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LES LIVRES D'ÉTUDES

Revenus dans leur patrie, les étudiants chartrains lisaient. Ils avaient à leur disposition les manuscrits qui appartenaient à chacun d'entre eux et ceux de la Bibliothèque capitulaire.

Quelques chanoines riches faisaient des livres à leurs frais : c'était généralement des livres liturgiques. Ainsi J. de Puiseux (de Putheolis) en 1298, Adam de Triangulo en 1310*, Gilles de Forteresse (de Forterecia) en 1319, firent faire de très beaux Missels. Guillaume Rigault lit écrire deux Passionnaires, en 1298. et Robert de Sentis (de Silvanecto) un magnifique Graduel, en 1313.

D'autres chanoines en aclietaient. Gilles de Condé (de Condeto) paya 4 livres un Missel et un Bréviaire en deux parties : Jean de Dreux vendit aussi un Bréviaire 10 sols-, et en acheta un autre 4 écus d or '\ Un Bréviaire en deux parties encore coûta 22 livres à G. Boyardi *. La Fabrique de Landelles (1385) paya 10 livres d'or à Yvon Palmerii pour un Psautier glosé ^. Chauvet en acquit un de J. Fromont en 1358 moyennant 28 sols^ La même année, maître Jean de Pemleu, prêtre, acheta un autre livre de Ponce d'Allonville pour un écu, et Haimon de Provins, prit au même un Évangile pour 15 sols ^

Mais ce qui nous intéresse le plus, c'est le commerce des livres d'étude.

Jean Portier (Hostianus) vendit au Chapitre un Décret pour 4 livres ^ ; Jean de la Bessetière, chanoine, donna (1387) 15 livres tournois pour 5 livres de Droit, savoir : a un Code

' Son missel fut acheté 80 livres par le Chapitre en lill I. 1007/1, f. 79. - Coni. G. 153, f. i:îo V. — ^ ir>">, f. :i5 v.

* Rrg. cap., 1008 I, \l>i\ v.

^ Cniil. G. 155, f. i;}Uel 15i;j". HiO. - M5:2, f -26v. ~n5l>. f. ii,<;î».

« R<'!/. cap., 1007/1, f î>.

glosé, une Digeste vieille, une Digeste neiifve glosé, un Institute, unes Décrétales sans glose ^ » D'autre part, Jean Henri (Henrici), en 1376, vendit à Nicolas de Rancia, licencié en lois, une Lectura Cyni de Pistorio pour 50 francs -. En 1364 Jean des Moulins-Neufs (de Molendinis Novis), acheta d'Yvonnet lEscrivain un CoiwpendiuYYi morale de Avïbus ^, en 1356, il acquit les Epistolœ Bemrdi*. Ses exécuteurs vendirent à Jean Barre en 1401 son Sacramentale Gidllelmi de Monte Laudimo ^. Ce même Jean Barre emprunta en 1400 à Biderel un Spéculum judiclale « ; Robert de Fréta, en 1387, prêta à Roineau les Décrétales d'Innocent IV et le 6Mivre des Décrétales". L'on connaît aussi le fameux contrat du chanoine Paul Bohier avec Laurent Pimpenelli, du diocèse d'Orléans, contrat que M. Merlet a publié et que M. Desnoyers a commenté \ Ce chanoine acheta à Pimpenelli, le mercredi après la Purification, 1373, un Cinus (Droit civil)/ : 36 francs; Archidiaconum [Gui da Bayso) et Joannem Andreœ Super sexto Decretalium, 16 francs; Quasdam Décrétales, 5 francs; Casus Bernardi Super Décrétales, 3 francs; Quasdam Clementinas cum glosa J. Andréas, 5 francs; Summani Azzonis cum casibus Codicis et Institutis, 4 francs; Spéculum juris. 10 francs; Breviarium ad usum Claromontensem, 6 ïrancs; Unum Boffredum super formatione libellorum, 8 francs: total, 93 francs.

