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CHAPITRE II LES GRANDES ÉCOLES

Plusieurs documents attestent l'existence des grandes écoles de Chartres, au XIV^ siècle: leurs maîtres y sont appelés, selon leur rang^ recteurs, sous-recteurs, maîtres. Peu saisissablesau XIIP siècle, ces grandes écoles sont bien visibles aux siècles suivants. Débris des Universités du XII<^ siècle, fréquentées par un Chapitre composé d'hommes éminents, sortes de séminaires préparatoires aux fonctions cléricales, où les ecclésiastiques inférieurs et même quelques chanoines recevaient leur dernière culture, elles avaient encore un certain éclat. Elles prenaient leurs élèves au sortir des petites écoles et les conduisaient jusqu'au seuil des Universités.

Section L — Les Recteurs des grandes écoles. — Le plus ancien recteur connu, avons-nous dit, est Jean de Serez, qui gouvernait les grandes écoles en 1285. Est- il le même que Jean de Cereis, trésorier de Lisieux, auquel on dut conférer une prébende en 1312 - ? Quoi qu'il en soit, dès 1302, il était remplacé par Etienne, lequel est dit : rector scholarum Carnotensium , et reçoit du Chapitre une maison sise en arrière du cloître^. En 1304, le vendredi après la Saint Jean, un acte est passé : prœsentihus, Marti7io de Halu Ahtptario, Moriseto Pictavini, redore et subrectore scolariim Carnotensium : signatures curieuses, qui jettent un grand jour sur la direction des écoles chartraines^ En 1326, elles ont à leur tête

< Reg. cap., 4008/1, f. 205. — ^ 1007/1, f. 86 v. — ^ F. 22 v. — * 1007/1, f. 103.

Thibaut, qui devint curé d'Ymeray, et deux ans plus tard, maitie des enfants d'aube '.

En 1348, leur recteur s'appelle /ernt le François, {Joannes Francisci)-. En 1349, c'est maitre Robert, à qui l'on accorde les Matines ^ En 1354, c'est maitre Jean Gascouin*. En 1)365, ^ c'est Jean de Rondeau (de Rondelle ), lequel apparaît souvent, jusqu'en 1387 % sous ce titre : Johannes de Rondello, magister rnagnarum scolarum.

Dans la suite, on trouve plusieurs personnages décorés du titre de maîtres: ce sont Robert Audaxis, en 1369 ^ Jean Sarcelli. en 1373*, Geoffroi de Diimo\ en 1390 et 1392, Jean Gigot, en 1390 et 1391 "^ et enfin Jean Biaise ( Blasii j en 1399"^.

A ces maîtres il faut joindre ceux qui, moyennant un salaire déterminé, recevaient chez eux de jeunes enfants pour les introduire, comme ils disaient, in clericum, in arte clericali, in seolis : tels étaient en 1371, Jean le Houic^^, avocat du Chapitre, en 1372, Henri Crochet^- et Thomas Eustace ^^, en 1387, Simon Huard '% et J. Caillot '% en 1390, le chanoine J. de Sarraponte^^. Ils tenaient sans doute les enfants en pension, et ils leur servaient de répétiteurs. Étaient-ils aussi maîtres en titre? nous ne le savons; mais les maîtres eux-mêmes prenaient aussi des enfants.

Voici quelles étaient les conditions d'écolage dans les grandes écoles. En 1365, J. de Rondeau reçut, par le chanoine Crispin de Bois-Hinoust. du chevalier Jean de Versailles, 5 fr. dor pour avoir gardé son fils chez lui '". En 1370 '% il eut de Jean Vallée (de Valleya) 4 francs d'or, tam pro nutritura quam pro indus- Iria Guill. Gantet nepotis ipsius. En 1387, il reçut 4 sols de Dernier de Praville, pro introductione filii sui, et 15 sols de J. le Percheron, pro introductione Pétri filii sui "*. Au contraire, en 1370, il confia le fils de Lubin Robert à Jean Chastillon de Verrières et lui donna 4 francs pour sa nourriture-^. De même, en 1369, Guillaume Mustelli paya 15 sols de salaire à Robert

« Reg. cap., 1008/1, f. 136 et 137.

-' Cont. G. 151, f. i V.

3 Heg. cap., 1007/2, f. U6.

* Pintard, 10U. p. 310.

5 Conl G. 153, f. il. — « 15-1, f. i3 v. — " 155 et 154, f. 223. — « 157, f. 278 V. — 9 157, f. 19 v. 191. — <« 160, f. 2. — *' 154 f. 124 \.

— *-' 1(1., f. 170 V. — '3 id., f. 176. — «^ 156, f. 71 v. — «s 150, f. 58. - "*" 157, f. 127. — '" 153, f. 17. — «« I5i. f. 123 v. — ^^ 156, f. 78, HG v.

Audaxis pour avoir enseigné un enfant '. La même année, Sulpice Daguereau versa un franc d'or entre les mains de Jean Jarret^ clerc, pour la pension de son fils -.

Voici m extenso le texte d'un contrat d'écolage (1366) entre Jehan Courtoys et Jean le Boucher d'Ablis : (( Jehan Courtoys reconnaît avoir reçu de Jehan le Boucher d'Ablis, Jehan Mercier, fils de défunt Jehan Mercier, de la Saint Michel passée à la Saint Michel prochaine. Le dit Jehan sera tenu d'introduire le dit Mercier ad clencum, et de l'envoyer à l'étude à ses propres frais. Il sera tenu aussi de lui administrer le vivre et le gîte pour le prix et la somme de 10 francs d'or et d'un muids de pois. Ledit Courtoys confesse avoir reçu six francs d'or dont il donne quittance : il recevra les quatre autres francs et les pois à la Madeleine prochaine ^ ))

Ce Jehan Courtoys apparaît souvent dans les contrats de ce temps'; on le prenait comme procureur en affaires. Jean Fourré, dit Doucet, lui promit 10 sols pour salaire en 1370: peut-être lui avait-il aussi confié un enfanta?

Maître Simon Huard (1371) donna 3 francs d'or et 15 sols tournois à Jean le Houic, pour deux écoliers qu'il tenait dans sa maison: il ne lui offrit pas davantage, parce qu'il ne les avait pas gardés le temps convenue D'autre part, ce même Simon Huart reçut en 1387 de Robin de Gizay 20 sols, pour introduire son fils m arte clericali\

Henri Crochet, prêtre, accepta (1372) de Jean de Baconcelles, curé d'Ormoy, un enfant appelé Etienne Courcerel, cousin germain dudit Jean, depuis le dimanche de Letare jusqu'à la Pentecôte, pour le prix et somme de 25 sols tournois, et, si cela leur plaît à Tun et à l'autre, le dit Henri Crochet pourra garder l'enfant au-delà de ce temps, moyennant 25 sols pour chaque mois, et il promet de lui donner les vivres et les choses nécessaires, comme les vêtements, les chaussures, et de l'envoyer à l'école à ses frais •\ Le chanoine J. de Sarraponte (1391) prit de même le fils d'Eble de Latoufourche, pro introducendo in scolis, moyennant un psautier ou 20 sols tournois ^ Thomas Eustace (1372), prêtre de chœur, donna 2 sols parisis à Jehan Paris, aussi pour un enfant'".

