‹ Les écoles aux États-Unis [microforme]Chapitre 1 sur 5 · THE GEM ©RINTING CO · texte numérisé non relu

THE GEM ©RINTING CO

ELM GROVE, W. VA.

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Depuis que la tentative de loger un trait-d’union enre les écoles paroïissiales et les écoles publiques a trouvé son éreintement dans le fiasco de Faribault et de Stillwater, le feu de la discussion s'est considérablement amord, et la question des écoles semble quelque peu dormir. Mais cllene dort que d’un œillœil américain. L'autre œil -eelui de P'Eglise—est toujours ouvert; et l'Église continue incessammient, sans bruit mais avec activité, l'envahissement de son domaine légitime par la multiplication progressive de ses écoles paroïissiales,

D'un autre côté, l'esprit américain prend assez volontiers les apparer es d'un sommeil paisible, dès que rien ne le pique au vif à l'endroit de son système des écoles publiques ou de son prétendu droit d'y pétrir l'enfance américaine dans un levain où tout fermente, excepté la notion de Dieu.

L'idée de reconciliation entre les deux systèmes sCoaires est maintenant passée, pour tont de bon, au pays

de l'utopie, Cependait le br Hard engendre facilement dans le domaine des vrais cipes en matière d'éducation, On en voit encore, 12 € 1, des indices non équivoques. Or, pour ehipe les nuascs d’assombrir le ciel de la vérité en cett ‘e itiportante, il est bon de mettre les vrais prine «ur de tetnps en temps, à-temps et à contre-tem ce que nous nous proposons de faire en répondait : faveur des Ca-

nadiens des Etats-Unis, auxquels nou lédions respectueusement cctte petite brochure, ai 1 juestions suivantes:

1o Quel genre de formation le: fant a-t-il le droit de recevoir de la part de celui qui l'élève?

20 A qui appartient, de droit et par devoir, la tâche d'élever l'enfant?

30 Quelle est la limite naturelle de l'action du Pouvoir publie sur ce terrain, limite qu'il ne peut dépasser, en aucun eus, sans commettre une injustice?

L'enfant, se présentant en face de lédueateur en sa qualité d'être humain, a droit à une formation humaine. Et cette formation humaine doit être complète, dans toutes ses dimensions, en largenr et en hauteur, Si je puis m’exprimer de la sorte.

En largeur, elle doit s'étendre à tous les départements de l'être humain, envisagé à son triple point de vue physique, intellectuel ct moral. En hauteur, elle doit atteindre le but de ses tendances Tégithies, non-seulement quant à la vie présente, mais aussi quant à la vie future, puisqu'il est doué d'une âme immortelle,

Sous le premier rapport, l'éducateur est tenu de travailler au développement des forces physiques, des forces intellectuelles ct des forces morales de Penfant dont il a la charge.

Il perfectionnera son étre physique en le soumettant à un réginie hygitiique qui s'accorde avec les besoins raisonnables de sa nature, et l'aide à devenir, en grandissant, un homme fort ct robuste, en autant que sa constitution individuelle peut le pern sttre,

I perfectionnera son intelligence en Tui donnant la connaissance de sa fin, c’est-à-dire des choses qui peuvent le rendre heureux, et la connaissance des moyens

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propres à le faire arriver à l'acquisition de ces choses,

D perfectionniera sa volonté, où son étre moral, en dirigeant ses aspirations Vers cette même fin, et en développant en lui des habitudes et des dispositions qui puissent Tui faire accomplir les actes propres à Fr con dure,

“ous le deuxionme rapport, doit placer enfant en face de soi existent cntégrete, c'est-à-dire envisagée hon-soulement dans les Hniites restreintes de la vie pré. sente, tas à Fhorizon suis fin de la vie future, au sein de laquelle se trouve le terme ultérieur et final de ses destinces, ot calquer les dinictisions de so) développement intellectuel et imoral sûr Pétendue et la hauteur de cette destinée future,

Voila le prourarne de la véritable éducation de l'enfance, te que tracé par be nature elleméme, et par Dieu, Fauteur de la mature av oa rien à en retrancher. Ceisest pas à Fédueitenr qu'il appartient de déterminer des Fnites du terrani sur lequel il doit tra vailler. doit le prendre tel qu'ilest, et le cultiver dans toutes ses parties.

Se borner à Péerage, eestcdire au développement physique, serait tout simpl ent créer ur malheureux, tout on préparant pour la soclcté un CHA FAN FLE dont celle ie saurait que faire.

