‹ Les écoles de Chartres au moyen-âgeChapitre 62 sur 107 · XXIII · texte numérisé non relu

XXIII

^ De jurisdidione imper it..., p. 286.

^ Lr/ndoJfo e Giovanni Cohnna dans VArchivio délia R. Societa Romana... V. VIll.

attirèrent dans le Chapitre de Chartres celui dont nous allons nous occuper ^ .

Il était fils de Giovanni da GaUicano: c'est lui sans doute que Nicolas lY et Boniface YIII, en 1298. chargèrent de l'administration temporelle et spirituelle de l'Église des SS. Serge et Bacche à Rome - ; mais dès 1299 il est à Chartres. Dans les premiers Registres capitulaires on suit presque au jour le jour la vie de Landulphe. Jusqu'en 1329. il a joué un grand rôle parmi les chanoines. Il fut habile à gérer ses affaires personnelles, à conduire celles du Cliapitre, et il trouva le loisir de lire et d'écrire des ouvrages importants.

On le voit en 1299, le jeudi après l'Epiphanie, prenant la maison dite des fils de Lèves, mais protestant qu'il ne l'habiterait et n'en payerait le loyer que lorsqu'on y aurait fait les réparations dont elle avait besoin ^ En 1310. il acquiert une maison au Petit-Meslay et stipule qu'après sa mort elle serait la propriété du Chapitre. En 1323, il achète celle des fils de Lèves pour 923 livres et veut qu'elle serve à fonder son anniversaire. II jouit successivement de différentes prètrières et de différentes terres. En 1300, il résigne sa prêtrière de Bretonvillers, qu'il reprend au sous-chantre en 1302 pour 51 livres : la même année, il fait réparer ses granges à Bène, loue un prè et une prêtrière à l'Ataye ; il prend encore un pré du vicomte de Rochefort. En 1307, il échange sa prétrière de Clévilliers pour celle de Bouglainval, en 1308, il prend une vigne au Vaux- Raoul, en 1309, une prétrière à Mévoisins, et en 1310 une autre à Puiseux.Il garde d'abord toutes ces prètrières, puis les résigne l'une après l'autre, celle de Mévoisins en 1326, celle de Bouglainval en 1327 (elle avait été brûlée), celle de Puiseux en 1328.

Il gouvernait ses terres par lui-même et se constituait des procureurs pendant ses absences. Il exigeait qu'on en fît la visite avant de les accepter, et protestait qu'il n'en paierait le loyer que lorsqu'elles seraient mises en état. Outre ses procureurs il avait des chapelains : c'était Guillaume Rigaut, curé de Fontaine, en 1304, Poylèpre, en 1323. et pkis tard, Henri de Tiirre et Etienne le Thyais. En 1313, il fonda un matinier

* Nous renonçons à renvoyer à tous les passages où il est mentionné dans les Hefj. cap. ItMlT'i, 1007-2.

- Mrolas IV, le !"■■ mars \'1HH, contia le diiclié de Spolète à mi certain Landulphe de Colonne et, le 27 juin, nomma Jean de Colonne recteur de la .Marche d'Ancône

3 Ref/. cap,, 1007 1, f. Ti v.

perpétuel auquel il assura 12 livres de rente. Ces divers remplaçants dans ses fonctions temporelles et spirituelles lui permettaient de s'absenter. Chaque année, de 1309 à 1313 surtout, il prenait deux congés. En 1303^ et de 1304 à 1306, il dut faire un séjour prolongé à Rome, où il s'était déjà rendu en 1300. En 1324, il s'en alla de nouveau, et choisit le chancelier pour son procureur.