Les contrats suivants sont encore plus nets. En 1390, Jean Blanchart promet à Geoffroi de Dumo et à Jean Gigot, maîtres

' Cont. G. 154, f. 43 v. — - 154, f. 63. — ^ 153, f. 76. — ^ 152, (1357-1359). — s 154, f. 90 v. — « 154, f. 127 v. — -^ 156, f. 71 v. — 8 154, f. 170 1). - « 157, f. 127. - 'o 154, f. 166 v., 176 v.

des écoles de Chartres, 10 sois, pro scotaritate Joannis filii dicti Blancliart, de diiobus terminis. Le même Geolïroi de Dumo, maître des grandes écoles, donna quittance aux exécuteurs testamentaires de Jean de Tilhia, jadis chanoine, de 5 sols que celui-ci devait, pro scolagio, pour l'écolage de son neveu '. ^En 1392, il reçut encore 20 sols, pro sallario scolaritatis J. Rogerii, plus 5 sols pour les autres dépenses -.

Voilà donc comment vivaient les élèves des grandes écoles. Tantôt les maîtres les prenaient en pension cliez eux, tantôt ils les confiaient à des sous-maîtres en payant pour eux, tantôt ils les remettaient à des prêtres de chœur ou à des chanoines qui les nourrissaient, les habillaient, et les envoyaient aux écoles. Sans doute, ceux-ci en exigeaient quelques services, et ils complétaient leur instruction en les formant aux fonctions cléricales. D'ailleurs, tous ces maîtres étaient rémunérés de leurs peines, et ïécolaige leur rapportait, nous lavons vu, environ 20 sols par an. Le Cliapitre tenait de son côté ses enfants de chœur en pension, et donnait 10 livres aux maîtres qui les gardaient : ceux qui recueillaient chez eux de jeunes écoliers ne faisaient que limiter.

Cet écolage était-il une source de richesses? J. de Rondeau vend et achète des biens à Chalet, à Affonville et à Yérigny ^ : il prête 3fr. d'or à Simon Huard (1370), moyennant un Iluguccio comme caution ^ Mais l'écolage n'était pas toujours bien hdèlement payé ; les maîtres avaient, pour le percevoir, quelques diflicultés avec les parents des élèves ou leurs représentants. Les contrats font assez souvent mention de leurs procès". Heureusement, ils avaient d'autres revenus.

Comme ceux qui dirigeaient les enfants d'aube, les recteurs avaient des fonctions rétribuées à la Cathédrale. En 1310, on renouvela l'ordonnance de 1297, portant que le recteur des

« Cont. G. 157, f. 24, 19. — -M 57, t. 278.

3 Conf. G. 153, f. 1 U. Gilut d.' Rondeau lui acliùte du l)lé pour IG sols, f. 1-20. (iilot Hubert prend de maistre .leliaii de lloiideau un héberi^emeut et trois iniiys déterre que ledit Jeliau a assis à AflbuYille...à paier en la maison dudit llondeau à Chartres... en l'oustel dudit Rondeau. Le même lui loue une vache pour i francs et trois quarts. — V. [21 v., 147 v., ses procès 158 v. 83, 85. G. 154, f. 215. G. 155, (de 1385 à 1386;, 1, 21, 63 v., 80 v, 94 v.

* Coîit. G. 154, f. 113 V.

■^ Cont. G. 151, f. 4 V. (1348) : in causa Roherii de Landa contra ma- (/istrutn Joannem Francisci rectorem scolarum CarmUensium. — De même, G. 151, f. 49.

écoles est tenu à chaque fête de neuf leçons d'assister à Matines et d'écouter les leçons : s'il y a des manquements, il devra payer 6 deniers pour chacun \ On régla aussi qu'il serait puni de ses propres contraventions par une amende. En 1326, on revint sur ce sujet et l'on répéta que le maître des écoles devait se tenir au chœur du côté droit, et qu'il paierait 6 deniers d'amende quand il manquerait aux fêtes de neuf leçons, et 3 deniers quand il serait absent des fêtes de trois leçons. On venait d'ailleurs de lui donner, en 1324, l'office des Matines que le sous-doven Pierre le Riche avait fondé-. En 1351, on lui accordait 8 sols de grâce spéciale pour son assistance à Matines •'.

Section IL — Les Maîtres ou Professeurs. — A côté des recteurs ou maîtres des grandes écoles se trouvaient les maîtres, qui étaient à la ïoï^ ^professeurs .

Les professeurs es arts étaient ceux-] à même que nous avons nommés à la suite des recteurs * et qui les aidaient dans la tenue et l'instruction des enfants. Nous avons vu qu'ils commençaient leur cours à partir de Donat et qu'ils enseignaient tout le cercle des connaissances littéraires. Ils se chargeaient spécialement des humanités.

Il y avait en outre des maîtres en Médecine, en Théologie, et surtout en Droit, dont quelques-uns, semble-t-il, faisaient des cours sur chacune de ces branches.

Pour la Médecine, on ne trouve pas toujours le titre de professeurs ou docteurs, mais on rencontre beaucoup de médecins.

En 1302 et 1303, on voit Pierre d'Auxonne, qui fut reçu parmi les avoués de l'Église ^ En 1305, on admit au Chapitre Jean, apotJiecarius phisiciis comitis Montisfortis , médecin du comte de Montfort, et Guillaume de Villeneuve , médecin, phisicus, de la reine de Navarre. En 1306, on rencontre Geoffroi, medicus, qui devint frère de l'Aumône ^ En 1309, 1321 et 1326, on signale Guillaume de Lèves, (de Leugis). apothecarius de Carnoto'^.

' Reg. cap., 1007/1 f. 71 v.

2 Laisné, Bibl. nat., XI, 162. — Reg. cap,, 1007/2, f. 39.

3 Reg. cap., 1008/1, f. lU v.

* Ajoutons-y : Johannes Valentis magister in artibus, (1400), que roii dit chapelain de Saint-Cloud, mais non professeur (G. 160, f. 99), et Jean Casson, licentié en arts et en médecine, qui achète, en 14.05, une maison au cloître Saint-André. G. 165, f. 24 v.

^ Reg. cap., 1007/1, f. 103, 202. — ^ F. 48 v. — ' 1008/1, f. 85 v. Tome XL M. 24

En 1310, mourut le chanoine Jean Alaude : il était dispensé des séances capitulaires, chaque fois que le soin des malades l'exigeait. On l'appelait l'apothicaire physicien de la comtesse deMontfort, en 1309'. De 1306 à 1312, fleurit Guillaume de Valence. On rapporte qu'il avait été médecin sous le chancelier Pierre de Castra : ce qui ferait croire qu'il avait enseigné réellement la médecine-: l'on dit aussi qu'il fut pris par la reine pour son médecin, son familier et son commensal ^.

En 1317, on cite maître André, i^hisicus, hospes CapituU, médecin, hôte du Chapitre ^ : en 1318, maître Olivier, preshiler phisicus, prêtre médecin': en 1321, maître Thihaud, cirurgicus ^ : en 1324, Pierre de Grasse (de Grassis), phisicus : celui-ci était commensal de deux chanoines '.

En 1326 et 1328, on compte Rohin d'Auxonne (de Auxonia) parmi les avoués du Chapitre ''; puis en 1358', Barthélémy de Novo-Castro, appelé magister in medicina '°, et Jean, apothecarius^\ et Nicolas, médecin; en 1369, maître Pierre de Troyes (de Trecis), apothecarius '-; en 1385, maître Jacques de Vinceneul, médecin'^; en 1399, maître Pierre de Moi, cirurgicus '*. En 1370 le chanoine Ponce Bohier avait ses distrihutions cliaque fois qu'il visitait un malade du Chapitre.

