CHAPITRE P^ LES PETITES ÉCOLES
Au XIII^ siècle, on n'entrevoyait parmi les petites écoles que celles du Chapitre. Au XIV^ siècle, on aperçoit non-seulement celles-ci, mais encore celles des paroisses de la ville et de la campagne, qui dépendaient du Corps capitulaire. Il y en avait sans doute d'autres . mais nous ne les avons pas recherchées.
Section I. — Les écoles de la ville et de la campagne . — Les écoles de campagne signalées dans les documents capitulaires sont celles de Fontenay-sur-Eure et de Gallardon. Les premières étaient dirigées, en 1306, par Guillaume de Gonella^. Les secondes avaient pour recteur, en 1387, Jean Golet -. On * en connaît un plus grand nombre dans la ville, où il y avait les écoles des monastères et des paroisses. Roger ^ gouvernait, en 1324, celles de Saint-Jean-en-Vallée, et Philippe Ménard, en 1391, louait celles de Saint-Martin-au-Val à Pierre Brebier ^ En 1320, Luc était recteur de celles de Sainte-Foy, et Guidomar de celles de Saint-Michel ^ ; en 1348, Hervé Renout, en 1365, Jean Roussel [Rousselli] présidaient celles de Saint- André % et, en i369, Jehan Fro mont, celles de Saint-Saturnin". Au XIV^ siècle, il y avait donc des écoles en campagne et il y en avait au moins six à Chartres en dehors de la cathédrale. Leurs maîtres jouissaient d'un certain revenu : Philippe Ménard, curé de Rohaire, en 1391, loua ses écoles de Saint- Martin-au-Yal, pour un an à partir de Pâques, à Pierre Brebier, clerc de Limoges, moyennant cent sols tournois, payables moitié à la Saint Jean , moitié à la Purification. Celui-ci de son côté exigeait, surtout de ses pensionnaires, Vécolalge, c'est à dire une rétribution scolaire, et, quand il recevait quelque chose pour eux, il faisait les frais de leur entretien. Jean Fromont, recteur des écoles de Saint-Saturnin, reçut de Jean Charron, chapelain de Saint-Étienne , et de Jean de Theu ville, 9 sols, sans doute pour un écolier, mais il dut payer 2 sols 6 deniers à Perrette la Bouchère ' en 1369, et 6 sols tournois à Guillaume Hamon pour un livre de chant ^; il put encore prêter 8 sols à Jean Belluette en 1351 *" et à un autre 6 sols 7 deniers ' ' . Hervé Renout s'était enrichi ; il vendit du vin à Hervé du Bois pour 11 livres (1348)'-, et lui prêta une fois 100 sols (1350) ^3, une autre fois 8 livres. Quant à Luc, recteur des écoles de Sainte-Foy, le Chapitre lui alloua lors de
' Rey. Cap., 10Q7/1, f. 18 v. Il fut expulsé du diocèse en 1306.
- Contrats G. 156, 158.
3 Reg. cap., 1008/1, f. 115 v.
^ Coni. G. 157, f. 189 v. et 198.
« Refj. cap., 1008/1, f. 71.
'■' Cotit. G. 151, f. 27 V. — "^ 15i. f. n V., :23, 83 v., 85, 91, Wt v., 130 V., 112, 113 V., 203 V. — « 151, f. 41 v. — « f. 121 v. — <<> 151, f. 112. - " f . 123. — '-* 151, f. 27 V. — <3 151^ f. 79,
son départ une rente annuelle de 2 sols par semaine ' . Ces maîtres d'ailleurs étaient pour la plupart clercs ou prêtres de chœur de la cathédrale, comme Jean Fromont-.