Ce marché "^, qui se monte, dit-on, à 800 francs de notre monnaie, est curieux parce qu'il nous montre le prix des livres et la composition de la bibliothèque privée d'un chanoine. On remarquera la place qu'y occupent les livres de Droit.

< Cont. G. 156, f. 112. Il les acheta à Estienne Gougoii, Jehan Driiet,^ et Jehan Legoux ; Pierre de Merreers, écuyer, vendit, en 1391, un Missel à maître Guillaume des Hayes (de Haiis), chanoine de Chartres, pour 10 liv. Coiil. G. 157, f. 134 V. En' 1330, Jean Chapelier paie 15 sous tournois pour un Psautier à Guill. de Sarcelh. Reg. cap., 1008/1, f. 173 v.

2 Bihl. de Ch., ms. 265. — » Ms 253. — * Ms. 396. - « Ms. 327. — 6 Ms. 268.

•^ Cont. G. 156, f. 91 v.

8 Bulletin du Comité de la langue, de l'histoire, etc., 1. 111, n^ 12, 1855-1856.

9 Cont. G. 154, f. 161.

'^ Cont. G. 154, fo 84. On voit que la succession du chanoine Luc d'Orviéto (de Urbe Veteri) reçut de maitre Thomas de Milan 38 écus moins 6 sous ; causa, aliquorum librorum, scilicet, Lecture Ohsfiensis, Sunune Innocenta, Lecture abb. (rcviate?), Summe Rofredi, Repertorii juris, Clementiuarum cum f/losis Johannis Andrée, Decretalium antiquarum.

Les chanoines qui n'avaient pas de livres en empruntaient à la Bibliotlièque du Chapitre *. Celle-ci logeait, au début, en partie à la sacristie, iji revestitorio , mais surtout dans la tour de pierre qui flanquait à gauche la salle capitulaire et renfermait les livres, les archives, les joyaux, jiocaiia; aussi appelaiton ce lieu le Trésor. Mais comme chacune de ses parties se développait de jour en jour, on dut penser à séparer au moins les joyaux, des livres et des archives. Pour commencer, on fit chaque année des uns et des autres des inventaires distincts. Mais, en 14C1 on résolut, faute de place, de porter la Bibliothèque ailleurs- : un premier projet consistait à la mettre tout entière dans la sacristie: on aurait divisé celle-ci en deux étages par une voûte de pierres, et, dans la partie supérieure, on aurait disposé une chambre lambrissée pour recevoir les livres. Il semble qu'il y eut un commencement d'exécution: du moins on serait tenté de rattaclier à ce plan ces jolies arcades qui s'appuient contre la muraille de l'ouest et n'ont pas été achevées. Mais l'on recula devant des difficultés qu'il est assez facile de deviner. La même question du transfert de la Bibliothèque se posa de nouveau en 1411 2. Jean Luquet et Henri Ciiiquot, chargés de l'étudier, proposèrent de mettre la librairie au-dessus du Prétoire, c'est-à-dire dans la maison actuelle de la Maîtrise attenant à la Cathédrale. Elle était ainsi à proximité de la salle capitulaire, sous la garde du portier: ce projet fut adopté.

Cette Bibliothèque était incessamment alimentée par les legs et les dons des chanoines. Yillain de Ressonio, Guillaume de Bussy, Gilles de ForterecUi, Guil. Rigault, Pierre et Gilles de Condé, léguèrent des Missels, des Bréviaires, des Passionnaires, des Psautiers glosés, des Expositions sur les Evangiles, dans

' Voir pour les références Yîntrodurlion au Cataloi,'ue des manuscrits de la Fîihliothèque de Cliarlres, où nous avons fait insérer toutes les mentions de prêts tirés des Regisires capituldire-s pour le XI V° siècle, II-X. — En 1338, le doyen restitua le Décret um maf/. ISicolai de lirayo In revestiario. 1 008/ 1 , f. :2 1 8 v.