Les chanoines lui confiaient aussi leurs intérêts. Presque chaque année, les Chapitres généraux le chargeaient de revoir les comptes, soit des anniversaires, soit de la chambre, soit de l'Aumône, soit des prébendes, ou de lever les troncs et de percevoir les tailles pour le Chapitre et pour le roi. On lui laissait aussi le soin de payer les dettes du Chapitre. Bref, c'était un agent d'affaires, une sorte de trésorier et d'économe capitulaire. Il recevait aussi des missions spéciales, celles, par exemple, de faire une enquête sur un rapt, (1302) d'interroger un prisonnier de Loens et de le gracier (1303), de condamner un curé à l'amende (1306), de prononcer comme arbitre entre le curé de Nogent-le-Phaie et ses paroissiens (1308), d'assister à l'ouverture de la châsse de Saint-Piat (1310). Il intervient dans la querelle du Chapitre avec Févéque en 1306, il avance l'argent nécessaire à Robert de Domo-Maugis pour défendre le Chapitre en cour romaine (1307) : avec l'archidiacre de Blois. il dépense à Paris, en 1309, 25 livres 30 sols, pour les affaires capitulaires. On le députe, en 1317, pour examiner les torts de l'évéque, et en 1321 il lève une taille pour ce nouveau procès en cour de Rome. La même affaire le conduit en 1326 devant le roi avec P. Leblanc (Alhi) et G. Thierri.

Le Chapitre lui témoigna encore sa confiance en lui remettant les sceaux du sous-doyen absent, tandis qu'il était déjà procureur du doyen (1302), en le chargeant d'exercer les droits spirituels et temporels du décanat, après la mort de Thibaut (1317), et de garder les clefs du Trésor. On l'envoya en 1328 au concile de Paris, avec le nouveau doyen, le chancelier, et Guill. Thierri : on le délégua aussi pour composer le règlement des cloches et des offices, celui des vicaires capitulaires, des marguilliers et des sacristains.

En même temps les chanoines le prenaient pour leur procureur. Ainsi firent les doyens B. et Thibaut, le chancelier des Monts. Nicolas du Pré, et surtout les chanoines italiens et

' Rcg. cap., 1007/1, f. 176.:

romains. Il fut procureur, en 1299, d'Eudes d'Anagni Odo de Anagn'ta , en 1307, de Pierre de Comité, de Paul de Comité, de Mathieu de CoJumpna^ prévôt dingré, de Pandulphe de Sahello, de Ni(!olas de Monte Aran, de Gargan, de Lappi, dit Albert de Pratis, de Sanzius de Prato, d'Etienne de ^ Pileo, du vicomte de la famille des Vicomtes de Plaisance, de Pierre de Narbonne, d'Uldrich Albi. Signalons spécialement Mathieu de Colonne {de Columpna) son parent. Une lettre de Nicolas IV, datée du 30 janvier 1289, nous apprend que dès lors ce personnage était chapelain du pape, chanoine de Chartres, et allait être pourvu d'un bénéfice à Térouanne. Il est souvent cité dans les lettres pontificales comme chantre de Chartres, et protonohxlissunus romain. Nommé prévôt de Saint-Omer. il devint aussi chanoine de Sainte-Marie-Majeure, et prévôt d'Ingré à Chartres : mais il ne résida jamais en cette dernière ville. Son procureur général, en 1301, était Nicolas de Cagarolo qui se substitua Eudes d'Anagni et Landulphe. On voulut, en 1307. arrêter ses revenus pour défaut de stage : mais le cardinal Fr. Napoléon écrivit une lettre pour attester qu'il résidait à Sainte-Marie-Majeurè. Néanmoins on défendit encore à Landulphe de recueillir les revenus de sa prébende. Le bruit de sa mort ayant couru, en 1317, Pvaoul de Chevry se saisit de sa prévôté. Landulphe protesta. En 1318 on le crut encore décédé et Landulphe reçut l'autorisation d'appliquer ses fruits à la réparation de ses prébendes. Enfin, en 1328, il mourut réellement : Regnaud d'Ecrosnes s'empara de la prévôté d'Ingré, mais trop vite : car il fut obligé de la céder à Armand de Narcisse, candidat du pape. M. Ulgo Balzani ne parait pas avoir connu Mathieu de Colonne.

