PRET R AS
CE QUE PENSAIT ROME ET L. O. DAVID DE CETTE INTERVENTION DES ÉVÊQUES DANS LES ÉLECTIONS CANADIENNES
M. L. O. David, déjà nommé par P. Bernard, et ses amis les libéraux ux reprochèrent amèrement nt aux évêques cette > intervention. Chose extraordinaire et restée e inexplicable, comme S'il avait voulu encourager la campagne des ennen ennemis de l'Eglise, (ce qui ne fut évidemment qu’une apparence aussi pénible que
néfaste), nous verrons Mgr Merry del Val, actuellement Secré-
taino d'Etat de S.$. Pie X, maïs alois, el par a grâce d'un certain Drolet émissaire « de MY 1ilfrid Laurier à Rome, délégué apostolique e au Canada, par paraly yser les elforts "des évêques et annihiler en cette “circonstance” critique leur autorité sur le corps “électoral convoqué en ses Comices. 7" "
I n'est donc pas opportun dé voir immédiatement comment cette action épiscopale fut appréciée à Rome même et dans quelle mesure elle acquit son approbation.
Le document que voici, nous fixera à cet égard :
LETTRE de la S. C. de la Propagande à Son Em. le Curd. Taschereau, Arch. de Québec.
e Rome, le 14 mars 1895. ,
Cette Sacrée Congrégation de la Propagande a appris combien les catholiques du Manitoba ont été gravement affectés par certaines lois récemment votées par le gouvernement de cette province au sujet de l’administration des écoles. Le fait est d'autant plus regrettable qu’il viole l’ordre de choses autrefois établi, grâce aux catholiques, dans cette région, par les pactes les plus solen-
nels, et qu'il met en péril les écoles qui y fleurissent. C'est donc à juste titre que tous les Evêques du Canada, pour écarter un “Si grave dahger “ont Ans Une TENTE trés digne, entrepris la défénsé” dé tes mémes catholiques auprés du souvernement fédéral. Effectivement, le dit & t gouvernement fédéral a appuy considération et de son autorité tant les droits lésés des catholiques que la démarche de l'Episcopat. Mais jusqu'ici des obstacles assez considérables ont empêché le succès de cette entreprise.
Maintenant que, en vertu de la décision récente du Conseil Privé de la Reine en Angleterre, 1 gouvernement fédéral est certainement po pourvu dr autorité requise pour traiter cette très grave question, il ya lieu d'espérer qu'elle trouvera enfin celte heureuse Solution que réclament ct les droits les mieux établis et le bien de la religion et de l'Etat. Il faut, néanmoins, profiter sans retard de l'opportunité, et ne pas abandonner la cause de ces catholiques. C’est pourquoi cette Sacrée Congrégation, dans une affaire si importante, ne peut ut”garder T Te”s BTERCE AU Contraire, elle confirme et encourage “de plus en plus les” démarches--déja faites en faveur de la cause par les catholiques et surtout par les Evêques du Canada, et tout en louant hautement le zèle déjà déployé par eux dans ce sens, elle les exhorte en même temps à metre tout en œuvre pour meñér 3 Ponne fin Une si ncble entreprise.
C'est donc à tort que certains esprits se laissent persuader qu'il n'y a aucun péril à craindre des écoles appelées ncuttes, et qu'elles peuvent être fréquentées impunément par les enfants catholiques. En effet, pour ne pas citer d’autres preuves, ces écoles soi-disant neutres, par le fait même qu'elles excluent de leur enceinte, entre autres choses, la vraie religion, lui font gravement injure, enlevant la place d'honneur qui lui revient dans toutes les conditions de la vie humaine et surtout dans l'éducation de la jeunesse. On n'a pas, non plus, le droit d'affirmer que la sollicitude personnelle des parents peut suppiéer à ce défaut. Ce n'est Ià qu'un remède partiel au mal, qui est loin d'excuser le vice déplorable de cette éducation sans Dieu donnée dans les écoles. A cela il faut ajouter que la dignité de la religion devra diminuer dans l'estime des enfants, s'ils la voient privée de considération publique et reléguée dans l'enceinte du foyer domestique. Que sera-ce donc, si les parents, empêchés, comme c'est presque toujours le Cas, par leur indolence ou l'excès de leurs occupations, se relâchert, et si, en sus de l’enseignement, que leurs enfants reçoi.