- W'f/. cap.. 1007 3, f. i^lHwdapifulum rertis de rausis voluit et ordinavit (piod fiai quedam lihrarid in har erclesia (Mrnutensi , et pro ea faclenda liiium rle/flf lu vesliftiio, et quod dicluni vestlarlum diip/jllretur de voûta hipldcd vel aliter, et quod pars saperlor dictl vesliarll fidt lambrusro Jjosrl pro raniate ? tollendo, et ad Iwr fierl j'ariendnm et prorurandum deputati sunt doininl J. de Moleyo, cantor, Joannes de Autollo, et GnlUetmus de S" Benifjno. ranon ici (larnoteiises.

^ lier/, cap., 1007 '3, f. 177 v. Jean Lufjuet et Henri Ghiquot, chanoines commis à cet ellel, proposèrent de inclln' la hibliollièrjue : super domum Pretoril In quo consueverinif tenerl pladla < unun offielale (lapitall.

les vingt premières années du XIV^ siècle. D'autres donnèrent aussi différents manuscrits, surtout des manuscrits de Droit : citons Renaud de Doucy {de Dussiaco), en 1308. Geoffroi Cornut, en 4312, Guill. de Billy, en 1327 ' ; le chambrier. en 1338, fit présent de tous ces livres, parmi lesquels il y avait 3 Décrétales et 5 volumes de Droit-. Moterée ' fut menacé de poursuites par le Chapitre, en 1312. parce qu'il ne se hâtait pas de livrer les ouvrages laissés par Geoffroi Gornut ' .

Ces divers manuscrits portaient souvent le nom de leurs donateurs : nous en avons encore plusieurs du chanoine Jean ad Dentés, de Pontoise, qui se voit dans les Registres de 1356 à 1369 : ce sont les Epîtres d'Innocent IV \ les Décr étales de Grégoire IX, le Sextus Decretalium ^ Nous avons aussi de Jean Boudier, 1329, le Spéculum judiciale\ de Hugues Gast, mort en 1417, le Digestum Vêtus \ de Pierre du Bois (de Bosco), en 1329, les Institutions et le Code de Justinien % de Pierre Guete, mort en 1400, un Penitentiarius ' ', de Jean des Moulins-Neufs (de Molendinis-Novis), mort aussi en 1400, trois livres de Morale ", et les Epistolœ Berardi ^-. Mais le legs le plus curieux est celui du chanoine Guillaume de Saint Bénigne, mort en 1414 : on y voit, comme dans le marché de Ponce Bohier avec L. Pimpenelli, ce qui formait le fonds d'une bibliothèque personnelle de chanoine. En voici le contenu d'après le ms. 165: elle comprenait: une Bible^\ un Bationale^*, le texte des Sentences ^'\^ VHistoria scolastica^^, les Légendes des Samts, ÏAlpfiahetum Nctrrationuni^' , VApparatus Guidonis da Bayso super Sexto ^ ^ les Casus Bernardi super Vlihros Decretalium'^, la Summa Gaufredi -^. les Lecture Compostulani super ûecretales''\ le Compotus cum multis et diversis tahulis --.

• %. cap., 1008/1, f. 142. — 2 F. 272. — ^ 1007/1, f. 84 v.

^ Ces donations se trouvent, 1007/1, f. 203 à 207, et dans V Introduction du Catalogue général des ms. de la Bibl. de Chartres, 1890.

5 Bibliothèque de Chartres, ms. 307. — ^ Ms. 301. — ' Ms. 267. — 8 Ms. 298. — 9 jvis. 273. — '» Ms. 427. - " Ms. 253. — <2 Ms. 396. — ^3 Ms. 165. — ** Ms. 285. — ^^ Ms. 325. — ^^ Ms. 219. - «^ Ms. 252. '8 Ms. 309. — ^9 Ms. 315. — ^o Ms. 329. — 2« Ms. 299.