M. Balzani ne parle pas non plus de Pierre et de Paul de C'otwite, bien qu'il touche à cette famille, et qu'il indique le romain Jean de Comité^ qui fut archevêque de Nicosa jusqu'en 1313. Pierre avait succédé à Eudes d'Anagni, commensal du cardinal Fr. Napoléon : il présenta en 1309 des lettres qui le dispensaient de la résidence : il mourut en 1323. Son frère Paul ' vivait aussi à Rome : et lorsqu'il y avait des levées d'argent, Landulphe payait pour tous les deux. A leur exemple Nicolas de Monte Aran demeurait à Saint-Pierre de Rome, dont il était chanoine : en

' Ho(j. aij)., 1007/L f. Ii9. En \'.MM) !»• papf lui accorda une dispense de résidence : D"" Paulo de Comité^ canon. Carn. familiari domesltcoet capellnno ar rontinuo rommaisnli domini Neapolconis S^ Adriani diaroni cardinalis; il était chanoine de Sens, d'Amiens, de Beauvais.

1311, il fit présenter six lettres au Chapitre pour l'attester : en 1320, il chargea Landulphe de payer 120 livres en son nom. — Etienne de Pileo, prévôt de Mazangé, partit pour Rome en 1301, et présenta en 1310 des lettres du cardinal P. de Colonne datées d'Avignon. De sa part, en 1319, Landulphe offrit deux chapes dont il donna la description et indiqua le prix.

Qu'advint-il vers 1328? Landulphe, jusqu'alors en faveur, parut tomber en suspicion. En 1326, 1327, 1328 il résigna ses prêtriéres. Celle de Bouglainval avait brûlé : on l'obligea d'abandonner ce qui avait échappé au feu en compensation du reste. On le contraignit aussi de contribuer aux réparations de Mévoisins, puis on fit une enquête pour savoir où il avait trouvé l'argent nécessaire. Finalement on arrêta les fruits de sa prébende. En 1328, P. Chartan, que le Chapitre avait récemment adopté pour conseiller, le cita à comparaître. Landulphe s'y étant refusé fut déclaré excommunié et la sentence fut notifiée dans les diocèses de Sens et de Reims. On remit au Trésor les neuf volumes qu'il avait empruntés : on donna l'ordre à son chapelain, Etienne de Thyais, de faire réparer à ses frais la maison de la prêtriére du Puiseux. Pendant ce temps-là, Landulphe s'était retiré à Rome, et c'est de cette ville qu'il envoya en 1329 au Chapitre des lettres de co7ifirmatione conipositionis et exemptionis faciendœ. Après qu'elles eurent été lues, le Chapitre porta la sentence d'excommunication contre tous ceux qui révéleraient ses secrets, par signe, par parole, ou autrement. Qu'était-ce que ces lettres mystérieuses, et cette composition, et cette exemption ? Nous ne le savons ': mais à partir de ce moment, nous ne trouvons plus à Chartres Landulphe de Colonne.

Pendant son séjour il lut * et il composa. En 1299, il prenait la Consolation de Boèce, qu'il tenait encore en 1301 : enliTO il r endâii le Polycrati que, Tite Live, encore \diConsolatio7i de Boèce^ les CatiUnaires, les Philipjyiqnes : en 1308, il restituait les Histoires d'Or ose, en 1309 un livre commençant par ces mots : Ego FulbertuSj un Trogue Pompée, un Pierre de Blois Contra perfldiani Jtidœorum ; puis, en 1317 un Psautier glosé. Enfin M. Ugo Balzani a rencontré à la Bodléienne un Lactance qui lui appartint à Chartres, et sur lequel il écrivit différentes pièces, entre autres une lettre à l'un de ses neveux dont nous reparlerons.

' Voir l'Introduction au Catalogue... Chartres.

Landulphe a composé le Brev'ianum historiarum , le De translatione imperii a Grœcis ad Latinos, le Tractatus de j^ontificali officia.