Les programmes de ces petites écoles étaient nettement fixés. Elles ne devaient pas dépasser Donat, pour ne pas faire concurrence aux grandes écoles. R-Oger, recteur de Saint-Jeanen-Vallée, et le maître des écoles de Saint-André, furent cités, l'un en 1324 3, l'autre en 1325, pour s'entendre rappeler cet ordre par le Chapitre. Voici le texte des Actes capitulaires : (( Le mercredi , après la fête de Saint Vincent , Roger, recteur des écoles de Saint-Jean-en-Vallée, fut averti en séance capitulaire, en vertu des privilèges de l'Église de Chartres, qu'il lui était défendu à l'avenir d'instruire dans sa maison ou ailleurs, à moins que ce ne fût dans les grandes écoles de Chartres dont la collation appartient au chancelier de Chartres, quelques enfants, dans les livres ou la science des livres qui dépasse le Donat '. »
Le maître de Saint-André n'ayant pas voulu se conformer à cette décision fut excommunié et mis à l'amende ; il dut s'engager envers le Chapitre et le chancelier à payer cette amende, parce qu'il avait été et qu'il était encore excommunié sur la poursuite du chancelier. De plus, il promit qu'à Favenir, dans ses écoles, il n'enseignerait plus les enfants, à partir du jour où ils commenceraient à savoir leur Donat ou leurs parties, et qu'ensuite il les conduirait aux grandes écoles chartraines ■\
Ces deux textes nous manifestent clairement l'organisation des petites écoles: elles étaient subordonnées aux grandes, dans leur programme; elles étaient surveillées par le Chapitre et le chancelier. Toutefois elles n'étaient pas aussi étroitement
1 Rerj. cap., 1008/1, f. 74.
2 Cont, G. 151, f. m. G. 154, f. 23.
3 Reg. cap., 1008/1, f. 115 v.
^ Reg. cap., 1008/ K f. 115 y. Rogerus^rectorscolarumSancti-Johannis-in- Valleya Carnotensi, monitus fuit in Capitula, auctoritate privilegiorum ecclesie, sibi inhibitum ne ipse de cetera adiscat in domo sua vel alibi, nisi fuerit in majoribus scolis Carnotensibus quarum collatio spécial ad venerabilem virum cancellarium Carnotensem, aliquos pueras in libris seu scientia librorum adiscendorum ante librum Danali.
^ Reg. cap., 1008/1, f. 239 v, Magister scolarum Sancli Andreœ Carnotensis gagiavit in (lapituloven. vira domina cancellaria Carnotensi et etiam Capitula emendam, quia fuerat et erat excommunicatus ad instanciam dicti cancellarii, et promisil quod de cetera in scalis suis non erudiret libéras ex qua inceperint adisci Donatum suum seu partes suas, sed eas ducet ad majores scolas Carnatenses.
— liw liées au Chapitre que les petites écoles capitulaires des enfants
Section II. — Les écoles capitulaires des enfants (Vaulhe. — Elles existaient jusqu'à ce siècle, cachées à Toruhre de la Cathédrale et des grandes écoles, dont elles se distinguaient à peine, à partir du XIII*^" siècle, elles ont une physionomie plus accentuée, une organisation déterminée ; elles ont une histoire qui se continuera jusqu'à nos jours.
Ce n'est plus le chantre qui parait les gouverner seul : elles relèvent directement du Chapitre qui les confie à deux maîtres, l'un de grammaire, Tautre de musique, pour instruire les enfants in arte cantandi et legendi ' . Le premier connu de ces maîtres est Robert Claude, en 1301, qui devint, cette année-là, chapelain de Saint-Xicolas ■. Robert d'Étampes lui succéda, de cette époque à 1328. Jusqu'à sa mort en 1343, il fut fréquemment employé par le Chapitre pour les affaires financières. En 1305, il s'était associé maître Simon ^
Son successeur, maître Thibaut, curéd'Ymeray ', eut comme auxiliaires, en 1335. Encelot^, puis le clerc de chœur Auxelle, et à l'entrée de celui-ci en religion, en 1342 % Jacob de Grandreville que patronnait la reine de Navarre '.
Vinrent ensuite, en 1349, Robert Scot\ et Thibaut Crochet ^ qui mourut en 1351: en 1351 Gui ^'\ et, en 1358, Ponce d'Alton ville ''.
Nous trouvons plus tard P. de Mantes (de Medunta) '-. puis en 1360, Raoul de Mantes (de Medunta) '% en 1365 un certain Pierre ' *, et Jean Garnier ' ^ en 1374 et 1375. En 1378, le maître de grammaire était Guillotin Crochet *^ et celui de musique Jean Santander '". Ils eurent pour successeurs, en 1383, Richard Lapion, curé de Bailleau-le-Pin '% en 1385, G. Couvai)i ^^,
< Reg. cap., 1007/2, f. 109 v.. 1342.