Ne semble-t-il pas que ces médecins, chirurgiens, apothicaires, physiciens, comme on disait alors, étant avoués, hôtes, commensaux des chanoines, n'étaient pas seulement des praticiens, mais aussi des professeurs? D'autant plus que depuis longtemps la science médicale était cultivée à Chartres, et qu'alors même on y transcrivait beaucoup de traités médicaux : nous avons encore de ce temps des Hippocrate, des Galien, des Johannitius, des Théophile, des Giraud, des Alexandre de Tralles, des Bernard de Gordon, des Philarète '^

La Théologie nécessaire aux clercs était enseignée sans doute par tous ces maîtres qui tenaient chez eux des jeunes gens pour les introduire dans l'état ecclésiastique, in arte clericali. En outre, il y avait un lecteur de la Bible qui faisait des leçons dans l'église : en 1329, on décida que le clerc qui

^ Reg. cap., 1007/1, f. 68. — ^ F. U6 v. — 3 F. 151 v. — * 1008 '1, f. 52 V. — « F. 60 V. — 6 F. 87. — ' F. 1 11 v. — ^ F. 209.

9 Conl. G. 152, f. 32 v. — •« F. 80. - «' Id., f. :\1. - <-' 151. f. 15. — <=» 155, f. 81. — <* 160, f. 71.

'^ Voir à CCS noms le Cal. des mss. de la Bibl. de Ch. : voir aussi la liste des gradues du XIV« siècle à la fin de cet ouvrage.

ferait la lecture, c'est-à-dire le Commentaire de la Bible, recevrait 14 sous de rente annuelle à perpétuité. En 1349, le Rotulus de l'Université de Paris présenta Michel Belesmeuf, maître en théologie, pour une , stalle et une prébende dans l'Église de Chartres, à condition d'y résider et d'y enseigner la théologie. Ce Michel avait été déjà présenté en 1346 pour un bénélice : on le disait alors du diocèse de Rouen, maître es arts, bachelier en théologie. En 1351 , le Chapitre écrivit au Pape jpro Michaele, magistro in theologia '. Ce maître apparut encore aux chapitres de la Purification en 1352 et 1353 , avec le titre de doctor in theologia ou doctor theologiae. ■

En 1353, le 29 mai, l'on obtint d'Innocent VI une bulle attribuant une prébende canoniale et tous les droits canoniaux à la charge de lecteur en théologie 2. En restaurant la charge de lecteur le Pape la donna à ce même Michel 3 qui l'exerçait déjà.

En 1354, 1356, 1358, on trouve encore dans les P^egistres capitulaires, M. Michael lector ; c'était sans doute le lecteur dont nous venons de parler. Il avait pour confrères, de 1351 à 1356, maître G. Johannes, qui, dans les chapitres de la Purification et de la Saint Jean, reçoit aussi le titre de magister in theologia^ et le chanoine R. , que l'on voit en 1352, à la fin de la liste des prébendes, avec le titre de magister theologiae. On pourrait croire que ces dénominations indiquaient plutôt des grades universitaires que des fonctions scolaires. Il n'en est rien : les lecteurs étaient de vrais maîtres professant publiquement la Théologie à l'usage sans doute des clercs qui n'allaient pas aux grandes Universités. Ils avaient nous l'avons vu une prébende spéciale. On lit en effet en 1360'' : Magister in theologia ratione prehende non tenetur solvere X libras fro pane Loenii.

' Reg. cap., 1007/2 f. 153 v.

- (Bibl. de Ch., ms. 330, f. 286) : Cum itaque hodie in Ecclesia Carnotensi ex certis rationabilibus causis officium lectoris in theologia de novo instituendum duxerimus ac instaurandum , ac statuerimus quod ille cui de dicto of'ficio pru tempure canonice provideri coniingeret, quamprimum ipsius officii possessionem canonice adeptus existeret, esset et esse intelligeretur canonicus dicte ecclesie ac stallum in choro et locum et vocem in Capitulo necnon cotidianas distrihutiones et alia quœlibet eniolumenta et jura canonicalia sicut alii ejusdem ecclesiœ canonici intègre consequi debeat et habere.

» Chart. Univ. Par., IJ, 625, 626. On cite la lettre du pape du 10 juin 1353 rétablissant Toffice de lecteur d'après le Reg. Aven. Inn. V, f. 455. — Voir aussi p. 595.

* Reg. cap., 1007/2, f. 201 v.

Le Droit était plus en honneur que les branches précédentes. Cette vogue avait probablement pour cause le renom des grands canonistes qui, depuis le siècle précédent, étaient du Chapitre et restaient en rapport avec lui. Ainsi Durand de Mende en était doyen ; Boniface VIII en avait été prévôt. •En 1309, le fameux Berenger Fredoli y avait une prébende ^, et le pape lui permettait, le 7 novembre 1308, de toucher ses gros fruits , bien qu'il ne résidât point. En 1305, Pierre de Belleperche envoyait des lettres de l'official de Paris, attestant qu'il était clerc du roi : il désignait aussi ses procureurs. En 1307, il fondait par testament son anniversaire en l'église de Chartres, et lui léguait une chasuble, une tunique, une dalmatique. Après sa mort sur le siège d'Auxerre, en 1308, ses exécuteurs payèrent en son nom au Chapitre une somme de 100 livres.

Guido de Bayso, nommé, par Boniface VIII, le 12 août 1295, chantre de Chartres, à la place de Guillaume de Narbonne, résidait à Bologne, où il était archidiacre et professeur. Mais il avait pour procureur général en France, Audiger, chanoine de Laon , qui se substitua à Chartres G. de Pontlevoy {de Ponfilevio), J. de Villamauri et Herbert de Cheseio. En 1308 il envoya la permission qu'il avait obtenue du pape de toucher les fruits de sa prébende. En 1305, Pierre, curé de Fontenay-sur-Eure, dont il était le prébendier, présentait en son nom des lettres attestant qu'il résidait à Pérouse, près de la cour romaine. En 1307, le 21 février, le pape le désigna avec plusieurs autres comme arbitre dans une affaire du monastère de Tiron. En 1309, le chanoine J. de lleate, son procureur, le remplaçait totalement i)i capilulo et choro. La même année, le Chapitre lui écrivait pour différentes affaires à poursuivre en cour de Rome, et spécialement pour obtenir un juge délégué contre le doyen du Mans. En 1311. P. de Insula et J. de Reate, nommaient en son nom Simon de Luigné curé de Fontenay-sur-Eure, paroisse qui faisait partie de sa prébende.

Plus tard, en 1375, Pierre de Croseto, chapelain du pape, était reçu chanoine en la personne d'Hugues Gast: Guillaume Nouveau (Noellus), docteur en Droit civil et archidiacre de Chartres, était cardinal en 1371 el gouverneur de iOmbrie en 1373.

' Hi'g. cap., lOOT/K 1. 129 v.