Le Brcviarium n'a été publié qu'en partie par M. Wailly dans le Recueil des Historiens des Gaules : il se lit en entier dans les manuscrits 4912 de Paris (f. 1. ) et 7614 du Vatican. Waitz en a transcrit dans les notes l'épître dédicatoire à Jean XXII, dans laquelle Landulphe se dit chanoine de Chartres. L'ouvrage fut donc composé de 1316 à 1329. L'auteur a voulu y résumer, dit-il, tous les historiens : « car quelle vie pourrait suffire à la lecture de Trogue Pompée et de son abréviateur Justin pour Babylone et tout l'Orient, de Tite Live pour Rome, l'Occident, ou plutôt le monde entier. d'Orose pour l'Afrique et la Macédoine, de Moïse, de Joseph, d'Hégésippe, pour l'histoire sacrée et de tant dautres ! » Il suit dans son Breviarium les six âges du Monde, et se soumet à la correction du Souverain Pontife.

Cette compilation s'arrête au pape Jean XXII : elle fut donc interrompue par la mort de Landulphe ; mais elle eut deux continuateurs, son neveu Jean de Colonne, dans le Marehistoriarum^ et un clerc français qui écrivait à Rome en 1428 un Breviarium historiale.

Le De translatione Romani imperii a Grœcis ad Latinos. ou De statu et mutatione imperii, a été publié dans G. Schard, p. 285. sous le nom de Radulphe ou de Pandulphe. Il a pour but d'expliquer comment l'Empire a passé des Grecs aux Romains, puis aux Francs et enfin aux Germains. On y trouve difl"érentes erreurs sur l'origine des cardinaux, la donation de Constantin, les origines du schisme d'Orient. L'auteur croit que Léon III fut aveugle, que Charlemagne alla recouvrer la Terre-Sainte. Il cite Martinus Polomis, les chroniques de Richard, évèque de Crémone et d'Ammonius : il est cité par Marsile de Padoue. Il écrivit de 1293 à 1324 environ, puisqu'il dédia ce petit traité à un chanoine de Chartres qui vécut dans cet intervalle, à Lambert du Chàtel, qu'il appelle un illustre professeur de lois et son père, Landjerto de Castello, legutn professori et suo patri charissimo, Landulphus de Columpna, canonicus Carnôtensis, salutem. .. C'est sur ses instances, dit-il. qu'il a composé ce travail difficile, et d'une grande importance, selon M. Ugo Balzani, jiour l'histoii-e du saint empire.

Quant au Tractatus de pondficali officia, dont seule la lettre dédicatoire à Jean XXII est publiée, il se trouve à la

Vallicellane, B. 123; il fut écrit de 1314 à 1329. Landulphe y prend le titre de chanoine de Chartres et cite d'après les archives de l'Eglise deux lettres de saint Ives à Philippe 1^^. En s'adressant à Jean XXII , il le prie de le corriger avec indulgence, car il ne trouvera pas en lui, flores Tullil ac dulcedine^n Ulpiani; il donne en même temps au Pape de sages conseils, entre autres celui de ne pas distribuer à ses parents les biens de l'Eghse qui appartiennent aux pauvres.

Nous avons vu que sur un Lactance de Landulphe on lit une lettre adressée par lui à l'un de ses neveux. C'était Jean de Colonne, né en 1298 d'un frère de Landulphe, Bartliélemy, seigneur de Bellovidere. Tean vint à Chartres près de son oncle et étudia sous sa direction: il rapporte lui-même avoir feuilleté dans les manuscrits de la Cathédrale un très ancien exempiaire de Tite Live oîi au lieu de 30 livres on en voyait 40 : (( J'ai vu pourtant, dit-il, la 4<^ décade dans les archives de l'Église de Chartres, mais d'une écriture si antique qu'on pouvait à peine la lire ^ » Ailleurs il raconte encore qu'il se rappelait avoir vu à Chartres le chantre Pvobert que saint Louis avait envoyé chez les Musulmans.

Après ses premières études il se fit Dominicain, et courut les différentes écoles de France, comme celles d'Amiens et de Troies. Son oncle le trouvait trop insconstant pour un religieux. Et pour le lui reprocher, il lui adressa la lettre en question. M. Ugo Balzani la suppose écrite en 1324, en même temps qu'une demande de dispense de mariage, faite cette année-là et de la même main. Nous serions plus portés à la reculer jusqu'en 1329, parce que Landulphe n'y prend pas le titre de chanoine, qu'il y parle de ses soucis et de ses fatigues, et semble être rentré à Rome.