- heg. cap., 1007/1, f. U. Robert Claude est signalé en 1358, Cont. G. 152, f. 32, i6, 16 V., 66.
3 Refj. cap., 1007 1, f. 180. — ' 1007/2, f. 49 v. — ^ 1008 1, f. 203 v. et 1007/2, f. 70 V. — 6 1007/2, f. MO. — " F. 109 v.
8 Cont. G. 151, f. .i9 V. — » 151, f. 35. — '« F. 78. — " 152, f. U. — *^ 161, f. 31. — '3 152, f. 8! V. — «* 153. f. 17 v.
«5 Heg. cap.. 1007/3,1.40,35. - '^ F. 58. — «" F. 50v., 53. -'«F. 61.
'3 Cont. G. 155, f. 113.
avant 1388, Michel Pelletier^, en 1392, Jemi Guiart- et enfin en 1402, Jacques Viiisciues ou de Morino ^
Ces maîtres, dont la liste est presque complète, jouissaient d'une assez belle situation. Thibaut, après avoir été recteur des grandes écoles et curé d'Ymeray, ne dédaigna point de redevenir simplement maître des enfants d'aulbe.
Ils avaient d'abord une pension annuelle fixe '* de 10 et quelquefois de 12 livres. De plus ils étaient heuriers-matiniers, prêtres de choeur, chapelains, et, sur la fin de leur carrière, ils pouvaient être chanoines. Gomme heuriers-matiniers, ils recevaient, en 1374, chaque jour, 4 deniers pour assister à Matines, 2 deniers pour la grand'messe, en tout 6 deniers par jour^ Gomme prêtres de chœur, ils disaient une messe à laquelle étaient attachés 2 deniers ; s'ils étaient chapelains d'un autel, ils jouissaient de la rente fondée. Ainsi Ptobert Glaude était chapelain de Saint-Nicolas , Robert d'Étampes avait la moitié de cette chapellenie, et plus tard (1324) il obtint l'autel des Vierges ^ En 1335, Encelot eut une des deux chapellenies fondée par le cardinal Arnaud de Pellegrue, de plus l'assistance aux Matines et aux Heures, et enfm 8 livres de rente annuelle pour une messe des Morts à dire chaque jour pour le repos de l'âme du cardinal ^ et la prétrière de Jouy qui rapportait 15 livres par an (1326-1329).
A ces fonctions les maîtres joignaient quelquefois celles de comptables de la Fabrique, et, de ce côté encore, ils touchaient des émoluments. Pendant longtemps Robert d'Étampes fut Thomme de confiance des chanoines fabriciens \ Enfin le Ghapitre leur accordait des gratifications. A Robert d'Etampes, en plus de sa pension, ultra pensionem suam, à cause de la cherté et parce qu'il avait plus d'enfants que le nombre fixé \ il assigna 30 livres en 1306, 10 livres en 1310 '". Il lui octroya aussi pour sa vie durant un pain de Loens à toucher chaque jour, et une rente quotidienne de 6 deniers sur les Matines, et en 1328, de 12 deniers sur la bourse du Ghapitre. Après sa retraite, il obtint une
< Cont. G. 156, f. 178.
2 Reg. cap., 1007/3 f. 96 v.
3 Coîit. G. 160, f. 208.
* Rcfj. cap., 1007/4, f. 127, (1345). - ^ 1007/3, f. 35 et en 1392, 8 (leniersf. 96 v. — ^ i008;i, f. MO. — " F. 103. - « 1007/1, f. 67, 70 v. — 9 F. 46 V. — <o F. 75 v.
