‹ Les écoles d'architecture et d'art décoratif des XVIIme et XVIIIme siècles à Aix, capitale et siège du gouvernement de la ProvenceChapitre 16 sur 44 · AU MUSÉE · texte numérisé non relu

AU MUSÉE

Au musée si important de notre ville, se trouvent nombre de statues et de bustes de toutes les époques. Parmi celles qui nous intéressent et qu’on ne se lasse jamais de regarder

1 Dans la chapelle, existe égalment une belle œuvre de marbre dont l’attribution à Puget est fort douteuse.

Pi.. V

Cour intérieure du Musée d’Aix

à gauche, Eglise St-Jean de Malte; à droite, tombeau moyenâgeux par Chastel

ARCHITECTURE ET d’aRT DÉCORATIF

Hôtel de Ville

Mascaron de la porte intérieure

dans les salles si pleines de belles œuvres d’art, se remarque l’ancien buste de Louis XIV en marbre qui décorait à la mairie la salle des États, il est d’une grande beauté et on l’attribue à Puget. Louis XIV y est représenté dans tout l’éclat de sa jeunesse triomphale. Nous trouvons également au musée (salle des sculptures) le buste de Puget par Veyrier son meilleur élève. C’est une œuvre d’un grand intérêt et bien conservée. Elle a servi de modèle à tous les artistes qui ont voulu reproduire le portrait de Puget. Il existe également, dans la salle du rez-de-chaussée, de beaux Chardigny que nous ne pouvons passer sous silence, bien que ce sculpteur ne fut Aixois que par accident : Grandes statues de ce maître destinées à l’ornementation du Palais de Justice, l’une représente Henri IV, l’autre le roi René. Signalons encore de lui un joli buste d’homme. Le musée possède également deux bustes de Houdon : le premier représente le portrait de Cagliostro en marbre, le second le Bailli de Suffren, terre cuite, ce dernier est une copie. Dans les vitrines de la salle des plâtres, se trouvent un buste polychrome en bois (Turenne) d’un grand intérêt, une tète d’enfant marbre, une Andromède et un chevalier de Malte en pierre que nous ne saurions trop signaler à l’attention de nos lecteurs. Terminons rapidement cette étude de l’œuvre statuaire qui se trouve au musée, car elle a déjà été faite, par l’examen de ce curieux tombeau, que le président Gaspard de Geydan, de noblesse récente, ht élever à la gloire de ses aïeux imaginaires par le sculpteur Chastel, au XVIIIe siècle par conséquent. C’est un pastiche de la sculpture gothique et la reproduc-

tion classique d’un tombeau d’ancien chevalier ; le soi-disant de Geydan est allongé sur le tombeau, les mains jointes, un lion ou un chien à ses pieds. Les bas-reliefs qui ornent le tombeau proprement dit ont été faits d’après des illustrations de Gravelot pour le livre La Jérusalem délivrée.

Cette assertion que je n’ai pu contrôler, est de mon ami M. Aude l’érudit conservateur de la bibliothèque Mejanes. Cette curieuse œuvre moyenâgeuse de Chastel, si différente de son faire ordinaire, est à signaler. Elle est je crois la seule œuvre de Chastel actuellement au musée, avec l’esquisse du maître qui se trouve dans une vitrine de la salle des plâtres et une deuxième esquisse du fronton de la halle

aux grains. Celle-ci a des légères variantes.

Nous ne pouvons oublier dans notre nomenclature deux pièces d’un grand intérêt qui se trouvent dans la salle de Bourguignon, une terre cuite de Cayot (sculpteur qui n’a rien à voir à Aix a proprement parler mais qui travailla au XVIIIe siècle). C’est une œuvre délicieuse représentant « L’amour et Psyché » d’un modelé savant et d’une grâce exquise.

De l’autre il sera parlé au chapitre : bronze. C’est un sphinx à tète de femme du XVIIIe siècle. Nous indiquerons aussi aux visiteurs du musée une esquisse de Chardigny, un masque de femme du XVIIIe siècle (marbre) de la collection Granet; et un délicieux petit médaillon (marbre) portrait de femme XVIIIe siècle (salle des statues).

Page 1