REQUÊTE
Présentée au Gouvernement Fédéral par M. A.-E. Forget, membre du Conseil de l’Instruction Publique des Territoires du Nord-Ouest, et le Rév.
Père Leduc, en août 1894, au nom des Catholiques.
1. — Que toute disposition ce l’ordonnance scolaire à présent en vigueur, privant les Catholiques directement ou indirectement de l'administration de leurs ecoles, est éminemment regardée par eux comme un empiètement sur leurs droits tels que garantis par la clause 14 de l’Acte des Territoires du Nord-Ouest ;
2. — Que du nombre des droits dont ils affirment être dépouillés sont les suivants :
(a) Avoir sous leur contrôle l’ administration générale et la discipline de leurs écoles ;
(b) Po.urvoir aux examcns, classifications, licences d’enseignement et certificats de leurs instituteurs, et de les annuler pour causes suffisantes ;
(c) Choisir, adopter et prescrire les livres en usage dans leurs écoles ;
LA QUESTION SCOLAIRE RU NORD-OUEST
(d) Pourvoir à P inspection de ces écoles par des personnes qualifiées et de leur foi ;
(e) Etablir des écoles de leur dénomination religieuse indépendamment des limites des districts scolaires publics déjà établis ;
(f) Se servir de la langue française pour Renseignement dans celles de leurs écoles où le français est la langue des enfants qui les fréquentent ;
3. — Que les droits ci-dessus énumérés étaient, avant la promulgation de l’ordonnance de 1892, du domaine de la section de l’ancien Bureau d’Education exclusivement composée de Catholiques ;
4. — Oue ces droits sont maintenant entièrement dévolus au Conseil de l’Instruction Publique, composé des membres de l’Exécutif, auxquels sont adjoints deux protestants et deux catholiques, qui n’ont pas droit de vote ;
5. — Que l’Exécutif actuel est entièrement formé de protestants, avec bien peu d’espoir de voir cette constitution changée aussi longtemps que la proportion des catholiques restera ce qu’elle est aujourd'hui ;
6. — Que tout en affirmant que les catholiques, et avec eux grand nombre de protestants, auraient préféré v*oir continuer l’ancien système d’un bureau spécialement nommé pour l'administration des affaires scolaires, comme un gage de la plus grande stabilité, ils n’ont pourtant pas d’objection, en leur qualité de catholiques, à un Conseil de l’Instruction Publique responsable au peuple ; et ils ne feraient pas d’opposition si leurs représentants dans ce conseil avaient les mêmes pouvoirs que ceux dRnt jouissaient les catholiques et qu'ils exerçaient au moyen de la section catholique de P ancien bureau ;
7!. — Les soussignés représentent donc respectueusement que si de longues années employées à l’enseignement dans les pays plus avancés que ces territoires ne donnent pas aux religieuses un juste titre à une formation normale équivalente à celle qu’elles pourraient recevoir ici dans l’espace de quelques mois, elles aient le privilège d’avoir une session normale dans l’une de leurs écoles, à Calgary par exemple, lorsqu’elles seront en nombre suffisant pour justifier les dépenses nécessaires ; et à ce sujet les soussignés demandent la permission d’attirer l’attention sur une récente résolution de l’Assemblée agréant cpie les conrs d’école normale soient tenus à différentes places déterminées, pourvu qu’il y ait au moins six candidats ;
8.— Pour faciliter l’extension de ce privilège les soussignés sont autorisés à dire que les révérendes soeurs procureront les appartements nécessaires et qu’elles recevront volontiers les dames tant catholiques que protestantes qui voudraient profiter de cette faveur ;
9- — Us demandent aussi respectueusement, mais avec instance, que les règlements prescrivant l’usage des livres de lecture de l’Ontario et de l’histoire de l’Angleterre et du Canada de Robertson et Buiclkley soient abrogés et qu’aucun autre changement ne soit fait dans les livres de classe à l’usage des écoles catholiques sans le consentement et l’approbation de leurs représentants au Conseil de l’Instruction publique ;
10. — S’il n’était pas jugé à propos de rendre aux catholiques le privilège dont ils ont joui jusqu’ici d’avoir pour leurs écoles des inspecteurs de
fetrr croyance religieuse, les soussignés demandent instamment que des deux inspections annuelles exigées par les règlements, au moins une soit faite par un inspecteur catholique.
(Signé) H. LEDUC, O.M.I., Vicaire-général de Saint-Albert,