prébende, et conciliant à son neveu, Jean Breton, la bienveillance du Corps capitulaire. il le plaça d'abord à l'Hôtel-Dieu. renvoya ensuite aux écoles et enfin lui obtint une bonne cure. Les maîtres des enfants d'aube étaient payés par les clianoines pour leur nourriture et leur entretien. Ils recevaient,
• pi'o alimentis puerorum, 10 livres et un muid de blé par trimestre, ou quatre setiers pour toute l'année. Ainsi, en 1345 ', le collecteur des tailles paya 40 livres tournois à maître Tbibaut, pro pens'ione débita pro aUmentis ipsorion puerorum. En 1351, le doyen paya pro victuaUbus puerorum 4"^ sextaria bladi sub pret'w quod ista die valet -. De même en 1365, P. Guete donna au maître des enfants 10 livres, pro municioïiibus puerorum, et lui fit remettre un muid de blé ^. Le même chanoine, en 1367, lui accorda 10 livres, 4 muids de blé et 4 muids de vin *. On fit la même allocation en 1379, 1380 ^, mais en 1383, elle fut de 15 livres ^ En 1385. ce G. Couvain, récemment maître des enfants d'aulbe, atteste avoir reçu de maître G. Grandin, officier de Loëns, un muid de blé pour la nourriture des enfants, de la Toussaint à la Purification '. »
Les maîtres prenaient 5 sols sur chaque prébende par an ^ : ils percevaient les émoluments attribués aux enfants pour leurs diverses assistances ^ En outre, ils recevaient 2 sols tous les dimanches où les enfants portaient leau bénite chez chaque chanoine résident ^°. Certaines offrandes, qui étaient remises en propres mains aux prêtres officiants, leur revenaient aussi.
■ Robert d'Etampes leur laissa 4 livres de rente annuelle, moyennant deux messes à dire dans la chapelle de Saint- Nicolas '* : il fit encore d'autres legs qui furent contestés par son neveu Pierre, en 1342 ^-. C'était avec ces ressources que le maître de grammaire, spécialement chargé du temporel, devait pourvoir aux besoins ordinaires des enfants. Il faut y joindre les pensions payées par les parents ou les bienfaiteurs. En 1350 '^, un chanoine fit entrer un enfant de chœur : il dut payer sa pension: en 1349", Jeanne, veuve de J, Capucins, paya '30 livres à Tliibaut Crochet, pour les arrérages dus aux
' Ref/. cap., 1007 >2, f. 1-27.— - F. ir.D. — ' F. -237. — * F. -280 v. - 5 1007 :î, f. 53 V., 57 V. —'' F. iW.
- dont. G. 155, 1". li:i.
8 Hcfl. cap.. 1007 L 1. 8. rt 1007 3. t. KM. — ^ 1007 3. f. i5. — '« 101)7 2, t. iO. 1328. — " 1007 3, 1". 25. — <- 1007,2, 1". Ili v. — «3 F. U8 V.
«* CoHt. G. 151. 1. 35.
enfants d'aube par défunt Pierre de Gondé. En 1351 <, Hemeric de Gay donna 8 liv. 16 sols à maître Robert Scot pro expensis filii sui. La même année, Philippe le Boucher de Bourg-Robert (de Burgo-Roherti) donna 2. florins au même maître, pour lin de compte de son fils Jean, enfant de chœur'.
Les habits de chœur formaient une dépense à part que le Ghapitre se réservait : il assumait de même les soins de médecin. En 13453, il chargea le chanoine Luc d'Orméto (de Urhe Veteri) de donner 100 soîs au médecin qui avait guéri le petit Sonnart d'une fistule. Les autres frais incombaient au maître de grammaire. En 1375, le maître Jean Garnier paya 8 sols tournois à Maurice Loiseau, porteur d'eau ^ Michel Pelletier étant mort (1388), avant d'avoir soldé les dettes qu'il avait contractées pour les enfants, son exécuteur testamentaire, Guillaume Rebours, dut payer : 15 sols tournois à Gilot Béchet, pour avoir réparé les chaussures de l'enfant Jehan Morchoyne, et avoir creusé sa fosse; 3 sols à Michel Martin pour avoir apprécié sa friperie ; Q3 sols à Robin du doux pour avoir fourni 8 barils de vin au défunt : 2 sols 6 deniers à Jean Godard pour lui avoir fait des souliers : enfin 18 sols à Guillemelle qui l'avait assisté dans sa maladie, sur lesquels, 10 sols pour l'avoir gardé et 8 sols pour quelques petites dépenses ; plus 10 sols à Jeanne, femme de Guillaume de Provins, pour l'avoir pareillement veillé ^
En tout cela d'ailleurs, les maîtres des enfants d'aube dépendaient du Chapitre, qui, chaque année, déléguait deux ou trois de ses membres, pour visiter élèves et maîtres, et lui en référer, s'il y avait quelques abus à corriger. Ces délégués devaient inspecter l'état général et spécialement la nourriture, circa statum etvictum, en temps de cherté : ils devaient vérifier les dépenses, reprendre et au besoin punir les maîtres. En 1355, on recommande à l'archidiacre de Vendôme et à maître Pierre du Bois (de Bosco) de fournir les vivres aux enfants, de
^ Cont. G. 151, f. 79. — ^ 151, f. 104.
