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LES MAITRES ET LES ÉLÈVES I. LES MAITRES

Section I. — Les Évêques et les Doyens, — Au premier rang se placent les évéques, les doyens, les chanceliers, les recteurs et les maîtres ou professeurs.

Après Renaud de Mouçon* ^ vint Gautier {i'2iS-i23^), son successeur : il était plus ami de la piété que de l'étude ; moine jusque dans l'épiscopat, il établit à Chartres les Frères Prêcheurs, qui bientôt ouvrirent chez eux des écoles.

Hugues de la Ferté (l!234-1236), qui avait été leur protecteur et leur ami, étant doyen, ne lit que passer sur le siège épiscopal - .

' Lettres d'Etienne de Tournav, 1 18, de Pierre de Blois, 15, 20. — Cari, de N.-D., 111, 143.

- Cart. de y.-D., III., loi. — Hugues n'était pas très savant, si l'on en croit une hidle d'Huuorius III, datée duS janvier 1219, privant du droit d'élection ceux qui à deux reprises avaient choisi pour évèque Hugues de la Ferté, itidif/mim oh deffctum littérature, dit la huile. On ne savait pas que Hugues eût été à cette époijue sur le point d'être évèque. V. Hegislre d'Honorius III par Pressuti.

Mais Auhnj Cornut (1236-1244) laissa une plus grande réputation de savoir que ses prédécesseurs. Il était neveu de Gautier et de Gilles Cornut, archevêques de Sens. Élevé dès son enfance dans l'église de Paris, il fit d'abord de belles études libérales , puis il s'adonna au Droit civil et l'enseigna comme professeur. Ensuite il cultiva le Droit canon et devint membre du Conseil royal dont son oncle était président : pour que rien ne lui manquât , dit son obit, il ajouta la théologie à la science des lettres '. Son oncle, Gautier Cornut (1244), avait aussi professé à Paris, et composa une relation de la Translation de la Sainte Epine -. Son frère Henri Cornut était archidiacre de Chartres : ses neveux occupèrent aussi des évêchés.

La famille de Grez, de Gressihus, à laquelle appartenait Henri de Grez (1244-1246), son successeur, n'avait pas moins de culture d'esprit. Henri était très habile dans la science des Lettres et surtout du Droit : son éloquence était remarquable, et le pape Innocent IV, en confirmant son élection, rendait témoignage à son savoir ^

Mathieu des Champs (1247-1259), qui vint après lui, n'est pas signalé dans son long obit au point de vue des études ; mais l'on sait qu'il donna ordre à Jehan le Marchand de traduire en vers romans le livre des Miracles de Notre- Dame \

Pierre de Mincy, (1260-1276) s'appliqua, comme Henri de Grez, son oncle, aux études libérales : il fut professeur dans les arts à Paris, puis il s'adonna au Droit civil et enfin au Droit canonique, et devint docteur et régent en Décrets ^

Quant à Siyyion de Perruchay , son principal titre scientifique est d'avoir été le neveu de Martin IV. Ceux qui suivent n'ont pas plus de réputation littéraire que lui ^ En résumé, la moitié des évêques chartrains du XIIP siècle excellaient dans les études de Droit et sortaient des grandes Universités.

^ Cart. de N.-D., 111, 197.

- Hauréau , Notice sur les œuvres supposées ou authentiques de Jean de Garlande, p. 55. — Ce moine anglais cite Gautier parmi les professeurs célèbres de Paris.

3 Cart. de N.-D., III., 216, II, 115, 129. — \o\y Registres d'Innocent IV. 20 et 25 mai 1244. Grégoire IX lui avait aussi écrit, le l^r février 1230, en même temps qu'à maître Robert du Coin du Mur

* Cart. de N.-D., III. 5. — Chart. Univ. Paris. Denifle et Châtelain, 1.329.

s Cart. de N.-D., III., 76. — « IIL 195.