Ajouter au développement physique celui de lintellisence exclusivement, e'est-iedire Poastrnetion sans forlation morale, équivandrait à préparer l'équipage d'un navire sans mettre de boussole en tôte, où lancer ce navire à toute vapeur, en pleine mer, sans pilote pour diriger sa course. 1 fendrait les ondes avec une rapidi-

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té admirable, sans doute, mais le premier écueil placé sur sa route causerait un naufrage,

Nos Américains parlent bien haut de ce qu'ils appellent avec emphase the broudening of the intelligence of the people; maïs ils oublient que, si le cœur n'est pas élevé en proportion de l'étendue donnée aux connaissances intellectuelles, ou si le travail de l'éducation se limite à pousser l’activité mentale en avant, tout en laissant le cœur enfermé dans la dépravation naturelle où l'a placé la décadence originelle, alors plus vastes sont les connai: sances de l'intelligence, plus grands sont les risques pour l'individu de devenir un mauvais sujet.

Prenez Lucifer, par exemple. Personne ne doute de la vaste étendue de ses connaissances. IL possède plus de science que tous les enfants d'Adam réunis. Et cependant si le vieux Katan se mettait en téte de se faire homme ct de vivre au milieu de nous, ferait-il un bon citoyen? Tout le monde effravé ne fuirait-il pas devant Phomine-démon? Nos jatiiles américains eux-mêmes ne se tiendraient-ils pas prudemment À une respectable distance du prinee des téntbres en chair et en os? Mais pourquoi toute cette crainte devant le diable incarne Ne serait-il pas très érudit, trs-abile, à very shrard man, comme on dit dans le pays? Ah! eest qu'ilmanquerait quelque chose à ce grand savant: une bonne tournure morale, On le sait bien, et voilà pourquoi on s’empresserait de le fuir. I serait d'autant plus à eraindre qu’il aurait plus de connaissances, tout le monde sachant bien qu'il ne mettrait pas son savoir au service de nos intérêts,

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Ce n’est donc pas la culture intellectuelle qui fait le bon citoyen. Il faut une bonne tournure morale. Or, cette tournure ne se façonne pas dans le moûle de l’instruction sèche, Elle sort de l’enseignement moral, c’està-dire de cette partie de l’enseignement qui se rapporte à la volonté de l'enfant, dirige ses tendances, forme ses habitudes, en un mot lui tient lieu de boussole pour le guider dans le sentier de la vérité et du bien. Si on ne lui Gonne pas cette boussole il vaudrait mieux ne pas iui donner d'instruction.

Ne vaudrait-il pas mieux laisser un navire sans engin où sans voiles, que de le lancer sur la mer sans pilote pour le guider, et exposer à aller immanquablement se briser sur le premier rocher qu'il rencontrera sur son passage?

L'éducation de l'enfance est commandée par les premières exigences de là nature. C'est une prescription naturelle de premier ordre, engendrant un devoir naturel également de premier ordre.

Or, à qui le droit naturel impose-t-il le devoir de l’éducation, en premicre ligne, avant tont autre, de préférence à tout autre? A ceux-là même à qui la nature, indépendamment de toute prescription humaine, confie le soin d'élever l'enfant qui vient de naître: aux parents, les auteurs des jours de celui qui, par la voix de la nature, réclame le bénéfice de l'éducation.

Ce précepte naturel est antérieur à toute institution humaine, indépendant de toute législation huwaine, irrévocable comme là nature elle-même d'où il dérive,

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immuable comme la loi éternelle, qui en est la source première.

En effet, lorsque deux personnes unissent leurs destinées par le nœud sacré du mariage, elles contractent visà-vis du fruit de leur union des obligations qui leur sont imposées, non par une convention humaine, non par une législation sociale quelconque, mais par la nature, c’està-dire par la loi éternelle de Dieu, dont les préceptes naturels sont les prescriptions.

Ce n’est ni Etat, ni aucune institution humaine qui placent les enfants dans la famille.

La nature les y fait naître et donne, en même temps, naissance à une injonction impérieuse pour les parents, de les recueillir, de les élever, de pourvoir à leur développement physique, intellectuel et moral, soit par euxmêmes, soit par des remplaçants de leur choix, en qui ils mettent leur confiance.

Mais tout devoir implique un droit qui lui est corrélatif. Etce droit est nécessairement de même nature que le devoir auquel il correspond.

Les droits des parents sur l'éducation de leurs enfants viennent donc, en droite ligne, de la nature, et, par la loi naturelle, dérivent de la loi éternelle de Dieu, sa source première,

La raison ne manque pas de nous dire que chaque chose appartient à son auteur, et que, de tous les fruits que les époux espèrent de leur alliance, l'enfant qui doit en naître est le plus précieux et leur appartient au titre sacré du droit naturel.

Le droit paternel cst donc, dane la plus stricte signification du mot, un droit rigoureusement naturel.

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Par une conséquence évidente, ce droit est antérieur à toute institution humaine, il en est indépendant, et se place dans les conditions absolues de l’imprescriptibilité.