Malgré réloignement de ces canonistes, leur renommée devait favoriser l'étude du Droit canon dans le clergé de Chartres : celle des clercs chartrains employés par le roi dans son Parlement et dans ses ambassades devait produire le même effet pour le Droit civil. Chaque année, quatre ou cinq d'entre eux réclamaient le droit de toucher leurs fruits, parce qu'ils étaient clercs du Roi. Citons entre autres, le sous-doyen Pierre le Riche (Divitis), dont Philippe le Bel se servit si souvent. Il fut envoyé en ambassade à Venise, et l'impératrice de Constantinople le prit aussi pour son clerc. Citons encore Jean de Dijon (de Divione) \ le chevecier Laurent Voisin {Vicinus)^ qui apparaît si souvent dans les premiers registres capitulaires, et que l'on voit au Parlement dès 1285, Philippe de Mornay, qui était au Parlement en 1318 -. Il y eut encore plus tard deux laïques fort versés dans le Droit civil : Jacques d'Ahleiges et Jean Lecoq (Gallus). Jacques d'Ableiges, d'abord bailli de Chartres en 1380. jura en plein chapitre d'observer le traité conclu entre les chanoines et le roi. En 1389 il revint à Chartres, fut élu maire général et principal du Chapitre. Nous avons encore le serment qu'il prononça dans cette circonstance. On sait qu'il fut le rédacteur des Grandes Coutumes. Jean Lecoq, fils d'un pâtissier de Chartres, fit des études distinguées à Paris, devint avocat au Parlement en 1381, avocat général en 1392. C'était un jurisconsulte renommé : il a laissé un Recueil d'arrêts très estimé.

L'exemple et l'influence de ces hommes donnèrent une grande vogue aux études du Droit civil et canonique. Le titre de legum professer revient souvent dans les Registres capitulaires appliqué tantôt à des membres du clergé chartrain , tantôt à des maîtres spécialistes, tantôt à des avocats et conseillers du Chapitre. Ce sont :

En 1298, Pierre de Saint-Denys (de Sancto-Dionysio), legum professor 3; en 1300, Jean de Montmirail (Johannes de Montemirahili), legum professor, homo Capituli ^ ; en 1303, Eudes de Saint-Sauveur (Odo de Sancto-Salvatore), legum professor ^ ; en 1298-1303, Lambert du Châtel (Lambertus de Castello), dont nous reparlerons; en 1309, 1313, 1317, Jean de Boves, legum doctor : il remplace l'official de l'évêque ^

< Olim, m, 1749, 839, 504. — -' Olim, II, 1053, 1055.

2 Reg. cap., 1007/1, f. 203. — * F. 216 v. — ^ jr ^g y. — ^ F. 97, 429 V.

En 1317, Guillaume Basset, officiai de Chartres, est aussi appelé legum doctor^. Vers la même époque, on voit Raymond de Provins, legum professor.

En 4319, 1325, 1326, Renaud de Lyoart (Raginaldus de Lyoart), clericus, legum professor, est pris par le Cha- ♦pitre comme conseiller, moyennant une pension de 10 livres -. Il avait été choisi comme garant dans une affaire. Les chanoines P. de Villanis et P. Albi, étaient tous deux aussi professeurs de lois. Le premier est qualifié utriusque juris professor en 1329% la même année il est investi de la chantrerie par le pape. Le second, autrement dit Pierre Leblanc, était, en 1315, officiai de la chambre épiscopale : en 1326, il fit son premier stage, et reçut la prêtrière de Bailleau. En 1327. il fut délégué par le Chapitre à diverses affaires temporelles, par exemple, à l'office des anniversaires, à l'inventaire de la succession de l'évêque Robert de Joigny, à des négociations avec le prieur de Sainte-Foy et l'abbé de Saint-Jean, à la vérification de différents comptes. En cette même année 1327, il a le titre de legum professor; en 1328, on le signale comme professeur à l'Université d'Orléans: en 1329, il demande la permission de résider in studio Parisiensi *. Mais en 1330 il revient : il se dit alors âgé de 55 ans ; on le dispense de se lever pour Matines, et on lui accorde 120 livres, à la condition qu'il se substitue un matinier. Ce matinier le remplaçait peutêtre dans son enseignement, car il est appelé aussi legum professor. Enfin Pierre Leblanc meurt en 1333 ^

De son temps vivait Guillaume Thierry, chanoine, très souvent cité dans les Registres. Ce fut un bienfaiteur de la cathédrale, dans laquelle il posa un vitrail et fonda un autel sous le vocable de sainte Catherine. Dès 1309, quand l'évêque lui conféra une prébende, il était legum professor^ : en 1328 et

< Rpg. cap., 1007 /2, f. 27. - - 1008 I, f. 70, 253.

3 Ri>g. cap., 1008/1 f. 162 v., 25i. Le 1 1 janvior 1327, il fut Fiin des chanoines de Paris qui citnstituèrent des procnieurs pour le procès qu'ils avaient engagé contre l'Univcrsilé. Le 23 mai 1329, il devint chantre de Chartres d'après le llegislre de Jean XXII, an 13, p. 3, ep. 20i7. V. Chart. Un. Par. Il, 298. If y avait avec lui (iaillard de Cardailhac, qui, d'ahord archidiacre du Dunois, fut chanoine de Paris le 16 mai 1326 et chanoine de Chartres le 15 août 1332.

^ Reg., cap., 1008/1, f. 163 v.

« Voir surtout Reg. Cap. 1007/2, f. 19, 39, 4i, 137, \U), I i3, lli, 145, 195, 197, 254, 261, 263, etc.

« Reg. cap., 1007/1, f. 145 v.

1329, il recevait encore le même titre : il était même appelé ut7nusqiie juris prof essor \

Nous trouvons encore : Joannes de Chaloto, legum professor -, qui prit en 1328 la maison du chanoine Léger de Betiziaco ; le sous-chantre Joannes de Cantumerula {de ChantemerJe)^ autre professeur de lois, qui prit la même maison après la mort de Jean de Chalo en 1329 % et mourut lui-même en 1347, laissant à son chapelain le soin de fonder une chapellenie ^

Petrus de Taillata, legum professor, cherchait une maison pour faire son stage canonial en 1343 : il reçut une somme de mille florins pour suivre les affaires du Chapitre en cour romaine, et emprunta en 1346 la Lectura Jacohi super Digesto novo ^.

Joannes Martinus, utrmsque juris professor, est signalé comme professeur à Angers % également en 1343.

Guillelmus de Prœlis, que l'on voit de 1331 à 1348, soit aux chapitres, soit en quête d'une demeure, avait le titre de legum professor \

Petrus de Croseto , Decretorum doctor, chapelain du pape, reçut une prébende en 1375 ^ ; nous l'avons déjà nommé.

Etienne Roger (Stephanus Rogerii), est qualifié dans différents chapitres, de 1369 à 1383, de utriusque juris professor; il était à l'Université d'Orléans, et docteur en l'un et l'autre Droit, en 1343. Il fut constitué pénitencier pour absoudre les chanoines qui avaient révélé lôs secrets capitulaires; il avait pour chapelain Jean Charron \ En 1372, d'après le Praedicator Carnuteus , il dota la fabrique des Frères Prêcheurs. Il se fit aussi enterrer dans leur église. La collection Gaignières a conservé le dessin de son tombeau et le texte de son épitaphe.

Vincent de Briendas, docteur en décrets, est signalé en 1399 comme exécuteur testamentaire du chanoine André Granser ^°.

