. tombe à des valeurs inférieures à 0,7 quand la concentration en acide carbonique de l’atmosphère confinée passe de 0,03 p. 100 à des valeurs dépassant 0,5 p. 100. Inversement, le Q. R. atteint des valeurs anormalement élevées quand on fait tomber la concentration en acide carbonique de l’atmosphère confinée de 0,5 p. 100 ou 1 p. 100 à une valeur réduite de moitié.
3. Des concentrations de 0,5 p. 100 à 1,0 p. 100 d’acide carbonique de l’atmosphère confinée ont pour effet d'augmenter la consommation d'oxygène du Loir endormi.
4. La consommation d'oxygène du Loir en état de sommeil hibernal varie en fonction de la température selon la règle de VAN°’T HorF : la valeur du Q,, est de 1,96.
5. La calorification du Loir en état de sommeil est de 0,08 Calories par kilo et heure ou de 9,5 Calories par mètre carré et 24 heures à la température de 9°5.
6. Le Loir, en sommeil profond, présente une respiration périodique très nette ; il fait entre 8° et 10° trois respirations de CHEYNE-STOKES par heure.
7. En maintenant le Loir à température constante et basse (10°), à l’abri de toute accumulation d’acide carbonique, et en évitant toute excitation tactile, on peut prolonger les phases de sommeil ininterrompu depuis l'hiver jusqu’à la fin de juillet.
8. Les Q. R. enregistrés au cours du réveil du Loir ont toujours été, des Q. R. de lipides. Tous les réveils que nous avons suivis terminaient des périodes prolongées de sommeil hibernal.
4% MusCARDIN (Muscardinus avellanarius).
Pendant plusieurs années, nous n’avons pas réussi à mesurer les échanges respiratoires du Muscardin en état de sommeil hibernal. Toutes les fois que nous placions un Muscardin endormi dans une cloche à échanges il se réveillait, Ces échecs ré-
guliers pendant 4 hivers successifs nous avaient fait perdre tout espoir de fixer la calorification de cet hibernant.
En décembre 1938, les 5 Muscardins qui étaient conservés à 10° environ dormaient fréquemment. Nous avons de nouveau essayé de faire des déterminations d'échanges : un Muscardin endormi a été retiré rapidement du nid ; après pesée nous l’avons placé avec beaucoup de précautions dans un petit nid d’ouate cellulose préparé d'avance. L’animal ainsi protégé est introduit dans une cloche à échanges que lon plonge dans le thermostat réglé à 9°8. On ventile la cage à raison de 10 litres par heure après avoir mis tout le dispositif en place.
30 minutes après avoir effectué toutes ces manipulations, le Muscardin était réveillé (22-12-38). Nos essais sur le Loir nous ayant révélé que l’animal se remet à dormir si on le laisse sans le toucher dans sa cloche à échanges à 10°, en ayant soin d'assurer une ventilation suffisante de la cage, nous n'avons pas retiré le Muscardin de sa cloche : le matin du 23-12-38, le Muscardin avait repris l’attitude caractéristique du sommeil ; il s'était remis spontanément dans le petit nid que nous lui avions préparé et avait repris la position d’enroulement.
Le Muscardin ne s’est plus réveillé pendant toute la durée des expériences ; c’est en état de profond sommeil que nousl'avons retiré de sa cage à métabolisme le 10-1-1939.
Les résultats des 7 mesures d'échanges que nous avons effectuées sur cet animal de 22,5 g. sont consignés au tableau XX.
TABLEAU XX
Echanges Respiratoires du Muscardin à l’état de sommeil hibernal.
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71 mesures 1001 22,5 0,707 0,186 12,62
Les chiffres recueillis sont très uniformes : calorification et Q. R. sont constants. Le seul chiffre un peu aberrant est fourni par la première mesure : le réveil de la veille se répercute encore sur sa calorification : tandis que sa production de chaleur est en moyenne de 11,8 Calories par mètre carré et 24 heures, elle atteint 17,8 Calories dans la première mesure.
Le Q. R. moyen est de 0,707 : en dépit des faibles quantités d'oxygène consommé et d'acide carbonique éliminé, notre technique nous permet de faire des mesures d'échanges très correcles sur un animal qui ne pèse que 20 g. Nous pouvons, en appliquant le coefficient de 4,7 à la consommation d'oxygène, chiffrer la production de chaleur qui est de 0,186 Calories par kilo et heure ou de 12,62 Calories par mètre carré et 24 heures.
Si nous comparons ces chiffres à ceux obtenus sur d’autres espèces, nous voyons apparaître pour la première fois la loi des tailles : la production de chaleur par unité de poids est 2 fois aussi forte que celle de la Marmotte, du Spermophile et du Loir. Ramenée à la surface, la production de chaleur du Muscardin est la même que celle du Spermophile qui pèse 10 fois plus, très voisine de celle du Loir qui pèse 5 fois plus et moitié aussi grande que celle de la Marmotte qui pèse 100 fois plus.