3 Reg. cap. 1007/2, f. 128 v.
^ Cunt. G. 159, f. 78.
^ On donna le bréviaire de Pelletier, convert en cnir rouge, gratuitement, à son frère Guillaume. G. 156, f. 173, 178, 189 v. On donna aussi 10 s. à Jean de Louche pour le cercueil de Pelletier; 16 liv. 3 sols, 4 den. à J. Roulier pour les distributions faites à ses funérailles , c'est-à-dire 1 1 livres 5 sols pour les chanoines, 4 liv. 13 sols 4 den., pour les choriaux, 15 sols poiu' les psautiers, 10 sols pour les porteurs du corps. Cont. G. 156, f. 174 v.
toucher leurs revenus, d'aménager et de réparer leurs demeures. En 1359 \ Raoul de Mantes, Radulphus de Medunta, maître des enfants daube, reçut de Loens (siège de l'administration temporelle du Chapitre) par Jean de Cepoy 10 écus pour la réparation de sa maison, plus 10 livres • tournois de monnaie courante. Les chanoines veillaient à ces soins temporels, chacun leur semaine, moyennant quoi ils avaient droit à deux pains, et celui d'entre eux qui ne faisait point sa semaine payait un écu à son remplaçant-. Du moins, cette dernière mesure était appliquée quand il n'y avait plus de maîtres. Ainsi , en 1378. le chanoine Benoît se chargea des dépenses, et reçut à cet effet 10 livres, dont il dut rendre compte. En 1392, Pierre de Mesvillio et Pierre de Byaco furent commis pour visiter les enfants dans leur demeure deux fois par semaine , pour les examiner sur la grammaire et la musique et réformer les maîtres s'il y avait lieu ^.
Ainsi tenue avec soin, cette petite école ne se composait pas seulement des dix enfants de chœur accoutumés : les maîtres pouvaient en accepter de supplémentaires. Robert d'Étampes en avait un de plus que le nombre fixé. Les heuriers-matiniers en faisaient presque partie, puisqu'on devait leur apprendre chaque semaine une partie du psautier et les rendre capables de le chanter par cœur * ; de même, les marguilliers qui devaient savoir leurs Histoires, (sans doute les leçons de Matines) corde tenus •', et pouvoir les chanter sans lumière.
Aussi ne s'y bornait-on pas aux éléments du chant et de la grammaire. Le Chapitre mettait ses jeunes pupilles en mesure d'entrer à l'Hôtel-Dieu, à Tiron, à Coulombs, à Saint-Jean % à Saint-Père % à Saint-Laumer de Blois % à Saint-Martin-des- Ghamps, à Saint-Victor de Paris : il leur donnait l'instruction suffisante pour remplir les fonctions d'heuriers-matiniers , de prêtres de chœur, de chapelains, car ces diverses situations ne s'obtenaient pas sans des études sérieuses et sans des examens. En 1336, le Chapitre accorda au chanoine Etienne Belot que
' Cont. G. 152, f. 81 v.
-' Reti. rap., 1007/2, f 175 v. — ^ I0U7 3, f. 95 v. (1392). - * 1007/1, f. i8L — 5 1007 2, f. 64, 1332. — « 1008/1, f. 161.
■^ Her/. cap., 1007/1, f. 81, Le Chapitre iloiine 20 liv. t. à renfant de chœur Norman |iour entrer à Saint-Père.
® On donne 35 iv. à Colin de Laiion pour entrer à Saint-Laumer, 1008/1, f. 152 V.
son neveu Perrot, enfant de chœur, entrât à l'Hôtel-Dieu ; mais ce fut à la condition qu'il l'entretiendrait aux écoles à ses frais pendant six ans. Ainsi l'école capitulaire conduisait comme celles des paroisses jusqu'aux grandes écoles '.