' Reg. cap., 1008/1, f. 154. 1007/2, f. 50. — ^ 1008/1 f. 260. — 3 F. 260. — 4 1007/2, f. 134 v. — ^ i008/,l f. 284 v.

^ Les Univ. franc, an Mogeri-Age, Denifle, p. 56.

•7 Heg. cap., 1008/1, f. 262 v., 267. 1007/2, f. 136 v. — » 1007/2, f. 6. 9 1007/3, f. 15, 24, 61 v.

'0 Cont. G. 160, f. 42 v. Marcel Fournier, dans le tome III de V Histoire de la science du Droit, cite comme professeurs de Droit à Orléans, originaires de Chartres: 1306-1321, Michel Mdiucomhût, legum professor ; 1300-1310, Pierre d'Auxonne ; 1325-1330, Pierre Leblanc, legum doctor; 1330-1335, Pierre de Chappes; 1333, Belin Guiliamiie ; 1336, Guil. Lamy, chan. d'Orléans et de Chartres ; 1337, Etienne Roger; 1336, Jean d'Augerant; 1389, Raoul du Refuge.

A tous ces professeurs, il faudrait joindre les secrétaires, notaires et conseillers du Chapitre, qui presque tous avaient leurs grades et pratiquaient le Droit s'ils ne l'enseignaient pas. Citons entre autres: Pierre Pelicon, qui fut reçu conseiller avec Lambert du Châtel en 1322, et fut plus tard officiai * ; — Raoul Péri (Radulphus Péri), conseiller en 1323, appelé doctor legurn et utriusque juris professor (le même peut être que Radulphus de Paredo cité plus haut) -; — Renaud de Bandor ville et Denys Chatwpigneau, licenciés en Droit civil, en 1338 ; — Simon de Janville de Yenvilla), legum professor et advocatus in parlamento, en 1340; — Jean de Béziers (de Biteris), licencié en décrets, procureur en cour romaine, en 1345 ; — Hélie du Refuge (Helyas de Refugio), utriusque juris professor, en 1347.

Le Chapitre décida en 1348 de chercher des personnes savantes i7i ut roque jure, qui résideraient continuellement à Chartres, et lui prêteraient l'assistance de leurs conseils. En 1390. il retint maître Jean de Thona, licencié en lois, et Jean le Houic. avocat. Le maire de Loens après Jacques d'Ableiges? Jean du Pont, était licencié en lois^ Et tous ces hommes étaient dits les pensionnaires du Chapitre, dont ils recevaient les uns 40, les autres 30, la plupart 10 livres de traitement annuel.

Nous n'avons nommé ici que les maîtres en Droit signalés par les Registres capitulaires, parce qu'ils purent donner quelques leçons à Chartres. Mais il y en eut beaucoup d'autres, que l'on trouvera dans la liste des étudiants chartrains qui fréquentèrent les Universités au XIY^ siècle. Cette liste sera donnée à la fin de cet ouvrage.

Section IIL — Jes Chanceliers. — Au-dessus de tous ces professeurs se tenaient les chanceliers et les évéques. Ces derniers cependant, non seulement n'enseignaient plus, mais ne gouvernaient plus dans les écoles. Toujours en lutte avec les chanoines, ils étaient tenus par eux à l'écart des études.

Les chanceliers étaient les vrais directeurs supérieurs des écoles au nom du Chapitre. Comme autrefois, à leurs fonctions scolaires ils joignaient des fonctions administratives. C'était par leur organe que les chanoines notifiaient leurs délibérations (1338;. Ils gardaient les sceaux, non pas tous, car

^ On coiinail Toflirial de Chartres Nicolas de Liizai'ches, que Boniface VIII cii.» devant lui le h""" mars Ii2!)5 pour avoir empiiHé sur son archidiaroné de Poissv: il devint évêque d'Avranches (l307-i:>llj. — V. Cart. de N -D., 111, 110.

- Reg. cap., 1008 1, f. 'JT. - ' 1007/3, f. 86, 88.

quelques dignitaires, le sous-doyen, par exemple, en avaient de spéciaux pour leur propre juridiction, mais les principaux, ceux du Corps capitulaire tout entier. En 1309, on décida que le chancelier en serait dépositaire, ratione eancellariœ suœK En 1326, pendant son absence, on enferma le grand sceau sous deux clefs, et l'on régla que rien ne pourrait être scellé sans le consentement du Chapitre lui-même-. Le petit sceau blanc d'argent et l'autre petit sceau de cuivre furent laissés aux mains des procureurs du chancelier, pour les citations et autres actes secondaires du Chapitre. On pourvut encore une autre fois à la garde de ces sceaux. Ils s'appliquaient surtout aux actes contentieux, tels que citations, excommunications, et encore aux lettres envoyées au loin, et dans ce cas seulement après la signature des notaires^. Ils restaient pour le chancelier une source de revenus ; mais la dîme des grands sceaux sur cire blanche était versée à la Fabrique (1338) ^ Cette conservation des sceaux donnait au chancelier une grande importance ; il avait son officiai particulier en 1314 ^ Il y eut une enquête en 1333 pour savoir si la chancellerie n'était pas une dignité : l'on conclut cependant qu'elle avait toujours été un pur et simple office ^ En 1364, on fixa de nouveau le rang du chancelier au chœur : le sixième lui fut accordé ou plutôt confirmé, et, comme jadis, le chancelier siégea après le doyen, le chantre, le sous-doyen, le sous-chantre, le camérier. D'ailleurs il devait assigner, par lui-même ou par son mandataire, les leçons des Matines, pourvoir à ce qu'elles fussent lues intègre et perfecte chaque jour et surveiller son côté du chœur \

La surveillance, les réceptions, la rédaction des documents concernant le Chapitre, en même temps que la direction des écoles, en faisaient le gardien né du Trésor où étaient renfermés les archives et les livres : cette double fonction de bibliothécaire et d'archiviste lui incombait donc au XIV^ siècle comme autrefois. En 1324, on lui vota quatre sols pour faire relier les manuscrits \ Cependant nous verrons qu'à partir du milieu de ce siècle, la Bibliothèque devint un service particulier, qui

^ Reg., cap., 1007/1, f. 189. — ^ 1007/2, f. 40. — ^ F. 238. — * 1007/2. — s 1008/1, f. 16.

^ Rcg. cap., 1008/1, f. 184 v. Capitulum declaravit quod cancellaria Carnotensis est merum et purum offîcium et non dignitas, et merum officium reputavit, informacione fîde digntorum prius super tioc habita diligenti.

' Reg. cap., 1007/2, f. 15 v., 180. — » 1008/1, f. 116 v.

fut confié à une commission de quatre chanoines nommés chaque année. Mais ce qui lui resta, ce fut le gouvernement des grandes et des petites écoles, des maîtres et des élèves. Enseignait-il lui-même ? On ne le sait pas sûrement, mais il était certainement le chef hiérarchique, pour le Chapitre, des • études. C'était lui qui, nous l'avons vu, interdisait aux maîtres des petites écoles d'aller plus loin que Donat, et voulait qu'ils envoyassent leurs élèves aux grandes écoles pour les études supérieures : le chancelier lit même excommunier un maître qui manquait à cette ordonnance'. Il intervenait jusque dans la fixation de leurs salaires par le Chapitre. En 1308, il s'opposa à ce que Lamhert du Châtel (de Castello), legis professor, reçut quelque chose en plus des 60 livres qui lui avaient été allouées -. Le chancelier d'ailleurs était un homme instruit, et souvent appelé à de hautes dignités : on va le voir par la série de ceux qui remplirent cette fonction pendant le XIY« siècle.