2- Nous avons encore : des Minimes, une Summa de casibus donnée par le frère Philippe de Ulmayo (n» 413) ; — de Saint- Jean, un Ordinarium^ rédigé par Lubin Auchier (no 336) ; — des Dominicains, une Bible (n» 212), et un Saint-Thomas d'Aquin (n» 379) ; du frère Vinsot, la Somme de saint Raymond de Pennafort, de Simon de Senonches le n" 207 ; nous avons de plus des Sermons de P. Lecorne (n° 338), et V Interprétation des noms hébreux du frère Hervé d'Anet (no 228). ^

On empruntait beaucoup ces livres. Dans Tlntroduction au Catalogue des manuscrits on voit plus de 100 demandes faites par 50 chanoines dans l'espace d'une cinquantaine d'années. Évidemment les ouvrages les plus consultés sont les manuscrits liturgiques, les Pontificaux, les Bréviaires, les Brefs, les Missels, les Evangéliaires, les F.pistoliers. les Légendes, le Martyrologe, puis les Livres saints, soit la Bible entière, Bihlia, Bibliotheca, soit des parties glosées, comme la Genèse, le Psautier, le livre de Job, de Daniel, les Epîtres de Saint-Paul, les expositions sur les Evangiles, quelques Pères aussi, par exemple saint-Augustin, De Civitate Dei, ou De Doctnna christiana, saint Jérôme, saint Grégoire le Grand. — Mais ce qui nous intéresse le plus, ce sont les livres littéraires et d'école. On emprunte Ovide, VEnéide de Virgile et ses Bucoliques^ Macrobe, Boèce, Orose, Trogue Pompée, Tite-Live, la Vie de Charlemagne, les Gesta Francorum et Ongînes regum Francorum. On demande aussi des livres de Médecine, un Herhularium, une Medicina pro puerls nulrieudis, un Galien; — de plus, des livres d'Astronomie, de Géométrie- , et de Droit, tel que la Lectura Jacobi super Digestuin novum, les Décrétales, et le Décret.

Les principaux emprunteurs sont, de 1320 à 1350, les chanoines Landulphe de Colonne, 1301, 1308, 1309. Raoul de la Broce (B/'ocirt), 1310, Pierre le Riche (DivUis), 1321, 1331, Pierre de Oliveriis. 1331, Gui de Logiis, en 1336, Jean de Paris en 1336 et 1341, le doyen en 1338, le chambrier en 1339, Luc de Urbe Veteri en 1341, 1344. 1352, E. de Loigny en 1343, P. de TaiUata en 1346. Pour nous mieux figurer les lectures d'un chanoine, citons les emprunts successifs de quelques-uns d'entre eux. Jean de Paris rendait au Chapitre, en 1336, plusieurs livres pris en 1334', à savoir: Doctrina christiana, Exposition es super Matheurn et Marcurn, Evangclium S. Muthœi et Marci, Genesis glosata^ De Concilio Chalcedoneusi; en 1341, il rapportait la Medicina pro pueris nidrxendis^ le Decretum. une Bibliotheca^ et, en 1346, les Epistolœ PauH glosatœ * ; Gui de Logiis* restituait un Begimen sanitatis parvum et un Ovide très beau, livres qui furent repris de suite par Nicolas de Bray ; Luc de LV?ve Veteri remit un Herbulare en

* J. Graciosi, i3il, 1008/1, f-^ -277.

2 Petrus de Oliveriis, 1331, Reg. cap. IU08/1, f. -262.

3 Heg. cap., IUU8/1, f. -201, -209. — ^ F. -205.

1341, et, en 1344, un Passionarium et un De fehrihus de Galien. Pierre le Riche, sous-cloyen, rendit en "1320, Ysidorus, Nomina confratrum Ecclesiœ, Glosœ super Evangelia et Epistolas. Psalterium glosatiim, Pastorale S. Gregorii^ Veteres Decretales, Titiim Livium^ Gesta Francormn ' : en 1310, il prit un Missel, et en 1339 un Pontifical. Simon de Saint-Gloud était un liturgiste : il remit, en 1331-, un Psalterium glosatum, un Servicimn S. Ludoirlci et Conceptionis, un Graduale, et en 1334 3^ les Epistolœ Pauli glosatœ. Enfin les exécuteurs testamentaires de Garnier de Ocqiiis, rapportèrent en 1345, trois Légendes, un Antiphonaire, un Graduel, un nouveau Missel, un Épistolier, une Bible, le Psalterium Fuïberti\ Ce chanoine avait été chargé de rééditer les livres liturgiques.