Il en était de même des doyens. Hugues (1204-4206) avait une grande intelligence naturelle, et légua, nous l'avons déjà dit. un magnifique Homéliaire en trois volumes '. — Chnilaume (1206-1212) brilla aussi par sa science, et donna un Psautier glosé, les Epitres de saint Paul glosées, les Décrets, un AntipJionaire'-. — Barthélémy (1212-1224) est célèbre pour sa connaissance de l'un et de l'autre Droit : il devint évêque de Paris ^ (1224-i 227 ) . — Thomas de Saint Denis (f 1241), nourri dès son enfance dans l'Eglise, était éloquente — Etienne de Grez (y 1243), frère de .l'évêque Henri, était orné de la multiple science des lettres et pleinement instruit dans les Ecritures , le Droit canonique et civil. Sur sa tombe, qui fut aussi celle de son frère, chez les Jacobins, on inscrivit une épitaphe en vers où ils étaient proclamés tous deux forts dans l'un et l'autre Droit : jurihus armati ^. — Jean Hispanus fut nommé doyen par Innocent IV (1244) dont il était chapelain, à cause de son savoir ^ — Chapelain lui aussi du Pape, Raoul d'Auhusson (1259-1276) aimait tant les étudiants pauvres de Paris qu'il acheta pour dix d'entre eux une maison et affecta à leur entrelien une rente de 60 livres. En mourant, il légua une bourse à l'Université ' . — Guillaume de Grez, qui de doyen de Chartres devint évèque d'Auxerre en 1278, était d'abord conseiller d'État du roi Philippe ^ — Durand de Mende (1279-1286) fut l'un des plus fameux canonistes et liturgistes du Moyen- Age'. La liste des doyens du XIIP siècle est donc une liste de personnages instruits. Ijien capables de surveiller les écoles chartraines.

Section II. — Les Chanceliers, — Arrivons aux chanceliers, qui avaient la juridiction immédiate et personnelle sur les écoles.

Le successeur de Denys fut le fameux Pierre de Roissy**. Ce chancelier appartient à l'histoire littéraire. Othon de Saint- Biaise, Jacques de Vitry, Rigord, Roger de Hoveden,

< Cart. de N.-D.. III, 1U5. — ' III, i:^.5. — ^ m, 199. — ^ III. :>iT. 7, '204. — 5 III, .jl.

^ Lettres d'Innocent IV du 21 mai et du 15 décembre. Voir le Rerjistre d'Innocent IV par Elie Berjjer.

■ Chart. Univ. Par. Denitle et Châtelain. I, i7i. Lettre de Cli'nient IV. î>?, janvier 1-26S. — Du Boulas . HIsl. Un. Par. III. 50^2. — Gall. christ. XI

*Unrt. de A.-D., III, 32, DU, 177.

« Hist. lift., \\. ï\i.

Villehardoiiin, Mathieu Paris en ont parlé. Il fut du nombre de ces maîtres de Paris qui se joignirent à Foulques de Neuilly, et parmi lesquels on voyait Eustache de Flay, Albéric de Laon, Robert d'Auxerre, Pierre le Chantre, Robert de Courçon, plus tard cardinal, Gautier de Londres, Etienne Langton, etc. '. Il commença de prêcher avec Foulques de Neuilly en 1198. « En cette année, dit Vincent deReauvais, Foulques s'adjoignit, pour le ministère de la prédication , un autre prêtre nommé Pierre de Roissy, homme instruit et bon qui convertit beaucoup de libertins et d'usuriers. Il poussa plusieurs courtisanes publiques à la continence conj ugale, et pour les doter il obtint 250 livres des écoliers et plus de 1000 livres des bourgeois ; d'autres, rejetant le mariage, prirent l'habit rehgieux et furent placées dans la nouvelle abbaye de Saint- Antoine, fondée exprès pour elles ; d'autres enfin se condamnèrent à des pèlerinages et à de grandes fatigues : » Ce ne fut pas la seule œuvre de Pierre de Roissy : sur l'ordre d'Innocent III, il prêcha aussi la Croisade-.

(( Malheureusement, dit Jacques de Vitry, il ne soutint pas sa gloire. Lui qui avait embrassé le chemin de la perfection, prêché la pauvreté, fut, à l'occasion de ses prédications, accablé de richesses et de revenus ; il devint chanoine et chancelier dans l'Église de Chartres, et lui, qui aurait dû tirer la lumière de la fumée, au contraire étouffa la lumière dans la fumée. Il attira le mépris sur son enseignement, et de plus il nuisit beaucoup à Foulques et à ses disciples*'. »

Cette défection, signalée par Rigord% qui termina son histoire en 1207, est antérieure à cette année-là. C'est donc vers 1204 ou 1205 que Pierre de Roissy devint chancelier de Chartres. Il ne paraît pas qu'il fût aussi méprisé que le dit certain chroniqueur. A plusieurs reprises, entre autres en octobre 1208, le pape le chargea de juger certaines affaires en son nom \ Son obit est très élogieux : « Le 8 septembre, mourut