Le premier, celui qui succède à Pierre de Castra, s'appelle Pierre de Grez* [de Gressihus^ ^: il est nommé dans une bulle donnée par Boniface YIII, le 7 mars 1296, chancelier de Chartres, chanoine d'Auxerre, chantre de Paris. Le 26 septembre 1298, il est cité par le même pape pour avoir mal parlé de lui : en 1303. il fut témoin dans la lettre d'un professeur de tiiéologie adhérant à la décision du Chapitre de Paris contre Boniface YIII \ En 1308 (13 juillet), il succéda sur le siège épiscopal d'Auxerre à Pierre de Belleperche, et à son propre cousin Guillaume de Grez : il régna de 1309 à 1335. Il avait été chancelier de Champagne, Brie et Navarre. Philippe le Bel l'envoya, en 1298, à Arras, avec Pierre de de Belleperche; en 1301. il était au Parlement, et recevait par Jean des Monts (de Montihus), un autre de ses cousins, chanoine de Chartres comme lui, la somme de 130 livres pour 120 jours de présence^. Charles de Yalois, en 1305, lui donna une mission pour Bordeaux ; la même année et plus tard encore, il était procureur de Louis de Tliuringe, chanoine de Chartres % et présentait au Chapitre en son nom ses dispenses apostoliques

' H<'fj. cap., KMKS i, f. 230. — -* l(X)7 I . f . 187.

^ Tous les renvois se rélereiit au Rcff. (Itip.^ K)()7/l.

^ Chnrt. Un. Par., II, 103.

•■* liibl. de VEcok des Charles, t. T)!. p. 71.

« Rerj. cap., J007/1, f. 126.

de non-résidence. C'était donc un diplomate, estimé des puissants. Il usa de son savoir-faire et de son influence au profit de son église. Contre le prévôt du roi, il revendiqua la liberté d'Isabelle, mairesse du clos de la chancellerie ^ ; il prit sous sa protection comme avoués différents Chartrains. Dans les différends du Chapitre avec le comte et le roi, il servit de médiateur, et fut député deux fois par les chanoines vers l'un et l'autre -. En 1306, il porta au Parlement les conventions anciennes et nouvelles déjà conclues, sans doute afin de les faire ratifier. Enfin, étant évêque en 1308, il fut choisi comme arbitre par le comte Charles ^ Fidèle aux traditions du Chapitre, il n'était pas d'avis que l'évêque eût le droit de jeter l'interdit sur la banlieue ; celle-ci était soumise exclusivement, pensait-il, à la juridiction capitulaire". Néanmoins l'évêque de Chartres, en 1307, le choisit pour son vicaire -général avec Philippe, archidiacre du Dunois, et. en cette qualité, il conféra une prébende ^ — Comme chancelier, il garda le sceau, et en 1303, pendant l'émigration des chanoines à Étampes, il le déposa dans un coffre fermé de trois clefs qu'il confia à trois chanoines de son choix ^

De Guillaume, évêque d'Auxerre, il avait hérité une maison sise au cloître, conjointement avec Hugues du Plessis et le sous-doyen Hugues, tous deux neveux du Pontife'. Il fit une rente de 60 sols au Chapitre pour l'anniversaire d'Odon. Dès 1298, il jouissait de la prêtrière de Sauvage, plus tard il obtint celle de Barjouville, mais il se vit retirer cette dernière sur les réclamations du chanoine Manno de Maneriis, qui prétendait qu'elle ne pouvait être assignée qu'en chapitre général \ Après son épiscopat, il garda ses prébendes, sauf une qu'il permuta avec Jean des Monts : en 1317, on lui accorda pour sa vie durant la prêtrière de Giroudet. Ces prébendes étaient administrées par le chanoine Robert de Maison-Maugis son procureur ^ Il emmena avec lui dans son diocèse Hugues de Nigelle, et sollicita pour lui la permission de ne pas résider et de pouvoir se désigner des procureurs *", ce qui lui fut accordé.

Son cousin , Jean des Monts ^ ' , qui avait été comme lui employé au service du roi. lui succéda par ordre du Pape

* Reg. cap., 1007/1, f. 16, v. — '- F. 177. — ^ F. 59. — * F. 182. — 5 F. 144. — 6 F. 33 et 175 v.

7 Cart. deN.-D., III, 177.

« Reg. cap., 1007/1, f. 117. — ^ F. 118. — •« F. 120. '' Toutes les références visent lé Reg. Cap., 1007/1.

dans la chancellerie ', qu'il occupa de 1308 à 1316 -. L'évêque lui avait accordé, dés 1303, une prébende qui lui fut contestée ^, et Clément V lui en confirma la jouissance en 1307 \ Il en avait une autre qu'il échangea avec Pierre de Grez; Tune d'entre elles était à Dammarie^. Nommé chancelier, il usa de ses droits. C'est lui qui en 1309 s'opposa à ce que Lambert du Châtel reçût un supplément à sa pension de 60 livres ; Il réclama la faculté d'intervenir personnellement dans cette question, si elle devait être agitée de nouveau, sinon il protesterait. Il réclama aussi le sceau ad causas ; on convint qu'il lui revenait ratione cancellariœ suœ''^ et Pierre Pelicon, conseiller du Chapitre, qui en était dépositaire, dut le lui remettre. Il avait pour officiai, en 1315, Etienne de Soulaires '.

En 1310, il se rendit à Paris. Clément V l'avait, dès le 30 août 1309, s'il se tenait aux écoles, dispensé de la résidence pour trois ans " ; il choisit comme procureurs Raoul de Chevry et J. de Fontenay, les mêmes que Pierre de Grez évêque d'Auxerre. En 1311, il fut chargé au chapitre général de la Saint Jean, de composer un règlement pour les vicaires capitulaires récemment institués. Il était beau-frère d'Enguerran de Marigny, et, en considération de celui-ci, le pape lui accorda, le 21 avril 1312, le droit de jouir de ses revenus, scolasticis insistens disciplinis: il lui permit en même temps de cumuler avec la chancellerie la paroisse d'Yebleront, du diocèse de Rouen. En 1312, il était de nouveau à Paris aux écoles et gérait ses affaires par procureurs \ Alors le Chapitre lui adressa une monition pour le rappeler sans doute à la résidence. Mais en 1313, il le délégua pour le représenter au concile provincial de Paris ^^. On le perd de vue à partir de cette époque : il mourut en 1316 ' ' .

Haoïd de Chevry {Radulphus de Cap)'iaco) ^" fut chancelier de 1316 à 1326 '^; il fut ensuite sous-doyen, puis doyen de 1329 à 13^35. Son nom se retrouve près de cent fois dans les registres à partir de 1308. Il s'était rendu ad scolas en i'301 ^% et sitôt

^ Le 13 août 1308, le Pape assigna à .1. des Monts, la chancellerie résignée entre ses mains par maître Pierre de Grez, élu évèque d'Auxerre.

■^ Ri'g. rap., 1(X)7/I, f. L2i). — =» F. Li-2. — * F. L28. — ' F. 51). — 6 F. 1<S«J. - " 1008 I. f. 16 V. — 8 lOOTM, f. t5i. — « F. 155 v., UM\ v. — ^"^ F. 11)7. - '< 1008/1, L 33 et 33 v.