Le prêt de tous ces livres était réglé. En 1322, on décide que les emprunteurs donneraient un récépissé et que les chanoines résidents auraient seuls droit demprunter \ En 1339, on exige même une caution, alioquin ne tradantur^: on payait pour les obtenir une certaine somme : un chanoine versa dans ce but 10 livres. On décréta, en 1342, que le prêt ne se ferait que pour un an ; tous les livres devraient être rentrés au Chapitre général de la Purification pour le récolement. Chaque année à partir de 1329, soit à l'un soit à l'autre des deux Chapitres généraux et quelquefois aux deux, on adresse une monition sévère aux chanoines détenteurs de livres, on les somme de les réintégrer dans le délai d'un mois ^ ; à la fin, l'on ne tolère plus que quinze jours, sinon l'on procédera contre les retardataires, et, en raison du serment prêté par eux de restituer les livres empruntés, on les excommuniera comme parjures. Cette sévère admonestation est répétée chaque année sur la fin du Chapitre général.

< Reg. cap., 1008/1, f. 77. - - F. ^261 v. — 3 F. 267 v. — ^ F. 283 v.

^ Reg. cap.., 1007/2, f. 18. Ordinatum est quod quicumque canonicus Carnoiensis habebit libros abecclesia quod ipsi dent litteras de hisque habent. Item statutum est quod libri ecclesie et thesauri non dentur nec tradantur precario nomine alicui canonico Carnotensi nisi sit residens et quod det de hoc litteram Capitulo.

« Reg., cap., 1007/2, f. 90.

M331, /îe^f. cap., 1007/2, f. 60 v., Auctoritate presentis Capituli generalis^ moniti sunt omnes canonici existentes in Capitulo qui libros quoscumque habent vel privilégia quacumque ratione tenent a Capitulo ut supradicta reddant et reservent Capitulo infra mensem a data presentis monicionis computandum sub debito juramento quo ecclesie sunt astricti, alioquin elapso termino contra presenti monicioni non parentes ad penam perjurii procedetur.

Elle est accompagnée à partir de 1335 ' , de la nomination des chanoines délégués tous les ans à la surveillance de la Bibliothèque. Ils sont au moins quatre, choisis parmi les principaux. Voici le texte de leur délégation, en 1337 - : ce Le Chapitre a délégué G., archidiacre de Dreux. R., chambrier, Arnaud de ^ Gava, Jean de Paris, pour visiter le Trésor de l'Église et y remettre en place les chartes, lettres et livres, et pour ranger et disposer les dits livres en ordre, jorout antiquitus fuerit usitatum. » A partir de 1346 les clefs du Trésor sont confiées à trois chanoines pendant le cours de l'année : (( Qu'un chanoine prêtre (P. de Taillata) garde les deux premières clefs de la première porte de fer; qu'un chanoine diacre Gui de Grenant conserve les deux grandes clefs de la seconde porte ; quun chanoine sous-diacre (Manassé de Garlande), tienne les deux autres clefs de cette seconde porte, avec les deux autres petites clefs du grand coffre et de l'écrin, et que ce statut soit observé à jamais \ » Il fallait donc six clefs et trois honnues pour ouvrir les deux portes du Trésor, dont l'une était de fer : il fallait deux petites clefs pour ouvrir deux coffres importants. En 1363, on confie deux de ces clefs au chanoine Jean ad Dentés \ En 1366. Grégoire Chantant ^ remet les clefs du Trésor et du palais de la Tour de Pierre : le Chapitre les donne ensuite à Jean Bagot tandis que le sous-chantre, le doyen et Pierre Guete ont les autres. Trois ans après, Grégoire Chantaut et Jean de Busto transmettent leurs clefs à Guill. du Breuil (de Brol'io) et Aycelin de Chantemerle, pour écrire le Catalogue et le livre des Fiefs \ En 1373, 1375, 1382, i'SSS, 1384, 1385, elles sont entre les mains de Jean des Moulins-Neufs (de MolendinisNovis)'^ et du même Aycelin, auxquels on adjoint soit Pierre Guete, soit J. Chaillou ou de Chalo, soit P. Aunf'abn. parce qu'ils sont chargés de rédiger le Catalogue ou Répertoire. Après le départ d'Aycelin à Rennes, on les donne (1391) à Guillaume de Veraco, à Mathieu de Vérone, qui s'associent à Jean des Moulins-Neufs, lequel en reste toujours conservateur. En un mot, dans la seconde moitié du XIV^ siècle, on les attribue aux trois chanoines chargés de surveiller la Bibliothèque et en