' Du Boulay, Hist. Un. Par., 11, 509, 517, 511. — Historiens de France, XVII, 593 ; ià sont tous les auteurs cités ici. — On a mis longtemps Pierre de Roissy sous Fulbert. V. Hist. litt., XVIII, 5^24, et Mémoire d'Hauréau sur les Chanceliers de Chartres du nom de Pierre, comptes-rendus de l'Académie des Inscriptions et Belles lettres, 1872. Voir aussi son Mémoire sur (juelfjues chanceliers de VEglise de Chartres, 113-122.

- Vinc. de Beauvais, 29, c. 59.

3 Du Boulay, II. 511.

"* Rigord, De gestis Philippi Augtisti, dans les Hist. de Fr., XVII, 18.

^ Cart. de Marmoutier pour le Blésois, p. 182, et de Saint-Jean, 111, 97.

vénérable personne Pierre de Roissy, prêtre et chancelier, docteur en la Sainte Écriture, et excellent prédicateur, orné à un haut point du savoir et de l'éloquence. Il légua de nombreux livres à cette Église : les Histoires de Pierre le Mangeur, les Sentences de Lombard, un Psautier glosé, les Epi très de saint Paul glosées, les Moralités sur la Bible, VApocalypse et les Douze petits prophètes, les Epitres canoniques et les Actes des Apôtres glosés en un volume, des Gloses sur Vancien Testament en 2 volumes, les Sermons de Vahhé de Clairvaux. les livres de Gaius, Solin, Apollinaire, le livre de Senéque : De naturalihus quœstionihus ^ » Il a laissé de plus des écrits de sa composition dont quelques-uns mériteraient de voir le jour, des Sermons d'abord, dont l'un relatif aux Croisades, puis un Manuale de Mysteriis ecclesiœ - et des Gloses sur Job et le Cantique des Cantiques, ouvrages qu'il a composés pendant son séjour à Chartres '\

Son successeur fut Guillaume, comte du Perche*. Chanoine dès 1196'', puis prévôt, il fut chancelier de Chartres de 1211 à 1213, évéque de Châlons en 1215. Dès ses premières années jusqu'à son épiscopat. il était resté dans l'Église de Chartres. En 1219, il fonda un cierge devant la sainte Chasse^, et le Chapitre reconnaissant lui fit la faveur d'un service anniversaire : il mourut le 12 février 1226 ^

Robert de Bérou (de Beroto) l'avait remplacé dès 1213. Il appartenait à l'illustre famille de ce nom : le doyen GeofTroi était son oncle : son frère Simon de Bérou, un savant aussi, avait été désigné par Innocent III avec Pierre de Roissy, pour juger une affaire. Robert de Bérou avait reçu une semblable mission : mais il mourut avant de l'avoir remplie, et Honorius III en 1216. le 20 mai, désigna un autre délégué ^ Il orna la place du chancelier au chœur d'une verrière qui existe encore à l'entrée du côté gauche. Cette verrière représente, en haut, des pèlerins s'entretenant ensemble, et, en bas, Robert de Bérou, vêtu d'un amict rouge, d'une aube blanche, et d'un manipule bistre, agenouillé devant un autel, et tenant en ses mains un

^ Cart. deN.-D.. 111, 171.

- Bihl. nat. f. latin, 149:23, 14500, 14859. 11 y on a deux oxemplaires au Vatican, un à Évreux.

3 Bibl. d'Avraiiches, Xlle s. — Bibl. nat., f. latin. Iii35.

'• (jirl. de N.-D.. 1, 255. — ^ II, 93. — ^ 111, 40.

"^ Analecta novissima du card. Pitra, p. 524. — Rcgesta Honorii III, anno primo.

sceau sur lequel sont gravées des lettres difficiles à interpréter : l'inscription porte : Rohertus de Berou, Carn. cancelarius.

Barthélémy, son successeur, était simple diacre : archidiacre du Dunois, en 1181 et dans une charte de 1183 à 1193, il fut chargé dès 1208 et 1212 par Innocent III de différentes missions '. Chancelier en 1217-, il se retira cinq années après à Paris, où il devint chanoine de Notre-Dame et professeur, tout en gardant la chancellerie de Chartres. Sans doute il y avait fait des études dans sa jeunesse, et il y avait connu l'évêque Thihault mort en 1157 ; car il fonda un anniversaire pour son âme en même temps qu'un autre pour lui-même. En 1222, il avait un successeur ^ : en 1224. on parle des rentes affectées à son service funèbre. Son obitle proclame habile dans le Droit : jurisque peritiœ informatus.