Le neveu imita les exemples de l'oncle; il composa le Mare historiarwn et le De viris illustribus.

Le premier ouvrage écrit en 1340 est connu par les extraits qu'en ont donnés MM. Waitz et Wailly d'après les manuscrits 4,912, 4.914, 4,915 de la Bibl. Nationale, et 4,963 du Vatican. C'est une histoire universelle qui s'arrête en 1250 au soulèvement des Pastoureaux. Si l'on en croit Trithème elle se

• Hnjus {Titi Livii) Hisloriarum volumcn venium quinquar/inla lihros continet sed omnes minime repcritintur, exceptis duntaxat XXX libris, licet raro XL reperiantur. Vidi ego tameri quartam decadam in archivio ecclesie Carnotensis, sed littera adeo erat antiqua quod vix ah aliquo legi poterat. Leop. Del., op. cit.

composait de 40 chapitres ; on n'en a plus que 7. Dans le ms 4,912. le dernier de ces chapitres est copié à la suite du Breviarhun historiarum, et lui sert de complément. Les auteurs cités sont: Vincent de Beauvais, Martin Polonus, Pantheus, Godofredus de Viterhis, Romwald de Salerne, Guillaume de Tyr, Jacques de Vitry, le rédacteur des Gestes des Pontifes Romains le Dominicain Gérard de Frachet. Il a été lui-même utilisé au XlVe siècle par l'auteur d'une chronique anonyme (manuscrit 4,916), et au XV^ par Antonin de Florence.

A une époque où il était à la cour pontificale, sic in caria distractus sum, Jean de Colonne composa en deux livres un Liber de viris illustribus, conservé à Saint-Marc de Florence, codex 87, à la Barherine et à la Minerve. De cet ouvrage encore inédit, J. de Ruheis a donné un sommaire, dans son Introduction des Œuvres de saint Thomas. L'abbé Valentinelli l'a signalé avec quelques détails dans son Catalogue de la Bibliothèque de Florence, et le P. Denifle se propose d'en parler. Toutes ces Vies sont empruntées à saint Jérôme, à Gennade, à saint Augustin, à Gicéron, à Sénèque, à Valére Maxime, à Hélinand, à Vincent de Beauvais ; il faut ajouter Tite Live, dont Jean dit avoir vu la 4« décade à Chartres. Cet ouvrage a été utilisé plus tiird par Burleigh et Ramsay dans le De vita et morihus pliiloso])horura.

Enfin M. U. Balzani attribue à Jean une série de notes historiques, relatives aux années 1294-1311, qu'il a relevées sur une page blanche au commencement du Lactance d'Oxford. Il lésa publiées et M. Léopold Delisle les a reproduites. Jean, leur auteur probable, dit qu'il est né en 1298 ; il y parle des cardinaux Colonna déposés par Boniface VIII et rapporte que Philippe le Bel brûla une bulle de ce Pontife ; ce dernier trait avait été contesté.

Quanta Lambert du Châtel, l'ami de Landulphe, il apparaît aussi très souvent dans les Registres. En 1298, il fut reçu conseiller du Chapitre avec une pension de 20 livres, et il prêta serment de servir les chanoines et de ne livrer aucun de leurs secrets. En 1300, sa charge lui fut renouvelée avec un salaire de 60 livres tournois ; de même en 1301 avec 100 livres; en 1316 on lui donna l'autel de Saint- Gratien. En 1301 il prit jiour 8 livres la maison d'Adam de Saint-Merry, en réclamant une visite préalable; en 1I30() il quitta celle d'Archambaud pour celle de Guillaume Rigault. Les chanoines le choisissaient aussi pour commensal et

