Dans son mémoire au Roi de 1720. 2, 11 août
niquer, afin qu’à son arrivée à Marseille, 1l puisse entrer en conférence avec vous. » La Chambre remit à Villeneuve, comme à ses prédécesseurs, un mémoire, véritable instruction moins le nom, qui résumait leurs entretiens. Il était d'usage, nous apprend le vicomte d'Andrezel :, que le nouvel Ambassadeur en discutât les divers articles avec son prédécesseur et avec les députés de la nation et répondit point par point à la Chambre dans les premiers temps de son Ambassade : c’est ce que fit notamment le vicomte de Castèllane par une lettre du 6 juin 1741. Pendant toutes leurs missions, nos Ambassadeurs ne cessèrent, selon la belle expression de l’un d’eux, « d’être l’âme et le soutien de notre commerce dans le Levant » et d'entretenir avec la Chambre des rapports empreints de cette « confiance réciproque », dont Bonnac recommandait à celle-ci de ne jamais se départir. Aussi devaient-ils être fiers, une fois au terme de leur mission, de pouvoir écrire sans forfanterie : « J’ai non seulement protégé constamment notre commerce, mais J'ai tâché aussi de le rectifier et de le bonifier en plusieurs points. Il a augmenté considérablement dans les premiers temps de mon Ambassade. Le désordre que les infortunes de votre ville ? avaient causé est quasi entièrement rétabli... Il me paraît que je laisse le commerce en bon état.3 » La Chambre leur rendait justice, les félicitait de leurs succès diplomatiques et se réjouissait encore, plusieurs années après leur rappel, de les voir élevés au Conseil d'Etat ou au Ministère des Affaires Etrangères. On la voit, en de telles occasions, adresser ses compliments à Villeneuve, à Vergennes, qui l’en remercient chaleureusement. 4 Sa reconnaissance était pour eux la plus délicate des récompenses : « Je suis ravi, écrit Villeneuve, que vous soyez satisfaits des soins que je me suis donnés pour le bien de notre commerce. Il est certain que je m'y suis attaché autant qu'il a dépendu de moi. 5 » | Quand ils se seraient contentés de remplir avec succès leur mission politique, nos Ambassadeurs auraient encore servi Jes intérêts des Echelles. La répercussion des événements diplomatiques sur la situation et le commerce des Français est immédiate. Les avantages commerciaux sont la monnaie dont la Turquie paie les services diplomatiques de la France. Il est curieux d'observer que le profit que l’on songea à tirer du crédit de Bonnac, affermi par deux médiations entre les Turcs et leurs ennemis (1720 et 1724), est précisément celui que Villeneuve obtiendra ensuite pour prix de sa brillante médiation entre la Porte, l'Autriche et la Russie. En effet, la veille du jour où il devait quitter Paris, Mehemet-Effendi, Envoyé Extraordimaire de Sa Hautesse le Sultan
1, En 1724. 26 mai 1740 : « On ne peut être plus flatté que je le suis