Vint après lui Guillaume de Chartres, qu'il ne faut pas confondre avec ses deux homonymes, le chapelain de saint Louis (f 1280), et le maître des Templiers (f 1219). On l'appelle aussi Guillaume de Paris, car il était originaire de cette ville, où il avait une vigne dont il est fait mention en 1226 ^ Chancelier jusqu'en 1235, il fut ensuite archidiacre de Poissy, et mourut en 1250. Son obit est des plus élogieux ^ : « Venu de Paris, il fut surnommé Guillaume de Chartres. C'était un homme d'une science éminente, d'une éloquence hors ligne, très versé dans le Droit canonique, rempli des sources théologiques, prédicateur abondant de la parole divine et de la doctrine sacrée. Tout ce qu'il disait, soit en latin, soit en français, était si poli, si orné, et sortait si suavement de sa bouche qiion aurait pu Vappeler vraiment un Chrysostôyne. »

La même année mourut Constantin, qui l'avait remplacé dans la chancellerie. Il suffit aussi de transcrire son obit : « En 1250? décéda maître Constantin, chancelier de cette église, homme prudent, vénérable, discret, recommandable par sa fidélité, modeste, austère, affable, bienveillant : il était habile dans Vun et Vautre droit, et il était aussi expert et versé dans l'art médical.

' Cart. deN.-D., I, 207, 211.

- Reycsta Honorii III, Fereiitini 27 jiilii. Ahbali de Josaphat et Decano et Cancellario Carnotensibus. — Cart. de N.-D. Paris, I, 118.

3 Cart. de N.-D. de Pans, II, 236 : IV, 7, 126. — Son obit, Cart. de N.-D. de Chartres, III, 147.

^ Chari. Un. Par. l, 108.

5 Cart. de IS.-D., III, 4.

Originaire de Sicile, dans la terre de Labour, il avait acquis précisément par sa science en médecine la faveur et l'amitié de Jean de Brienne, l'illustre et très chrétien roi de Jérusalem (1210-1225), plus tard empereur de Gonstantinople. Il demeura longtemps avec lui au-delà des mers; puis, sur la prière et les instances de ce roi, il obtint du pape Honorius III une prébende à Chartres et fut ordonné sous-diacre par ce pontife, Reçu amicalement par le doyen Hugues de la Ferté, de sainte mémoire, il demeura si uni avec lui que celui-ci, devenu évèque, lui conféra la chancellerie. Pendant quinze ans et plus, il remplit cet office avec prudence et éloge, s'opposant énergiquement aux usurpateurs des droits et des libertés de cette chancellerie. » Le Nécrologe raconte ensuite ses libéralités envers les pauvres, la fondation de son anniversaire, son legs d'une couronne, d'un anneau d'or, et de deux bassins d'argent pour la sainte Cliàsse. « De plus, ajoute-t-il, il donna à l'Église ses livres de Droit, cest-à-dire de très beaux Décrets, tout le Corpus juris en cinq volumes, et les anciennes Décrétales. Il ne faut pas oublier un trait étonnant, c'est que ce chancelier, déjà mortellement frappé, se transporta à Saint- Jean-en-Vallée pour y faire creuser sa sépulture trois jours avant sa mort, comme si Dieu la lui avait fait pressentira » L'Obituaire de Saint-Saturnin mentionne aussi son anniversaire au VIII des kalendes de septembre. C'était donc un homme éminent : d'ailleurs Innocent IV lui continua les faveurs d'Honorius III, et, à deux reprises, en 1243 et 1244, il le chargea d'examiner en son nom l'élection de l'évéque de Langres-.

Après lui ce fut Pierre de Taaris. qu'on aperçoit une seule fois dans une charte de 1251 en faveur dun maître, mais en compagnie de plusieurs autres" qui semblent lui faire cortège.

Vers 1255, on voit maître Pierre des Champs (de Campis). Ce n'est pas le frère de l'évéque Mathieu, qui portait aussi ce nom : .ce n'est pas non plus, comme quelques-uns l'ont cru, l'évéque Pierre de Cappis. Son obit nous apprend qu'il fut professeur : ci Revêtu de l'étole blanche des confesseurs, comme un vrai jirofesseur de la religion, il est à croire qu'il a été admis dans le chœur céleste. Noble de race, plus noble de cœur, par dessus tout, ami de la

' (jiri. de N.-D.. m. 160.