NE d'aucune convention, résultat d'aucune transaction volontaire, c’est un droit de nature tellement identifié avec la paternité que, non-seulement nul homme sur la terre ne peut le supprimer, mais le père luimême, le voult-il, ne pourrait l’abdiquer.

Le droit naturel est, de plus, corroboré par le droit divin positif, tel que nous le trouvons consigné dans le code des Saintes Ecritures.

Le Droit divin positif est une vieille institution dont on est encore obligé de tenir compte, mêmeau commencement du vingtième siècle, même au sein de la nation américaine.

C’est nn droit que ne vieillit pas. Ilest de tous les temps, passé, présent et futur. Il échappe aux vicissitudes inhérentes aux lois humaines.

Or, le Droit divin positif est on ne peut plus explicite dans ses injonetions aux parents vis-à-vis de leur enfants. “nstruisez vos enfants”, est-il dit au chapitre II du Deutéronome. “Si vous avez des fils,” ajoute l’Ecclésiastique, “instruisez-les dès leur bas âge.” On lit encore, au cours du même livre: “Courbez sa tête pendant qu'il est encore petit, et n'épargnez pas les verges à ses jeunes années, de peur qu’il ne s'affermisse dans le mal, et que, désormais indocile, il n’abreuve votre âme d’amertume.??

Nous voilà donc en face d'un précepte on ne peut plus solennel, partant des hautes sphères de la loi éternelle de Dieu et descendant sur la famille par la double voie de

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la loi naturelle et de la loi divine positive.

S'il n’est pas de loi humaine capable de soustraire la famille à de pareilles obligations, il n’y en a pas non plus qui puisse la dépouiller des droits qui v correspondent, droits expressément consacrés par Dieu lui-même.

Ces droits sont primordiaux. Ils existent, comme la famille, comme la nature elle-même, antérieurement à toute société civile. [ls sont supérieurs à toute loi humaine, Ils sont vraiment imprescriptibles.

Mais si, d'un côté, les parents ont un droit primordial à pourvoir eux-mêmes à l'éducation de leurs enfants, d’un autre coté les enfants ont un droit sacré à recevoir une éducation complète, répondant à leurs exigences physiques, intellectuelles et morales. Noûs l'avons déjà expliqué. Nous ajouterons que, pour être véritable ment complète, l'éducation doit étre fuite au sein d'une atmosphère religieuse. Autrement, elle sera en défaut dans sa partie morale. La véritable morale est la fille de la religion, et ne peut vivre séparée de sa mère.

On à bien inventé ee que lon est convenu d'appeler la ‘morale indépendante. Mais ce n'est à qu'une morale bâtarde, affublée d'un faux nom et portant des couleurs empruntées.

Si la religion n'eût pas été nécessaire pour règler notre conduite et former nos mœurs, Dieu ne nous l'aurait pas imposée, Dieu est trop sage pour agir sans eanse, Si done le Souverain Maître a pris la peine d'établir une religion, d'en déterminer les détails et de la rendre obligatoire, c'est évidemment parce que nous en avolis besoin. Or il n'appartient pas à l'honime de défaire ce que Dieu à fait. Conséquemment, personne ne peut laisser la religion de coté sans faire fausse route.

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Je ne crois pas devoir insister d'avantage sur cette vérité fondamentale: la morale et la religion vont nécessairement de pair, et l’on ne peut les séparer sans les détruire l’une et l’autre.

Donc une école sans-Dieu, par cela même qu’elle laisse la religion à la porte, se trouve dans une in possibilité radicale de donnner l'éducation morale, et l’enfant ne peut y recevoir qu’une formation nécessairement inconiplète, Donc le père de famille, s’il ne veut pas, ou s'il ne peut faire lui-même l'éducation de son enfant, est tenu en conscience de le confier à une école où les droits de la religion sont reconnus et respectés. En ne le faisant pas, il manque à son devoir et viole les droits de son enfant.

C’est sur ce principe que s'appuie l’ Eglise pour rejeter les écoles publiques en ce pays, et obliger les parents à s'imposer les sacrifices nécessaires pour se bâtir des écoles paroissiales.

L'Eglise n’affirme pas les droits de la religion dans les écoles dans le but de se substituer aux parents, comme le disait sottement un journal américain, il n’y a pas longtemps. ‘L'Eglise catholique,” lisait-on dans cette feuille,” déploie un zèle intéressé en prenant la défense des parents contre l'Etat. Elle voudrait exclure le Pouvoir public du terrain de l'éducation, afin de prendre sa place, d'absorber ensuite les droits de ces mêmes parents et d'étendre ainsi son contrôle sur le peuple.”

Ceci est tout simplement absurde. L'Eglise est chargée de remplir, dans le monde,une mission supérieure, placée, par Dieu lui-même, au-dessus de toutes les personnes, de toutes les choses et de tous les droits

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