'- Les références visent surtout le Reg. (lap. 1007/2. «3 Reg. cap., 1008/1, f. 33. — <* 1007/1, f. 163.

après son retour, le Chapitre l'avait employé à toutes les fonctions dont il disposait, c'est-à-dire aux offices de la taille, des anniversaires, des matines, à la vérification des comptes de la Fabrique, de Loens, de l'Hôtel-Dieu., aux paiements des pensions et de ses autres dettes. Outre ses prébendes de Sandarville et de Mévoisins. Raoul administrait à titre de procureur, celles de plusieurs chanoines absents ; il était, par exemple, l'exécuteur testamentaire du curé de Landelles ', et en 1326, de Hugues de Nigelles - ; il était aussi dépositaire d'un legs du cardinal Napoléon ^ C'était donc un homme d'action. En 1319, il fut député au concile de la province de Sens qui se tenait à Melun * : en 1320 il fut envoyé à Rome ^ ; on le délégua en 1321 prés du roi ^ ; en 1325, au concile provincial, à Paris '. En 1323, il fut chargé de rappeler à l'évêque Robert de Joigny les coutumes de l'Eglise ^ Gomme chancelier, il réclama le petit sceau de cire verte ad causas, que Pierre Pelicon avait repris à la mort de Jean des Monts ^, et racheta au Chapitre différentes terres de la chancellerie. Il perçut les amendes encourues dans les offices, de defectihus cantando et legendo ^^. Il lui appartenait aussi de réparer et de nettoyer le Trésor : et c'est sous lui qu'en 1321 l'on décréta de nouveau que le chancelier serait obligé d'assigner les leçons de Matines, de les faire lire intégralement et correctement. On le chargea aussi de corriger les clercs de chœur pour son côté, tandis que le chantre surveillerait ceux de l'autre côté ''.

Raoul de Chevry, acquit la maison de R. de Russy, doyen deMeung, et la donna au Chapitre, à condition d'en jouir de son vivant ^^. Il y demeura quelque temps avec le chanoine Manassés de Garlande qui la reprit après lui ' ^ Il avait aussi à son service plusieurs chapelains. Parmi les chanoines, il comptait un certain nombre de ses parents, tels que Guiil. de Chevry {de Capriaco) et Gui du Mesnil {de MesniUo), ses neveux ^^ J. de Chevry, évêque de Carcassonne, (1298) était l'un de ses oncles '^. Sa sœur, demoiselle Jeanne, obtint, sa vie durant, la prêtrière de Sauvage, moyennant 16 livres de rente '^ Mort le

^ Refj. cap., 1008/1, f. 99. — 2 F. 124. — » F. 70. — * F. 68.

« Souchet, m, 130.

6 Reg. cap., 1008/1, f. 125.

■^ Souchet, III, \U.

8 Reg. cap., 1008/1 f. 104 v. — ^ F. 33 v. — ^o 73 v. — ^^ 1007/2, f. 15 V. - <•-' F. 7. — '3 F. 25. — ^' 1008/1, f. 264. — <« 1007/1, f. 128. — ^« 1007/2,1.28.

samedi après l'Octave du Saint-Sacrement, il fut inhumé chez les Jacobins '.

Henri de Nemure, qui vint après lui, eut le titre de chancelier de 1326 à 1333, mais il ne parait pas en avoir exercé les fonctions. En 1330, Raoul de Chevry agit en son nom -.

Renaud d'Ecrosnes (de Scronisf, qui fut chancelier de 1333 à 1335, est souvent cité depuis 1311. Il avait échangé ses canonicats de Pteims et de Saint-Aignan d'Orléans avec Manno de Maneriis, pour devenir clianoine de Chartres '. Il géra successivement différentes prébendes, à la Framboisière, à Archevilliers, au Gault. Après la mort de Mathieu de Golumpna, le roi lui conféra la prévôté d'Ingré, mais il dut la céder à Armand de Narcisse^ que le Pape en avait investi ". Il obtint encore la chantrerie de Rouen. Non content de les administrer lui-même, il accepta d'être procureur de Hugues de Nigelles, d'Archambaud de Périgord, du doyen Thibaut d'Aunay. En même temps, il remplit différents oftices dans le sein du Chapitre, leva les tailles, distribua les revenus de Matines, réconcilia deux chanoines en procès, fit diverses enquêtes sur d'autres, poursuivit ceux qui tardaient à payer leur chape d'entrée '. Entre autres choses, il eut la garde des clefs du Trésor et de la Fabrique. En 1316, il fut spécialement délégué avec Nicolas de Chaumes, maître de l'œuvre du Roi, Pierre Chielle, maître de la Fabrique de Notre-Dame de Paris, Jacques de Longjumel, maître charpentier et juré de Paris, pour visiter la Cathédrale et juger des réparations dont elle avait besoin '. S'il réunit entre eux deux chanoines % il eut quelques différends avec deux autres, avec Raymond de L'tecia '^, avec lequel il se réconcilia en plein Chapitre, et avec Barthélémy de Trêves, qu'il empêcha de toucher ses fruits parce qu'il ne résidait pas. — Ses services furent agréables au Chapitre qui, par une délibération spéciale, lui conlirma la jouissance de toutes les faveurs qui lui avaient été faites'*. Son frère. Colin d'Éorosnes, son oncle. Thibaud

' Praed. Carnut, p. tid.

2 Reg. cap., lUUT "2, f. 16-4 v. — 1008/1. f. 191 v.

^ Les références des folios se rapportent au Reg. lOU8/i à moins d'indiciitions contraires.

* Reg. cap., 1007/1, f. 139 v.

^ Cet Armand de Narcisse est aussi appelé legum doctor. En 1317, il était un dos maîtres de l'Université de Toulouse : il devint archevêque d'Aix, après avoir été doyen de Chartres. Chart. Un. Par. II, -21 -2, 430, 718.

6 lieg. cap., 1008 1, f. 147. — " F. 80. - « F. 35. - ^ F. 213. — '0 10<J7 1, f. 92 V. — '< 1007 2. f. 70.

d'Écrosnes, sont plusieurs fois cités : c'étaient des chevaliers. L'un de ses neveux, nommé aussi Thibaud, fut chanoine dès son enfance, et son oncle dut jurer sur son âme, en son nom, de garder les coutumes de l'Église ^ Sur les 200 arpents de bois qu'il avait achetés de Marguerite de Lanneray, il institua une rente de 20 livres pour la fondation d'un autel en l'honneur de sainte Madeleine, dont les chanoines le laissèrent libre de choisir la place, et pour la fondation de deux anniversaires-. Il fut inhumé chez les Cordeliers, auxquels il avait légué 100 livres, et qui l'inscrivirent dans leur Martyrologe ^ au 13 septembre et au 16 janvier. Il avait laissé sa propre maison au Chapitre \

Gilles du Perche* [Egidius de Pertico), son successeur, apparaît dès la séance capitulaire de la Purification en 1336, c'est-à-dire immédiatement après Renaud. Vers cette époque, Rouillard, et après lui Souchet et Brillon, ont inséré dans la liste des chanceliers Vincent des Essarts, évêque dÉvreux en 1334, et ensuite son frère Guillaume des Essarts, évêque élu de cette ville : mais outre qu'ils ne sont pas nommés dans les Registres capitulaires, il n'y a pas de lacunes dans la série où l'on puisse les placer. Gilles du Perche était à l'Université de Paris, en 1315, dit du Boulay : en 1332 il prenait une vive part à la fameuse querelle sur la vision béatifique soulevée par Jean XXIP. On le voit en 1336 au chapitre de la Purification en qualité de chancelier, et il reste à Chartres jusqu'en 1342. Pendant ce temps, on le délègue à la vérification des comptes des chanoines Pierre de Condé et Guillaume Thierry % et à la visite des hôtels ' appartenant au Chapitre. Dès son arrivée % il reçoit 7 livres pour poursuivre les affaires de l'Église à Paris, et 6 livres 6 sols pour louer des chevaux de voyage : on lui répare sa maison, rue des Vasseleurs, on lui attribue les prêtrières de Berchères-la-Maingot, de Hanches, de Puiseux, du Luat. De son côté, il abandonne à l'Œuvre pendant sa vie

^ Reg. cap., 1008/1, f. 148. — ^ F. 213.