' %. cap.. I(JU7 -2, f. 71. - -' F. SU v. — » F. 128. — * F. 2-2-2. — ^ F. 2:;.S V. — 6 10U7 3, f. 1-2 V.

' Eu 1367, Jean des Moulins-Neufs louait la chapelle de Sainte Madeleine, in nnvi erclesie, pour 30 sols, au chapelain .lean Leroux (Huffi j à condition d'v célrbrer la mcsso trois fois par seniain»* depuis le dernier svnode jusqu'au suivant [Cvnt. G. 153, f» 131, Fiy v.).

même temps de tenir au courant son Catalogue et différents autres ouvrages. Remarquons qu'elles n'appartiennent pas de droit au chancelier depuis cette époque. On le chargea une fois en passant du Répertoire, on lui donna 4 livres en 1324 pour les reliures ' ; mais orduiairement on nomma d'autres gardiens que lui, comme aussi d'autres rédacteurs et copistes des Répertoires, des Chartes et des Manuscrits.

Leur mission était de faire la revue de tous les livres et papiers renfermés au Trésor, et d'en dresser l'inventaire. Cette opération, d'après une délihératlon de 1323, devait avoir lieu deux fois par an. Sur quatre commissaires deux au moins devaient y prendre part. Pendant ce travail ils étaient dispensés des offices et percevaient quand même leurs distributions. On signale, en 1352, un Codex per modum Registri et Memoriœ litterarum et privilegiorum - : on recommande aux chanoines d'en prendre connaissance pour les délibérations capitulaires: c'était sans doute un catalogue des archives ou même un recueil avec pièces in extenso, peut être celui que nous avons étudié sous le n^ 312. En 1356, on donne ordre de rubriquer les chartes ainsi que les livres, sans doute afin de reconnaître plus vite leur contenu. En 1363 on décide qu'il sera fait un Répertoire des Lettres, Chartes, et Livres, et un Inventaire des Joyaux, en deux volumes différents 3. Outre ce double travail, on prescrit l'inscription chaque année au Martyrologe des bienfaiteurs de l'Église. Grégoire Chantant, en 1364 *, est chargé de corriger et de compléter TObituaire, tandis que le chantre revoit dans le même dessein le Martyrologe. En 1366, on pose définitivement la règle que tous les ans on visitera les manuscrits et les archives et que Ion en vérifiera le Catalogue dans les trois jours qui suivront la Pentecôte \ Le Registre des Lettres et j^rivilèges est enfin composé en 1369 par le chanoine Guillaume du Rreuil (deBruolio) "^ qui fait aussi celui du De feodis ou des biens de l'Église; il le tient à jour chaque année. En 1372, Aycelin de Chantemerle et Hugues Gast l'aidèrent a

^ Reg. cap.. 1008/1, f. 116 v. ~ ^ 1007/2, f 158. — ^ F. 221. — ^ F. 232 V. — s F. 238 v.

6 Est-ce le Guillaume du Breuil employé par Etienne de Gonty, abbé de Gorbie, vers 1374, comme écrivain. D'ajprès M. Delisle {Recherches sur la Ribl. de Gorbie, p. 32), il aurait été curé de Saint-Saturnin à Chartres eu 1374-, curé de Villiers-le-Comte en 1375, chanoine de Saint- Jean de Nogent-le-Rotrou en 1375 et 1376, vicaire de Sainte-Opportune de Pans en 1377 et chapelain de la même église en 1389.

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