- Registres d Innocent IV, 7 juillel 1113, 9 mars \'2ïi.

3 Cart. fie y.-l)., II. 116.

fidélité, il remplit loyalement son office. Il y plut tellement que sa mémoire est encore en bénédiction ^ »

C'est dans ce même intervalle de temps, de 1251 à 1260, que doivent se placer Robert Chapelet et Eudes du Lac noir (Odo de Lacu-Nigro). Robert n'est signalé que dans le Polyptique rédigé avant 1300 ^ Eudes apparaît dans une charte de Tiron, pour un procès occasionné, en 1253, 1254, 1255, par des prétentions sur certaines dîmes d'Oisème ^

Mais en 1260 le chancelier est assurément Pierre de Castra ou de Castris (peut-être de Châtres), distinct d'un autre chanoine du même nom, qui vivait peu après, mais ne reçut jamais ce titre. En 1251, il n'était encore que maître % en 1260, il assistait au parlement de la Chandeleur avec G. de Carnoto^\ en 1261, il y était encore à la même époque, cette fois avec son titre de chancelier ^ : ce qui prouve qu'il l'obtint cette annéelà. En 1272, il est appelé clerc du roi et est chargé d'une enquête à Bourges : en 1275, vers la Pentecôte, il fait condamner un tavernier de cette ville qui l'avait insulté, à huit jours de prison, à des excuses, à un châtiment au choix de la victime, consistant en trois processions à faire au temps fixé par lui '. En 1280, il conclut une acquisition au nom du Chapitre : enfin, en 1294, on parle de ses exécuteurs testamentaires et de sa maison sise rue du Grand Beauvais : il venait donc de mourir ^ Son obit fixe les conditions de son anniversaire et rapporte quil augmenta le luminaire fondé par son prédécesseur, et légua une aube, une étole, un manipule ^

C'est sous lui. en 1285, que l'on trouve le premier recteur connu des Grandes écoles de Chartres ; il s'appelait Jean de

^ Cart. de iV.-D., 111, 109. — ^ K, 288, 289.

^ Cette charte (II, 185), en somme, est douteuse : on n'en a qu'une copie sur papier du XYII*^ siècle ; de plus elle est conçue en termes singuliers ; elle nomme Eudes chancelier en 1271, tandis qu'en celte année le chancelier était Pierre de Castris. Cette date doit être fausse : il n'est pas vraisemblahle que le procès commencé en 1253 ne se soit terminé qu'en 1271.

' Cart. deN.-D., II, 146, 162.

^ Olim, I, 303. 11 y est appelé De Castro.

6 Textes relatifs à l'Histoire du parlement, Ch. V. Langlois, 1888, p. 53.

•^ Olim, II, 64.

8 Cart. deN.-D., 1, 144, 11, 193.

^ Cart. de N.-D., III, 54 :«il est parlé de lui dans le Registre capilulaire 1007, t. I, f. 99 V. et 117. Une lettre de Nicolas IV, datée du 13 janvier 1292, signale maître Guillaume de Castris, comme chevecier d'Orléans, chanoine de Lisieux et de Chartres.

Serez *. C'est encore sous lui, en 1287, que l'on voit employée pour la première fois l'expression suivante : tnagnus magister i>colarinn Carnotensium, qui s'applique évidemment au recteur des grandes écoles. Elle se lit dans VOrdinacio ^ervicii ecclesie Carnotensis, publiée dans le Cartulaire-. On y règle que ce personnage doit venir à Matines, aux fêtes et dimanches et aux fêtes de neuf leçons, pour y entendre les lecteurs et désigner les leçons : Ordinatum est quod magnus magister scolarum Carnotensiiim teneatur d'iehus festivis et dominicis et festis novem Lectionum venire ad matiitinas, ad ausciiltandum legentes et signandum lectiones, prout consuetum est ah anliquo. Ces derniers mots nous prouvent que les grandes écoles existaient depuis longtemps. En cas de besoin, elles auraient été ressuscitées par le concile de Latran. en 1215, qui exigea la création de maîtres d'écoles non-seulement dans chaque cathédrale, mais partout oij il y avait des ressources.

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