3 Ane. no 61 aujourd'hui 104-2.

4 Reg. cap. 1008/1, f. 201 v.

^ Chart. Univ. Par., II, 429. Il signe la lettre des 29 maîtres parisiens à Philippe VI sur l'état des âmes après la mort, en qualité de docteur en tliéologie. — Denifle dit qu'il fut chanoine de Chartres le 9 décembre 1328, et qu'en 1316, d'après Launoy dans son Navarrœ. gymnasii historia, il était étudiant dans le collège de Navarre.

6 Reg. cap., 1008/1, f. 214 v. — ^ 1007/2, f. 104. — » 1008/1, f. 209.

la dîme des revenus du grand sceau', et Je Chapitre notifie ses délibérations par son organe ; ces deux traits le concernent en tant que chancelier.

En 1342. il est remplacé par E. de Loigny [de Loygn'iaco . Celui-ci restitua cette même année un Horace et un Pontifical, et en 1343 un Martyrologe et une Vie de Charlemagne -. L'évêque l'avait nommé son Pénitencier, et, sans doute à cause .de cette charge, le Chapitre lui permit, en 1344, d'entrer au chœur quand il voudrait ^. Il fut chargé de vendre les places inutiles, de visiter les prétrières, d'examiner les comptes de l'Œuvre, de faire l'inventaire des ornements et joyaux \ Ensuite on l'envoya au loin, nous ne savons en quelles contrées. Son absence dura longtemps, et, à deux reprises, en 1345 et 1347% on dut confier les sceaux à d'autres chanoines, irropter absentiam cancellarii remole agentis. En 1348, on ne parle pas de lui, et. en 1349, il est remplacé par le chancelier P.

Quel était ce personnage ? on ne le connaît pas. Il était au chapitre de la Purification en 1349, mais n'intervint point: il était au chapitre de Saint Jean, et le chanoine Crispin de Bois- Hinoust le nomma ad offîciuin anniversariorinn ^ ; mais on ne dit point son nom : il est encore indiqué deux fois seulement par son titre. En 1350, il est absent, et l'on trouve à la séance de la Saint Jean un H. cancellarius\ Celui-ci, non moins mystérieux que le précédent, disparaît en 1352, revient en 1353 à la Purification % puis on ne le voit plus. En 1354, au chapitre de la Purification, il est remplacé par ./. Cancellarius, lequel se montre encore à la Saint Jean, mais ensuite ne figure plus^

C'est Aymerl de Chartres {Aymericus de Carnoto) *" qui prend sa place dés le commencement de 1355 ".Il était frère de Pliilippe, chambellan de Philippe de France, et, d'après Doyen, il avait une charge de conseiller au Parlement en 1339. C'est en cette qualité quen 1345 il signa avec plusieurs autres la charte de protection accordée par Philippe VI aux maîtres et écoliers de l'Université de Paris ^-. De fait, il était souvent à Paris : absent du chapitre de la Purification en 1357, on le réclame au chapitre de la Saint Jean, et on lui

• Reg. cap., 1007/-2, f. 86 v. — -^ F. lli. — 3 F. 117 v. — * F. 11-2. — 5 F. 123 et 134. — ^ F. 145. — ' F. 148 v. - « F. 154 v. — ^ F. 161,

^^ Pour les références voir le Reg. cap. 1007 2, 131o-1367.

" Rrg. cap., 1007/2, f. 172 v.

<2 Chart. Univ. Par., II. 563.

rappelle qu'il doit assister aux leçons de Matines tant aux fêtes qu'aux jours ordinaires ^ On le convoque spécialement pour payer la dime -. Il était à Paris pour traiter une affaire concernant Saint-Piat, et la maison de l'évêque Louis, défunt. De retour en 1359, on l'élit pour vériiier les comptes soumis au Chapitre : mais il va de nouveau à Paris, pour négocier près du Régent les affaires de l'Église et de la Ville qui ] 'avaient choisi toutes deux pour leur mandataire. Dans ces courses s, il perdit deux chevaux, et les chanoines, sans se tenir obligés de les lui rembourser, lui firent présent d'un petit cheval : ils décidèrent aussi de lui laisser toucher ses distributions tant qu'il serait à la Cour, comme s'il était présent. En 1360, il est là : on le charge d'organiser le budget et les offices de Saint-Piat, l'administration de l'Hôtel-Dieu. En 1361 et les années suivantes, on lui confie l'exercice de la juridiction séculière du Chapitre, à condition de ne l'exercer que les jours non capitulaires, et. à cette occasion, on lui accorde ses Matines, en le dispensant de l'assistance, sauf aux Vigiles ^ En 1362, on le charge encore de différentes affaires, entre autres de négocier avec les châtelains de Houdan, d'instruire la cause d'un clerc accusé de vol '^, d'inspecter le tarif appliqué par les notaires du Chapitre. En 1363, il s'occupe encore de l'Aumône, il garde la clef du tronc de Saint-Piat, et en présente les comptes ^ En 1365, il refuse de sceller les lettres du Chapitre sans savoir ce qu'elles contenaient. Sa mort fut notifiée aux chanoines le 14 juin 1367.

Alors apparaît Crispin de Bois-Hinoust' comme chancelier. En 1353, le Chapitre avait écrit au Pape en sa faveur pour lui demander le renouvellement de ses grâces ^ : en 1365, il lui accorda ses distributions et sa lamproie bien qu'il n'eût pas achevé son stage ^ : en 1366, il le chargea de faire une enquête sur l'honorabilité des chapelains et des clercs ^°. Chancelier en

1367, le 21 juin, c'est la seule fois qu'on le rencontre avec ce titre ' ' . Dès 1368, il est remplacé par un certain Jean d'Auxerre ' -, et sa maison est donnée à un autre chanoine. Brillon dit qu'il mourut la veille ou l'avant- veille de la Saint-Barthélémy en

1368, et qu'il fut remplacé le 30 août de la même année par

^ Reg. cap., 1007/2, f. 180. — '^ F. 181. — ^ F. 195 v. — * F. 208 v., 211. — 5 F. 209. — 6 F. 223 , 224 v, 225. ' Voir %. Cap., 1007/2.

s Reg. Cap., f. 163 v. — ^ F. 233. — '« F. 240. - " F. 249. — 'M007/3, f. 1, 9.

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