avoué; ainsi firent Landulphe et le doyen Tliibaut : le chevecier Laurent Voisin (1304) ^, Jean Breton - (1311) le réclamèrent à ce titre pour eux-mêmes. Il fut aussi procureur d'Etienne de Pileo et présenta en son nom les lettres du cardinal Napoléon en 1305 ; après la mort de Tliibaut. il rendit à Guill. Basset les livres restés chez ce défunt. Au Chapitre, il siégeait et signait après les chanoines, avec les autres conseillers, Pierre Pelicon et Pasquier Nivelon. Il assista aussi en 1310 à l'ouverture de la châsse de saint Piat. Il défendit les intérêts des chanoines (1312), fut fait officiai moyennant 30 livres pendant la vacance du siège (1316), exécuta les sentences d'excommunication portées par le Chapitre (1317), entendit les comptes (1318), vérifia les tarifs des notaires et reçut le serment d'un prisonnier de Loens (1323). 11 dut aller à Rome, en 1316. et reçut du Chapitre des lettres rogatoires pour le Pape et le cardinal Napoléon ^ En 1321. le Chapitre général de la Purification lui assigna, par faveur spéciale, un pain quotidien à prendre sur Loens toute sa vie, n'importe où il serait \ On le voit en 1323^, et l'on parle de Robin Martin, son clerc familier et son domestique. Jusqu'au bout il reçut le titre de legum professor ou doctor. Ce fut en 1324 sans doute que Landulphe le lui donna en lui dédiant le De translatione Romani imperii ^.

A ces ditférents écrivains sortis du Chapitre, joignons, en terminant, ceux que produisirent les monastères. — Un moine de Saint- Père compila vers 1367 rApothecarlusmoralis, recueil d'extraits empruntés à la Bibliothèque du monastère : parmi eux se trouve le Catalogue lui-même de cette Bibliothèque, qui a été publié deux fois". Vers la même époque, l'abbé de ce monastère, Guillaume Desjardins , de 1349 à 1394, composait plusieurs traités \

A Coulombs, passait Pierre Bersuire^ l'auteur du fameux Reductorium morale, si souvent copié et dont M. Hauréau et M. A. Thomas ont montré à plusieurs reprises l'heureuse

< Reg. cap., 1007/1 f. iO. - 2 F. 77. — ^ 1008/1 f. 37. — * 1007/2, f. 14. — 5 1008, f, -231 V.

^ Dreux du Radier, Hommes illustres du Thimerais. — Hist. litt. XXI, p. 317. - Reg. Cap. 1007 1, et 1007/2, passim.

■^ Catal. gèn. des man., Chartres, p. 322-333. Introduction XXV et Catalogue de 1840, p. 142-151.

^ V. Gallia christiana t. VIII, col. 1229. — Fisquet, France pontificale, Chartres, 329.

influence sur les lettres. Le P. Denifle le rencontre aussi dans son grand ouvrage.

Chez les Dominicains, où il y avait des écoles organisées, on voyait comme lecteurdes sentences, le frère Le Gallois, comme orateur, Jean d'Anet, lequel lit une Concordance, comme théologiens, Gérard de Hanches, auteur d'un Commentaire sur le Livre des Sentences, Bernard et Xicolas de Hanches, Jean de Reuil et Jean de Ferrières, en 1324, Gilles de Paceyo en 1329, Robert de Marcilly, très versé dans les Saintes Ecritures, Jeayi des Noyers, puis (1360), Guillaume de Braioti, provincial qui laissa des Sermons et ahrégea le Somme des Confesseurs de Jean le Teutonique. Citons aussi Jean de Chartres (en 1330) habile dans les langues, les arts libéraux, la théologie, lequel fut créé évéque de Russio et sulïragant de l'archevêque de Varize, dans le patriarcat de Constantinople. Ce fut lui qui, en 1358, le 26 juillet, vendredi après Saint Jacques et Saint Christophe, bénit le cimetière Saint-Jérôme près la chapelle de Saint-Piat. Ajoutons encore Nicolas Gallus (Lecocq)qui fit une Poslille sur les Epîtres de saisit Paul ^ .

' V. Le Praedicator Carnuteus.

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